Élections fédérales canadiennes de 2025
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| Élections fédérales canadiennes de 2025 | ||||||||||||||
| 343 sièges de la Chambre des communes (Majorité absolue : 172 sièges) | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type d’élection | Législatives fédérales | |||||||||||||
| Mandat | 4 ans | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 28 525 638 | |||||||||||||
| Votants | 19 811 520 | |||||||||||||
| 69,45 % | ||||||||||||||
| Blancs et nuls | 169 857 | |||||||||||||
| Parti libéral – Mark Carney | ||||||||||||||
| Voix | 8 595 488 | |||||||||||||
| 43,76 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 169 | |||||||||||||
| Parti conservateur – Pierre Poilievre | ||||||||||||||
| Voix | 8 113 484 | |||||||||||||
| 41,31 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 144 | |||||||||||||
| Bloc québécois – Yves-François Blanchet | ||||||||||||||
| Voix | 1 236 349 | |||||||||||||
| 6,29 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 22 | |||||||||||||
| Nouveau Parti démocratique – Jagmeet Singh | ||||||||||||||
| Voix | 1 234 673 | |||||||||||||
| 6,29 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 7 | |||||||||||||
| Parti vert – Elizabeth May et Jonathan Pedneault | ||||||||||||||
| Voix | 238 892 | |||||||||||||
| 1,22 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 1 | |||||||||||||
| Résultats par province et territoire | ||||||||||||||
| Composition de la Chambre des communes | ||||||||||||||
| Premier ministre | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Mark Carney Libéral minoritaire |
Mark Carney Libéral minoritaire | |||||||||||||
| Résultats officiels | ||||||||||||||
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Les élections fédérales canadiennes de 2025 ont lieu le , afin d'élire les 343 députés de la 45e législature de la Chambre des communes du Canada.
Le Parti libéral du Canada du premier ministre sortant Mark Carney est vainqueur avec 169 sièges, soit 25 de plus que les conservateurs de Pierre Poilievre, malgré des sondages qui prédisent jusqu'à début 2025 la victoire de ces derniers avec plus de 20 points d'écart, les attaques verbales répétées du président américain Donald Trump à l'encontre du Canada ayant « totalement changé la donne dans les intentions de vote ».
La campagne électorale oscille principalement autour d'enjeux économiques, soit le coût de la vie, les droits de douane américains et les visées expansionnistes du président des États-Unis, Donald Trump, la pénurie de logements, l'imposition de la taxe carbone.
Il s'agit de la quatrième fois consécutive que le Parti libéral remporte ces élections après celles de 2015, de 2019 et de 2021, et la troisième fois qu'il forme un gouvernement minoritaire. Le parti remporte également le vote populaire avec près de 44 % des voix exprimées, contre 41 % pour son plus proche rival, le Parti conservateur, les deux cumulent 85 % des voix exprimées, ce qui n'est pas arrivé depuis les élections fédérales de 1958. Ces élections constituent le meilleur résultat en termes de vote populaire pour le Parti libéral depuis les élections de 1980 et pour le Parti conservateur depuis celles de 1988.
Les derniers mois de la campagne électorale ont vu une double chute dans les sondages, du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Parti conservateur, qui se concrétisent selon les premières estimations au soir du vote, et ont toutes les deux bénéficié au Parti libéral. Le Bloc québécois subit quant à lui une baisse marquée du nombre de sièges obtenus avec un total de 22 sièges, soit 10 de moins qu'aux élections de 2021. Le NPD quant à lui, réalise aussi bien en termes de sièges qu’en termes de vote populaire le pire résultat de son histoire et perd son statut de parti officiel à la Chambre des communes, une première depuis le scrutin de 1993.
Selon les résultats obtenus en date du , le taux de participation s'élève à 68,72 %, un résultat inégalé depuis les élections de 1993.
