Ali Soilih

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Ali Soilih
Fonctions
Chef de l'État

(1 an 9 mois et 25 jours)
Prédécesseur Said Mohamed Jaffar
Successeur lui-même
Président du Conseil national exécutif

(1 an 6 mois et 14 jours)
Prédécesseur lui-même
Successeur Said Atthoumani
Biographie
Nom de naissance Ali Soilih M'tsashiwa
Date de naissance
Lieu de naissance Majunga (Madagascar)
Date de décès (à 46 ans)
Nationalité Comori
Parti politique Front national uni

Ali Soilih
Chefs d'État comoriens

Ali Soilih M'tsashiwa ( - ) est un homme politique et ancien président de l'État comorien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Majunga à Madagascar, il y fait ses études jusqu'à la seconde. Une fois obtenu son diplôme d'agronomie, il revient aux Comores et travaille dans l'agriculture pendant deux ans. Après ce stage dans l'Établissement d'Enseignement d'Agriculture Tropicale de Nogent-sur-Marne, il étudie l'économie du développement et sort diplômé de l'Institut d'étude du développement économique et social (IEDES) de l'Université de Paris.

Revenu aux Comores, il est nommé Directeur de la société de Développement Économique des Comores (SODEC). En août 1967, il est élu député sur la liste verte. Changeant d'alliance, Said Ibrahim le nomme ministre de l'Équipement et du Tourisme en septembre 1970. Il fonde avec ce dernier l'Umma-Mranda, anti-indépendantiste. Les partisans de l'indépendance du parti vert gagnent les élections en décembre 1972.

Suite à la déclaration d'indépendance, l'opposition au régime du président Ahmed Abdallah Abderemane prend le pouvoir par un coup d'État le avec la bénédiction de la France. Celle-ci fait appel à des mercenaires sous le commandement de Bob Denard, ce qui deviendra une méthode récurrente. Ali Soilih est chargé de la défense du nouveau gouvernement dirigé par le Prince Said Mohamed Jaffar président du mouvement RDPC. Sensible aux théories socialistes maoïstes, Ali Soilih devient Chef de l'Etat à partir du 3 janvier 1976, puis "Mongozi" ("Le Guide" en comorien) - Président - du Conseil National Executif le 29 octobre 1977. Il met en place une politique marxiste qui, étant donnée la position stratégique des Comores dans l'Océan Indien, le condamne aux yeux des occidentaux.

Au cours de son règne, il essaie de marquer la société en supprimant bon nombre de coutumes jugées rétrogrades, favorise l'émancipation des jeunes et des femmes. D'importants efforts sur les infrastructures sont également entrepris. Sa « modernisation » de la société comorienne se fait à l'image de la Révolution culturelle chinoise. Pour cela, il instaure, à l'image des gardes rouges, des milices lycéennes qui font régner la terreur, agissent en tant que police politique et prétendent exercer elles-mêmes le pouvoir judiciaire. On ne compte pas les emprisonnements abusifs et les tortures dans les citernes et les camps militaires. Ali Abdou Elaniou, avocat comorien expérimenta et raconta le fonctionnement de la Justice sous ce régime dans son ouvrage « indépendance dans la citerne » et l'auteur comorien Mohamed Toihiri le qualifia de « République des Imberbes »[1]. La construction des bâtiments publics fut possible grâce aux travaux forcés imposés à la population. Pendant ce temps, un corps militaire spécial le « Commando Mwasi » se livrent à des massacres dans les villages hostiles (Iconi et M'Beni).

Le , le mercenaire français Bob Denard le renverse à son tour par un coup d'État. La chute de Soilih provoque des manifestations de joie dans les trois îles (Anjouan, Mohéli et Grande Comore). Alors qu'Ahmed Abdallah retrouve le pouvoir, Soilih est assassiné, par le nouveau régime, 2 semaines après le putsch. Ali Soilih est considéré aujourd'hui par beaucoup de Comoriens comme un homme d'État intègre qui portait en lui une vision d'avenir. Il reste le seul président comorien qui a voulu un vrai changement malgré l'incompétence des jeunes comités villageois. Pour d'autres, alors qu'aucune institution ne fonctionnait, il rassemblait entre ses mains la totalité des pouvoirs et des finances dont il usait à sa guise. Ceux-là le tiennent responsable de la réaction des pouvoirs successifs et de l'instauration des régimes mercenaires qui lui succédèrent.

Drapeau de l'État comorien sous Ali Soilih (1975-1978)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Toihiri, La République des Imberbes, l'Harmattan, coll. « Encres Noires »,‎ (ISBN 2-85802-624-3[à vérifier : ISBN invalide]), critique romancée de la période et du régime
  • Said Mohamed Djohar, Mémoires du président des Comores: Quelques vérités qui ne sauraient mourir, Editions L'Harmattan,‎ (ISBN 9782296511392), p. 350

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]