Abdallah Naaman

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Abdallah Naaman
Naissance (69 ans)
à Beyrouth (Liban)
Activité principale
Écrivain, essayiste, historien, diplomate
Auteur
Langue d’écriture arabe, français

Œuvres principales

  • Histoire des Orientaux de France du Ier au XXe siècle
  • Le Français au Liban
  • La Mort et Camus
  • Les Levantins, une race
  • Le Liban. Histoire d'une nation inachevée

Abdallah Naaman [en arabe 'Abd Allâh Na'mân] est un écrivain libanais bilingue, s'exprimant en arabe et en français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 27 décembre 1947, à Beyrouth, dans une famille d'intellectuels[1], Abdallah Naaman est un écrivain bilingue (arabe/français), formé à l'Université libanaise de Beyrouth (Liban) et à l'Université Nancy-II (France). Diplômé en psychologie (1970), licencié ès lettres (1970), maître en linguistique (1971), docteur ès lettres françaises (1975). Après un premier séjour à Nancy (1969-1972), il vit à Paris depuis 1974.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils de Mitri Naaman (1912-1994), poète, écrivain, traducteur, directeur d'imprimerie et éditeur, chevalier des Arts et des Lettres (France, 1989), chevalier du Mérite (Liban, 1985), traducteur en langue arabe de plusieurs œuvres d'André Malraux, François Mauriac et Georges Bernanos ; et d'Angélique Bacha (1925-2000). Marié à Paris, le 22 avril 1983, à la juriste Hana Samadi (née à Beyrouth le 28 juin 1948), il est le père de la journaliste Rouba Naaman-Beauvais, née à Paris le 20 juin 1984[2].

Son oncle Nicolas Naaman (1911-1982), directeur du Collège patriarcal de Beyrouth (1957-1959), vicaire épiscopal (1959-1967) puis métropolite de l’Église grecque-melkite-catholique pour le diocèse du Hawrân (1967-1982). Titulaire de plusieurs décorations. Le 3 janvier 1949, il reçoit les Palmes académiques des mains de Georges Bidault (1899-1983), ancien Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères de France. Il est l'auteur de trois essais de spiritualité et d'une série de manuels scolaires[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il partage sa vie entre l'enseignement, l'édition, la diplomatie et l'écriture. Secrétaire de rédaction (1966-1969) puis directeur (1972-1974) des Éditions Publitec (Beyrouth), assistant de langue et de civilisation arabes à l'Université Nancy-II (1969-1972), professeur d'arabe au lycée Georges de La Tour, Nancy (1971-1972), professeur de littérature française au lycée de la Sagesse, Beyrouth (1972-1974), conseiller culturel près l'ambassade du Liban à Paris (1974-2015). En cette qualité, il est membre du conseil d'administration de l'Association culturelle franco-libanaise et de la Fondation-Maison du Liban à la Cité internationale universitaire de Paris, représentant du Liban aux instances de l'Institut du monde arabe, membre des délégations libanaises à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) et à l'Organisation des Nations-Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO).

Il s'intéresse également à l'anthropologie, à l'histoire et à la généalogie. Traducteur, conférencier, passeur de cultures, militant de la cause laïque dans la sphère levantine, qui ploie encore sous le joug du fanatisme. Œuvrant pour une laïcité à visage humain, pacifique, ouverte et généreuse, il expérimente sa nouvelle religion dans sa vie privée et dans sa carrière professionnelle et éditoriale.

Études, articles, préfaces[modifier | modifier le code]

  • 200 études et articles publiés (en arabe et en français) dans la presse libanaise (al-Nahâr, al-Safîr, al-Jarîda, Lisân al-Hâl, al-Safa', Al-Mouaten, L'Orient-Le Jour, L'Orient-Express, Magazine, Ma'haduna, al-Hayât, Sawt al-Tullâb, al-Tilighrâf, al-Masrah, al-Hiwâr, al-Mawâsim, Siyâsa wa strâtîjiyya, Jamâluki), syrienne (al-Dâd, al-Fursân), égyptienne (al-Ahrâm), française (Le Monde, Arabies, Lettres et cultures de langue française, France Pays-Arabes, La Sape, La Lettre du Golfe, Bulletin de Saint-Julien-le-Pauvre, al-Jîl), canadienne (Présence francophone, Année francophone internationale), australienne (al-Nahâr) et polynésienne (Lubnaan), dont une dizaine sous le pseudonyme Ghassân Abu Rîcha.
  • A collaboré à des colloques et des conférences et à la rédaction de plusieurs ouvrages collectifs.
  • A préfacé dix ouvrages : Tâbi' fil jasad al-qâdim de Qaysar Ghusûb (Beyrouth, 1977), 280 recettes de cuisine familiale libanaise de Fayez Aoun (Paris, 1980), al-Tazwîr jarîmat al-'asr de Ja'far Muchaymich (Paris, 1984), Paroles de Gibran Khalil Gibran (deux éditions, dont une illustrée, Paris, 1998), Qawâfin 'ala îqâ' al-châdhâya d'Ahmad Mansûr al-Kâkhi (Beyrouth, 2003), Le Prophète de Gibran Khalil Gibran, traduction d'Omayma Arnouk el-Ayoubi (Paris, 2008), Dictionnaire libanais-français/français-libanais de Jean-Pierre et Jinane Milelli (Paris, 2010), My Pure de Mazen Sukkarieh (deux éditions en français et en anglais, Beyrouth, 2010 et 2011), Liban, terre des dieux d'Yves Badih Dahdah (Paris, 2011), Les Mystères de la religion druze de Radiyya Nâsîf Khattâr (Paris, 2011).