Parmi les cinq partis qui ont obtenu des sièges, seuls les chefs du Parti libéral (Mark Carney), du Bloc québécois (Yves-François Blanchet) et la co-cheffe du Parti vert (Elizabeth May) sont élus dans leur circonscription respective. Les chefs du Parti conservateur (Pierre Poilievre), du Nouveau Parti démocratique (Jagmeet Singh) et le co-chef du Parti vert (Jonathan Pedneault) sont défaits.
Contexte
[modifier | modifier le code]Élections fédérales de 2021
[modifier | modifier le code]Les élections fédérales de 2021 sont organisées de manière anticipée deux ans avant la date prévue à la suite de la dissolution déclenchée à la demande du premier ministre Justin Trudeau, à la tête d'un gouvernement minoritaire depuis les précédentes élections en 2019. La décision de Trudeau de déclencher des élections en pleine pandémie de Covid-19 est critiquée par le reste de la classe politique[1].
Les résultats sont sensiblement les mêmes que ceux de 2019, seule une poignée de sièges changeant de parti. Comme en 2019, le Parti conservateur (PC) arrive en tête en termes de suffrages au niveau national, mais est nettement dépassé par le Parti libéral en termes de sièges, du fait de la concentration de ses électeurs dans des circonscriptions déjà acquises. Le scrutin est ainsi rapidement qualifié d'« élections de perdants », tous les partis en lice se voyant finalement frustrés dans leurs objectifs électoraux[2]. Le , le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD), arrivé en troisième position, concluent un accord, le second fournissant un soutien sans participation au premier en échange d'une priorisation des projets favorisés par le NPD, permettant ainsi au Premier ministre de s'assurer de rester en poste jusqu'aux prochaines élections en 2025[3],[4],[5].
Confrontée aux pires résultats de son parti depuis les élections de novembre 2000 avec seulement 2,3 % des suffrages et deux sièges, la cheffe du Parti vert, Annamie Paul présente quant à elle sa démission dès le [6],[7]. L'élection à la direction du parti est remportée par l'ancienne cheffe Elizabeth May, qui se présente sur un « ticket commun » avec Jonathan Pedneault, proposant un modèle de co-chefferie. Dans l'attente d'une modification de la Constitution du parti pour permettre cette co-chefferie, Pedneault est officiellement nommé chef adjoint du Parti vert. En , le nouveau modèle de co-chef est adopté par le parti[8],[9].
Le , le chef du Parti conservateur Erin O'Toole est démis de ses fonctions en tant que chef du caucus du parti à la Chambre des communes du Canada par un vote de 73 voix contre 45[10]. À la suite de la course à la direction de , Pierre Poilievre est élu nouveau chef du Parti conservateur, obtenant 68,15 % des voix, loin devant son principal concurrent, l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest avec 16,07 %[11].
Démission de Justin Trudeau en janvier 2025
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En 2024, Justin Trudeau doit faire face à une grave crise politique, le Parti libéral enchaînant les revers politiques. Entre l'été et la fin de l'année, neuf ministres quittent le gouvernement ou annoncent ne pas vouloir se présenter aux prochaines élections fédérales[12]. De plus, son gouvernement surmonte de justesse une série de votes de défiance initiée par l'opposition conservatrice dont la popularité monte dans les sondages. Le , la démission surprise de la vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, fragilise davantage encore le gouvernement. Celle-ci était en désaccord avec Justin Trudeau sur la politique économique à mener, voulant préserver la capacité budgétaire du Canada alors que ce dernier « multipliait les cadeaux fiscaux pour plaire aux électeurs »[12].
Fin , Trudeau remanie un tiers de son gouvernement. Le premier ministre, qui avait annoncé son intention de se représenter, compte alors plus de 20 points de retard sur son rival conservateur, Pierre Poilievre, dans les sondages. Minoritaire au Parlement, fragilisé par le retrait de son allié de gauche, le Nouveau Parti démocratique (NPD), et le mécontentement croissant au sein de son propre parti, Justin Trudeau est confronté à la plus grave crise politique depuis son arrivée au pouvoir. Il ne dispose que d'une faible cote de popularité, étant tenu pour responsable de la forte inflation dans le pays, de la crise du logement et des services publics[13],[14]. Il est également accusé par son rival d’être incapable de faire face à la crise du logement et à la criminalité, alors que la dette nationale a doublé[12].
