Îles Habibas
| Îles Habibas | ||
Localisation des îles Habibas | ||
| Géographie | ||
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| Pays | ||
| Localisation | Mer Méditerranée | |
| Coordonnées | 35° 43′ 29″ N, 1° 08′ 00″ O | |
| Superficie | 0,4 km2 | |
| Point culminant | 112 mètres (103 mètres m) | |
| Administration | ||
| Statut | Réserve naturelle marine | |
| Démographie | ||
| Population | Aucun habitant (2010) | |
| Autres informations | ||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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| Île en Algérie | ||
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Les îles Habibas (en arabe : جزر حبيبة) forment un archipel situé en Algérie, en Mer Méditerranée, au large de la côte oranaise[1]. Elles sont classées en réserve naturelle marine depuis 2003[2] et figurent depuis 2005 sur la liste des aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (ASPIM / SPAMI)[3].
Géographie
[modifier | modifier le code]Les îles Habibas se situent à environ 10 km au large du littoral algérien[1]. L’archipel comprend deux îles principales entourées de rochers et d’îlots :
- Gharbia, la plus vaste, au sud, culmine à environ 105 m et porte un phare ;
- Charguia (ou Echarguia), plus petite, au nord-est, culmine à environ 55 m[1].
Les deux îles sont séparées par un chenal étroit, désigné comme « El passo » dans des documents d’inventaire[1]. La réserve comprend environ 40 hectares de terres émergées et une aire marine protégée d’environ 2 684 hectares[3].
Protection
[modifier | modifier le code]Le classement en réserve naturelle marine a été établi par le décret exécutif n° 03-147 du [2]. Le site relève du Commissariat national du littoral (CNL)[4]. Le SPA/RAC mentionne des actions de conservation et de suivi portant sur les habitats et les pressions, notamment celles liées à la pêche[5]. Des missions PIM contribuent à l’évaluation de l’état de conservation et à l’amélioration des connaissances naturalistes[6].
Archéologie
[modifier | modifier le code]L’Atlas archéologique de l’Algérie (feuille 20 « Oran », note 6) signale une station d’outils en pierre observée sur la plus grande île, sous le phare[7]. La notice discute aussi des rapprochements proposés entre des îles citées par des sources antiques et des îles du littoral oranais, et rappelle le caractère conjectural de certaines identifications[7].
Histoire
[modifier | modifier le code]XVe siècle
[modifier | modifier le code]Des travaux sur les sources relatives à Pero Niño situent des épisodes de navigation sur la côte d’Oran et mentionnent les îles Habibas comme repère insulaire dans la reconstitution d’itinéraires[8]. Un article de la Revista de Historia Naval mentionne un mouillage aux îles Habibas (« de Alhaviba ») dans une séquence de retour vers Cartagena décrite à partir de la tradition textuelle du Victorial[9].
XVIIe siècle
[modifier | modifier le code]Un article de Baética étudie les expéditions contre Alger de 1601 et 1602 et décrit des impacts et réactions sur le sud-est espagnol. Il présente aussi des éléments de contexte sur les itinéraires maritimes et les étapes côtières vers la région d’Oran, où des repères insulaires comme les îles Habibas peuvent apparaître dans les routes de navigation[10].
XIXe siècle
[modifier | modifier le code]Au XIXe siècle, les îles Habibas apparaissent dans des ouvrages de géographie consacrés à l’Algérie, où elles sont décrites comme un repère insulaire au large de la côte oranaise[11]. Des manuels de géographie scolaire mentionnent aussi les îles Habibas dans la description du littoral oranais et évoquent leur isolement[12]. Une notice administrative sur les services maritimes de l’Algérie cite les îles Habibas parmi des parages réputés pour la pêche des crustacés dans le quartier maritime d’Oran[13].
1900
[modifier | modifier le code]Une publication du Sénat mentionne la discussion d’un projet de loi qui vise à rattacher à la commune d’Oran « le territoire des îles Habibas »[14]. Un article d’Express-Finance (20 avril 1900) évoque une situation présentée comme une « anomalie administrative » et souligne des difficultés liées à l’état civil. Il indique aussi une surface de 37 ha 25 ares pour les terres émergées et signale 7 habitants, correspondant aux familles de gardiens du phare[15].