Traductions[modifier | modifier le code]

Vers la langue arabe :

Autres activités et centres d'intérêt[modifier | modifier le code]

  • Poète en dilettante, dix de ses textes ont été mis en musique et chantés par le ténor Georges Chalfoun, dit Valdarno (né au Caire en 1927), sous le titre Un balcon sur la mer (2000).
  • Administrateur-responsable (de 1980 à 2014) du prix littéraire France-Liban décerné annuellement à Paris par l'Association des écrivains de langue française (Adelf). Parmi les principaux récipiendaires : Adel Ismaïl (1981), Ghassan Tuéni (1985), Amin Maalouf (1986), Charles Hélou (1987), Andrée Chedid (1989), Ghassan Salamé (1996), Samir Kassir (2005) et Camille Aboussouan (2010).
  • Membre-fondateur de plusieurs associations universitaires et culturelles libanaises, arabes, françaises et canadiennes.
  • Membre du Jury de la Triennale internationale d'art contemporain (Paris, 2002).
  • Membre du jury de plusieurs thèses de doctorat soutenues devant les universités et les grandes écoles françaises.
  • Fondateur de la bourse scientifique Catherine Chamié (1888-1950), décernée à partir de 2010, à Paris.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Nârîmân wal kinz (conte pour enfants, Beyrouth, 1968).
  • Le Bal du comte d'Orgel (essai littéraire, Nancy, 1971).
  • L'Homme du XXe siècle et son esprit (six tomes, Paris, 1971) (collaboration).
  • Printemps perdu (recueil de poèmes, Beyrouth, 1973).
  • Le Français au Liban (essai sociolinguistique, Beyrouth, 1979), préface d'Edmond Rabbath (1902-1991).
  • Baqâya watan (réflexions, Beyrouth, 1979).
  • Umm 'Îsa, wujûh wa machâhid (recueil de nouvelles, Beyrouth, 1980).
  • La Mort et Camus (essai littéraire, Beyrouth, 1980).
  • Les Levantins, une race (essai d'analyse sociale, Beyrouth, 1984).
  • Poésies de langue française en Asie (Association des écrivains de langue française, Paris, 1985) (collaboration)
  • La Guerre libanaise (1975-1985) (index bibliographique, Beyrouth, 1985).
  • Grand dictionnaire encyclopédique Larousse (quinze tomes, Paris, 1982-1986) (collaboration).
  • Larousse des littératures (deux tomes, Paris, 1985-1986) (collaboration).
  • Dictionnaire général de la Francophonie (Paris, 1986) (collaboration).
  • Dictionnaire des écrivains francophones (Paris, 1987) (collaboration).
  • Sous le pseudonyme Alain Nimier et avec la collaboration de César Garnier, Nos ancêtres les bougnoules… (Paris, 1988).
  • al-Ittijâhât al-'almâniyya fil 'âlam al-'arabi (essai socio-politique, Beyrouth, 1990).
  • La Francophonie au Liban. Colloque (Paris, 1997) (collaboration).
  • Un balcon sur la mer (recueil de poèmes, Paris, 2000). Mis en musique et chanté par Valdarno (né en 1927).
  • Histoire des Orientaux de France du 1er au XXe siècle (essai historique, Paris, 2004).
  • La Saga des Naaman. Pérégrinations d'une famille levantine (essai généalogique, Beyrouth, 2009).
  • À tire d'ailes. Nouvelles et autres textes (nouvelles, Paris, 2010).
  • Naqadât 'âbir sabîl (bribes de mémoire, cinq tomes, Beyrouth, 2012-2016).
  • La France arabo-orientale. Treize siècles de présences (Paris, 2013) (collaboration).
  • Le Liban. Histoire d'une nation inachevée, trois tomes (Paris, 2015). Prix de l'Académie des sciences d'Outre-Mer (Paris, 2016).
  • Les Alawites. Histoire mouvementée d'une communauté mystérieuse (Paris, 2017).
  • Les Semeurs de joie, Center for Lebanese Heritage (Lebanese American University, Beirut, 2017).