Après plus de neuf ans à la tête du gouvernement canadien, le premier ministre libéral Justin Trudeau annonce sa démission au début du mois de . Il demande à la gouverneure générale, Mary Simon, de proroger le Parlement canadien jusqu'au [15].
Après la course à la direction du Parti libéral du Canada, Mark Carney est désigné chef le et prête serment en qualité de premier ministre le [15].
Le , Mark Carney déclenche la campagne électorale afin que les élections se tiennent le [16].
Mode de scrutin
[modifier | modifier le code]La Chambre des communes est la chambre basse du parlement bicaméral du Canada. Elle est composée de 343 sièges pourvus pour un mandat de quatre ans au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales.
Date
[modifier | modifier le code]En accord avec la loi électorale du Canada, les élections ont lieu le troisième lundi d'octobre de la quatrième année suivant les précédentes élections. Les élections peuvent cependant avoir lieu de manière anticipée sur demande du premier ministre, comme lors de ces élections. La campagne est officiellement lancée le , jour où le premier ministre Mark Carney se rend chez la gouverneure générale pour demander la dissolution du Parlement[16]. Les candidats ont jusqu'au pour déposer leurs candidatures[17].
Principales forces politiques
[modifier | modifier le code]Changement au Parlement au cours de la législature
[modifier | modifier le code]Députés ne se représentant pas
[modifier | modifier le code]Campagne
[modifier | modifier le code]La campagne électorale débute le . Le Parti vert annonce qu'elle sera pour lui codirigée par Elizabeth May et Jonathan Pedneault.
Interventions de Donald Trump
[modifier | modifier le code]Le président des États-Unis Donald Trump s'immisce très tôt dans la campagne électorale et jusqu'à sa fin. Le jour du vote, il évoque pour une énième fois la disparition du Canada en tant que nation, et en appelant les Canadiens à voter pour lui, mais aucun candidat n'évoque l'annexion, l'idée étant « rejetée par une forte majorité de Canadiens »[57].
Le premier ministre sortant ne cesse de rappeler pendant la campagne que la menace américaine est réelle pour le territoire canadien et estime que la question clé de cette élection est « de savoir qui est le mieux placé pour s’opposer au président Trump ? »[58]. Son rival, Pierre Poilievre souffre jusqu'au bout, selon les analystes, de la proximité, de par son style et certaines de ses idées, avec le président américain[58].
Slogans
[modifier | modifier le code]| Slogan (français) | Slogan (anglais) | |
|---|---|---|
| Parti libéral du Canada | Un Canada fort | Canada strong |
| Parti conservateur du Canada | Le Canada d'abord | Canada first |
| Bloc québécois | Je choisis le Québec | |
| Nouveau Parti démocratique | Du coeur au ventre | In it for you |
| Parti vert du Canada | Votez pour du changement | Change, vote for it |
| Parti populaire du Canada | Des politiques fondées sur le gros bon sens qui priorisent des Canadiens | Common sense policies that put Canadians first |
Couverture médiatique
[modifier | modifier le code]Au Québec, la société d'État Radio-Canada Info offre une grande couverture médiatique avec une section exclusivement dédiée au sujet[16]. Elle offre aussi des outils tels que la boussole électorale et un comparateur de programme afin de connaitre les principaux engagements des partis politiques.