Début XXe siècle
[modifier | modifier le code]Un Tableau général des communes publié par le Gouvernement général de l’Algérie sert de source de cadrage pour l’organisation territoriale au début du XXe siècle. Ce type de publication administrative permet de vérifier les rattachements communaux et les périmètres territoriaux tels qu’ils apparaissent dans les synthèses officielles de l’époque[16].
Années 2000
[modifier | modifier le code]Une mission PIM documentée en avril 2008 a produit des inventaires naturalistes et des éléments d’évaluation de l’état de conservation du site[6]. Le rapport d’activité 2008 de la Fondation Nicolas Hulot replace cette mission dans un programme d’expéditions en Méditerranée. Le document indique que le voilier Fleur de Lampaul a assuré une partie du périple du 19 avril au 24 mai et que plus de 40 experts ont été mobilisés (oiseaux marins, biologie marine, botanique, herpétofaune, espèces invasives, gestion)[17]. Le rapport précise que ces campagnes ont amélioré les connaissances via des inventaires et des suivis des milieux terrestre et marin, et qu’elles ont soutenu des échanges de pratiques de conservation entre gestionnaires[17].
Recherches : résultats
[modifier | modifier le code]Oiseaux
[modifier | modifier le code]Le rapport PIM 2008 synthétise des données de reproduction et signale des enjeux de conservation liés au dérangement et aux pressions anthropiques sur les îles et dans la zone marine de la réserve[6]. Il mentionne aussi des impacts attribués à des densités élevées de goélands, avec des effets sur la végétation et la dynamique des colonies[6].
Reptiles
[modifier | modifier le code]Le rapport PIM 2008 signale plusieurs reptiles sur l’archipel, dont Tarentola mauritanica, Chalcides ocellatus, Scelarcis perspicillata et Macroprotodon abubakeri[6]. Une notice de référence du MNCN/CSIC souligne que les îles Habibas font partie des rares populations insulaires connues de Scelarcis perspicillata[18]. Un article herpétologique mentionne les îles Habibas dans la distribution nord-africaine de Psammodromus algirus[19].
Poissons (2015)
[modifier | modifier le code]Un état de référence de l’ichtyofaune a été établi à l’issue d’une mission PIM (septembre–octobre 2015). Le rapport repose sur des recensements visuels sous-marins et vise à fournir une base de comparaison pour le suivi du peuplement de poissons côtiers[4].
Patella ferruginea
[modifier | modifier le code]Une synthèse récente sur Patella ferruginea mentionne l’Algérie et indique une présence rapportée principalement aux îles Habibas dans des résumés de distribution, ce qui illustre l’intérêt patrimonial du site pour cette espèce menacée en Méditerranée occidentale[20]. Une étude de recensement sur le littoral de Melilla cite aussi l’existence de censuses antérieurs pour les îles Habibas dans une comparaison méthodologique des efforts d’échantillonnage en Méditerranée occidentale[21].
Fourmis (2024)
[modifier | modifier le code]Une étude publiée en 2024 recense 13 espèces de fourmis sur l’île principale des Habibas, réparties en 9 genres et 2 sous-familles. L’article discute les différences de richesse spécifique selon les habitats et souligne la forte représentation de Messor capitatus dans les relevés[22].