Bibliographie (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Baligha Daou, Abdallah Naaman, l'homme et l’œuvre, maîtrise soutenue à l'Université Paris-Sorbonne (1987).
  • Henriette Walter, Le Français dans tous les sens (Robert Laffont, Paris, 1988).
  • Ghazi Ghazayel, Les Problèmes de l'identité culturelle dans la littérature libanaise d'expression française (1975-1987), thèse de doctorat soutenue à l'Université Paris-Sorbonne (1990).
  • Ramy Zein, Dictionnaire des écrivains libanais de langue française (L'Harmattan, Paris, 1998).
  • Who's Who in Lebanon (Publitec, Beyrouth, 1996).
  • Dictionnaire universel (Flammarion, Paris, 1999).
  • Dalîl al-a'lâm wal i'lâm (Beyrouth, 2000).
  • Quid (Paris, 2000).
  • Maurice Saliba, L'Armorial de la francophonie du Liban (Paris, 2002).
  • Ali Yédes, Camus l'Algérien (L'Harmattan, Paris, 2003).
  • Jacqueline Jondot, Les Écrivains d'expression anglaise au Proche-Orient arabe, thèse de doctorat soutenue à l'Université Lyon II Lumière (2003).
  • Anne-Rosine Delbart, Les Exiles du langage (Presses universitaires de Limoges, 2005).
  • Roger J. Azzam, Liban. L'instruction d'un crime. 30 ans de guerre (Cheminements, Paris, 2005).
  • Cyril Aslanov, Le Français au Levant, jadis et naguère (Champion, Paris, 2006).
  • Gildas Bregain, Syriens et Libanais d'Amérique du Sud,1918-1945 (L'Harmattan, Paris, 2008).
  • Bernard Heyberger & Chantal Verdeil (éd.), Hommes de l'entre-deux. Parcours individuels et portraits de groupes sur la frontière de la Méditerranée (XVIe-XXe siècle) (Les Indes savantes, Paris, 2009).
  • Mehdi Dadsetan & Dimitri Jageneau, Les Chants des mollahs (L'Harmattan, Paris, 2009).
  • Jocelyne Dakhlia et Bernard Vincent (sous la direction de), Les Musulmans dans l'histoire de l'Europe. I. Une intégration invisible (Albin Michel, Paris, 2011)
  • Ian Coller, Arab France. Islam and the Making of Modern Europe, 1798-1831 (University of California Press, Berkeley, 2011).
  • Gabriel Enkiri, Et si l'Italie était la solution ? (Paris, 2011).
  • Collectif, Les Musulmans dans l'histoire de l'Europe (Albin Michel, Paris, 2011).
  • Zeina Saleh Kayali & Vincent Rouquiès, Compositeurs libanais. XXe et XXIe siècles, (Séguier, Paris, 2011).
  • Caroline Hervé-Montel, Renaissance littéraire & conscience nationale. Les premiers romans en français au Liban et en Égypte (1908-1933) (Geuthner, Paris, 2012).
  • Zigor Perales Hernandes, Etica y muerte en la obra filosofica de Albert Camus (Universidad del Pais Vasco, Espana, 2012).
  • Natalie Pigeard-Micault, Les Femmes du laboratoire de Marie Curie (Glyphe, Paris, 2013).
  • Georges Corm, Pensée et politique dans le monde arabe (La Découverte, Paris, 2015).
  • Zeina Saleh Kayali, La Vie musicale au Liban de la fin du 19e siècle à nos jours (Geuthner, Paris, 2015).
  • Sarga Moussa, Le Mythe bédouin chez les voyageurs aux XVIIIe et XIXe siècles (Publications de l'université Paris-Sorbonne, Paris, 2016).

Citations[modifier | modifier le code]

  • "Hors de la laïcité, point de salut"[4].
  • "Les fanatiques se servent de la religion comme les commerçants d'un fonds de commerce"[5].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Saga des Naaman. Pérégrinations d'une famille levantine, Jounieh, 2009.
  2. Who's Who in Lebanon, 1995-1996, Beyrouth, page 191
  3. Who's Who in the Arab World, 1982-1982, Beyrouth, page 422
  4. Extrait d'une conférence donnée à Paris le 15 mai 1984
  5. Idem