Débats des chefs
[modifier | modifier le code]Le , le réseau de télévision TVA demande à chacun des principaux partis politiques fédéraux, 75 000 dollars pour participer au Face-à-Face, le débat en français sur son réseau. Le Parti conservateur et le Bloc québécois acceptent le jour même cette condition[59]. Le Nouveau Parti démocratique accepte trois jours plus tard, le , quelques heures avant que le Parti libéral refuse d'y participer causant l'annulation du débat[60]. Ce même jour, la Commission des débats des chefs fait l'annonce de deux débats ; le débat en français prévu pour le et celui en anglais le jour suivant, tous les deux à la Maison de Radio-Canada, à Montréal[61]. Le parti Vert qui était initialement invité, fut finalement exclu du débat en raison d’un nombre insuffisant de candidats présentés[62].
| Date | Langue | Organisateurs | Présentateurs | Présence des représentants des principaux blocs : P Présent IR Invitation retirée NI Non invité A Absent | Réf. | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Carney | Poilievre | Blanchet | Singh | Pedneault | |||||
| Parti libéral du Canada (PLC) | Parti conservateur du Canada (PCC) | Bloc québécois (BQ) | Nouveau Parti démocratique (NPD) | Parti vert du Canada (PVC) | |||||
| Français | Commission des débats des chefs | Patrice Roy | P | P | P | P | IR[63] | [64] | |
| Anglais | Steve Paikin | P | P | P | P | IR[65] | [64] | ||
Sondages pré-électoraux
[modifier | modifier le code]Les cinq mois précédants la campagne électorale ont vu une double chute dans les sondages, du NPD (couleur orange) et du Parti conservateur (couleur bleue), qui ont toutes les deux bénéficié au Parti libéral (couleur rouge).
Jusqu'en , conservateurs et libéraux étaient au coude-à-coude, puis les premiers avaient pris une avance de près de vingt points.
Évolution des intentions de vote depuis le
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- Parti libéral du Canada
- Parti conservateur du Canada
- Nouveau Parti démocratique
- Bloc québécois
- Parti vert du Canada
- Parti populaire du Canada
Évolution des intentions de vote réalisés durant la période de la campagne électorale
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- Parti libéral du Canada
- Parti conservateur du Canada
- Nouveau Parti démocratique
- Bloc québécois
- Parti vert du Canada
- Parti populaire du Canada
Participation et vote par anticipation
[modifier | modifier le code]Le scrutin est marqué par une participation record au vote par anticipation[66] avec plus de 7,3 millions[58]. Au total, c'est 68,7 % des électeurs qui ont voté. Il s'agit du taux de participation le plus élevé depuis 1988 en Alberta.
Le système canadien décrit des « bulletins spéciaux », ceux qui « sont transmis par la poste ou déposés aux bureaux d'Élections Canada par les électeurs ayant voté en dehors de leur circonscription »[67]. Dans la matinée du , l'Agence Elections Canada interrompt temporairement le « dépouillement marathon » de ces bulletins spéciaux, qui « a finalement repris à 9 h 30, heure de l'Est »[67].