Menaces
[modifier | modifier le code]Les rapports de suivi signalent des pressions anthropiques, dont des infractions de pêche dans la réserve[4]. Le rapport PIM 2008 mentionne aussi des facteurs susceptibles de perturber les équilibres écologiques, dont la présence de rongeurs introduits et l’effet potentiel de fortes densités de goélands sur les habitats[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Faïza Tchoketch-Kebir, « Inventaire de la faune et de la flore marine d’intérêt écologique des sites remarquables de la côte Ouest algérienne », sur Virtual Library ENSSMAL, (consulté le )
- « Décret exécutif n° 03-147 du 28 mars 2003 portant classement des îles Habibas (wilaya d’Oran) en réserve naturelle marine », Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, no 23, , p. 19 (lire en ligne, consulté le )
- (en) SPA/RAC (UNEP/MAP), « Habibas Islands (SPAMI factsheet) » [PDF], sur rac-spa.org (consulté le )
- Mouloud Benabdi, S. Ben Hadj, E. Charbonnel, J.-G. Harmelin, P. Lelong et P. Robert, « État de référence de l’ichtyofaune de la réserve marine des îles Habibas (Algérie) : mission PIM septembre–octobre 2015 », sur ResearchGate, (consulté le )
- ↑ (en) SPA/RAC (UNEP/MAP), « Habibas Islands (SPAMI) », sur rac-spa.org (consulté le )
- Vincent Mouret, « Mission de terrain – Réserve naturelle des îles Habibas – PIM 08 » [PDF], sur initiative-pim.org, (consulté le )
- Stéphane Gsell, Atlas archéologique de l’Algérie, Alger ; Paris, Adolphe Jourdan ; Fontemoing & Cie, (lire en ligne), Feuille 20 (« Oran »), note 6 : mention d’une station d’outils en pierre sur la plus grande île des Habibas, sous le phare
- ↑ (es) Rafael Ramos, « Los ballesteros del rey, los arneses empeñados y otros nuevos documentos sobre Pero Niño », Tirant (Butlletí informatiu i bibliogràfic de literatura de cavalleries), no 19, , p. 241-252 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Carlos Martínez-Valverde, « La nota marinera en la Crónica de don Pero Niño », Revista de Historia Naval, no 8, , p. 15-44 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Francisco Velasco Hernández, « La repercusión sobre el sureste español de las fallidas expediciones contra Argel de 1601 y 1602 », Baética: Estudios de Historia Moderna y Contemporánea, vol. 41, , p. 169–197 (DOI 10.24310/BAETICA.2021.vi41.12193, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Géographie physique et politique de l'Algérie », sur Gallica (BnF) (consulté le )
- ↑ « Géographie élémentaire de l'Algérie », sur Gallica (BnF) (consulté le )
- ↑ A. Imbert, « Notice sur les services maritimes de l'Algérie », sur Gallica (BnF) (consulté le )
- ↑ France. Sénat (1875-1942), « Feuilletons / Sénat, 21 juin 1900, p. 2 : mention d’un projet de loi « tendant à rattacher à la commune d’Oran (…) le territoire des îles Habibas » », sur Gallica (BnF) / Bibliothèque du Sénat, (consulté le )
- ↑ « Express-Finance : politique, économique & commercial, 20 avril 1900 : mention d’une « anomalie administrative », de 7 habitants et de 37 ha 25 ares », sur Gallica (BnF), (consulté le )
- ↑ Gouvernement général de l'Algérie, « Tableau général … des communes de plein exercice, mixtes et indigènes des trois provinces », sur Gallica (BnF), (consulté le )
- Fondation Nicolas Hulot, « Rapport d’activité 2008 » [PDF], sur fnh.org, (consulté le )
- ↑ (es) Ana Perera, « Lagartija de Marruecos – Scelarcis perspicillata », sur Enciclopedia Virtual de los Vertebrados Españoles (MNCN/CSIC), (consulté le )
- ↑ (es) Xavier Santos et Miguel A. Carretero, « La lagartija colilarga (Psammodromus algirus) en Mallorca », Boletín de la Asociación Herpetológica Española, vol. 26, no 2, , p. 76-80 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Zenaida Losada Wakeland, « Documento de síntesis sobre Patella ferruginea (mention de la distribution en Algérie et des îles Habibas) », sur ResearchGate (consulté le )
- ↑ (es) Javier Guallart, Ángel A. Luque, Iván Acevedo et Marta Calvo, « Distribución y censo actualizado de la lapa ferrugínea (Patella ferruginea Gmelin, 1791) en el litoral de Melilla (Mediterráneo suroccidental) », Iberus, vol. 31, no 1, , p. 21-51 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Anissa Henine-Maouche, Riadh Moulaï, Sihem Bakour, Soufyane Kahlessenane, Mouloud Benabdi et Mohammed Hamimeche, « Ants from the Habibas Islands, Algeria », Sociobiology, vol. 71, no 2, , e10380 (DOI 10.13102/sociobiology.v71i2.10380, lire en ligne, consulté le )