Résultats
[modifier | modifier le code]Fédéraux
[modifier | modifier le code]| Partis | Voix | % | +/- | Sièges | +/- | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Parti libéral du Canada (PLC) | 8 595 488 | 43,76 | 169 | |||
| Parti conservateur du Canada (PCC) | 8 113 484 | 41,31 | 144 | |||
| Bloc québécois (BQ) | 1 236 349 | 6,29 | 22 | |||
| Nouveau Parti démocratique (NPD) | 1 234 673 | 6,29 | 7 | |||
| Parti vert du Canada (PVC) | 238 892 | 1,22 | 1 | |||
| Parti populaire du Canada (PPC) | 136 977 | 0,70 | 0 | |||
| Parti de l'héritage chrétien du Canada (PHC) | 10 065 | 0,05 | 0 | |||
| Parti rhinocéros | 7 063 | 0,04 | 0 | |||
| Parti uni du Canada (PUC)[71] | 6 061 | 0,03 | Nv. | 0 | ||
| Parti libertarien du Canada (PLC) | 5 561 | 0,03 | 0 | |||
| Parti marxiste-léniniste du Canada (PMLC) | 4 996 | 0,03 | 0 | |||
| Parti communiste du Canada (PCC) | 4 685 | 0,02 | 0 | |||
| Parti centriste (PCC) | 3 314 | 0,02 | 0 | |||
| Parti avenir Canada (PAC) | 3 123 | 0,02 | Nv. | 0 | ||
| Parti pour la protection des animaux du Canada (PAC) | 1 301 | 0,01 | 0 | |||
| Parti marijuana | 133 | 0,00 | 0 | |||
| Indépendants | 39 498 | 0,20 | 0 | |||
| Suffrages exprimés | 19 641 663 | 99,14 | ||||
| Votes blancs et invalides | 169 857 | 0,86 | ||||
| Total | 19 811 520 | 100 | – | 343 | ||
| Abstentions | 8 714 118 | 30,55 | ||||
| Inscrits/Participation | 28 525 638 | 69,45 | ||||

Par province
[modifier | modifier le code]Recomptages
[modifier | modifier le code]Dans le cadre du processus de validation des résultats par Élections Canada, la vérification des registres des votes dans les bureaux de scrutin entraîne un changement de gagnant dans les circonscriptions de Terrebonne et Milton-Est—Halton Hills-Sud, qui passe respectivement du Parti libéral au Bloc québécois et du Parti conservateur au Parti libéral.
Néanmoins l’écart entre les deux candidats arrivés en tête dans ces deux circonscriptions, ainsi que dans celle de Terra Nova—Les Péninsules (remportée par le Parti libéral), étant inférieur à 0,10 %, un recomptage automatique de tous les bulletins va être ordonné. Un recomptage va également avoir lieu dans la circonscription de Windsor—Tecumseh—Lakeshore (remportée par le Parti conservateur avec une marge de 0,11 %) à la demande du candidat libéral. Les recomptages confirment les victoires respectivement de la candidate libérale à Milton-Est—Halton Hills-Sud[72] et de la candidate conservatrice à Windsor—Tecumseh—Lakeshore. À l’inverse, le recomptage entraîne un retournement de situation à Terra Nova—Les Péninsules qui passe du Parti libéral au Parti conservateur.
De même, le dépouillement judiciaire entraîne une nouvelle inversion des résultats à Terrebonne qui est gagnée à une voix près par le Parti libéral[73]. Néanmoins, après l'annonce des résultats du dépouillement judiciaire à Terrebonne, un problème autour du vote par correspondance est rapporté, alors qu'un bulletin de vote par correspondance en faveur du Bloc, est retourné par Postes Canada en raison d’une adresse incorrecte, bien que l'enveloppe ait été préimprimée par le bureau du directeur du scrutin local[74]. Comme ce bulletin aurait pu modifier l'issue de l'élection, le Bloc québécois a annoncé qu’il intentera une action en justice pour obtenir l’annulation de l’élection dans cette circonscription[75]. La députée bloquiste sortante, Nathalie Sinclair Desgagné, dépose en effet le une contestation du résultat de l'élection à la Cour supérieure du Québec. L'audience aura lieu en octobre[76].
Analyse et conséquences
[modifier | modifier le code]Nouveau mandat minoritaire du Parti libéral
[modifier | modifier le code]Avec une minorité des sièges aux Communes, le Parti libéral devra compter sur l'appui soit du Parti conservateur, du Bloc québécois ou du Nouveau Parti démocratique « pour faire adopter ses projets de loi par la Chambre des communes », selon le quotidien francophone Le Devoir[77]. L'effrondrement du vote néodémocrate et bloquiste semble avoir été favorable aux libéraux, mais cela pourrait être difficile à maintenir lors des prochaines élections.
Hausse du Parti conservateur mais perte de sa première place
[modifier | modifier le code]Le Parti conservateur du Canada qui était numéro un des sondages d'opinion jusqu'à la démission de Justin Trudeau, augmente son nombre de députés par rapport à la dernière législature, ainsi que les pourcentages de vote. Il s'agit toutefois de la quatrième défaite en ligne pour le parti.
Lors d'une défaite au Parti conservateur, le caucus a l'opportunité de demander un vote de confiance sur le leadership du chef. Pour l'instant, plusieurs députés se sont exprimés en soutien à leur chef Pierre Poilievre.
Ce dernier perd d'ailleurs aussi dans sa circonscription contre le candidat libéral Bruce Fanjoy. Le député Damien Kurek dans la circonscription albertaine de Battle River—Crowfoot promet de démissionner pour laisser Pierre Poilievre s'y présenter dans une élection partielle. Le premier ministre Mark Carney, qui a le pouvoir de choisir la date de déclenchement d'une élection six mois après qu'un siège soit vacant, indique le qu'il la déclenchera promptement.
Baisse générale des autres partis
[modifier | modifier le code]Le parti de gauche NPD fait élire le plus petit nombre de députés (7) depuis sa création. Cela le met en-dessous de la barre des 12 députés nécessaires pour être un parti reconnu à la Chambre des communes. Le chef Jagmeet Singh perd également dans sa circonscription et démissionne le soir même de l'élection.
Le Bloc québécois perd lui aussi une portion de son caucus, passant de 33 députés à la dissolution de la chambre à 23. Plusieurs pilliers du parti, comme son leader parlementaire Alain Therrien sont défaits dans leur circonscription.
Le Parti populaire du Canada, souvent classé entre la droite et l'extrême droite par les observateurs, fondé en 2018 par Maxime Bernier, à la suite de son échec face à Andrew Scheer lors de la course à la direction du Parti conservateur du Canada de 2017, n'obtient plus que 0,7 % des voix[78] et n'a toujours pas de député[78]. Il s'agit d'une baisse importante par rapport à son vote populaire de l'élection de 2021. Cela indique que beaucoup de ses électeurs sont retournés voter pour le Parti conservateur du Canada.
Échecs de quatre chefs de parti
[modifier | modifier le code]Pierre Poilievre, numéro un du Parti conservateur du Canada, est battu dans sa circonscription de Carleton, à Ottawa en Ontario, dont il était député depuis 2004, par le candidat du Parti libéral Bruce Fanjoy[78]. Trois autres chefs de parti sont battus :
Jagmeet Singh, leader du Nouveau Parti démocratique, ne termine qu'en troisième place dans Burnaby Central[78] en Colombie-Britannique, tandis que le cochef des verts, Jonathan Pedneault, ne finit qu'en cinquième position dans Outremont à Montréal, au Québec[78]. Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada, est lui aussi battu dans la circonscription de Beauce au Québec, qu'il a déjà représentée[78].
Diagrammes ternaires
[modifier | modifier le code]| Diagrammes ternaires des résultats électoraux canadiens | |||||||||
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| Forces relatives électorales des conservateurs (bleu), des libéraux (rouge), et de l'ensemble des autres partis dans chaque comté | |||||||||
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Hélène Jouan, « Canada : Justin Trudeau appelle aux urnes avec deux ans d’avance », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
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- ↑ Invité le . Invitation retirée le en raison du fait que le parti présente des candidats dans moins de 90 % des circonscriptions.
- (en-US) « Leaders’ Debates Commission announces dates, location for upcoming debates, and leader participation decision date », sur Leaders' Debates Commission (consulté le )
- ↑ Invité le . Invitation retirée le en raison du fait que le parti présente des candidats dans moins de 90 % des circonscriptions.
- ↑ « Canada : les libéraux de Mark Carney échouent à obtenir la majorité absolue au Parlement », sur ouestfrance.fr, Ouest-France, (consulté le ).
- Agence La Presse Canadienne le 29 avril 2025 [2]
- ↑ « Quarante-cinquième élection générale 2025 : Résultats officiels du scrutin Nombre de votes valides par appartenance politique », sur Élections Canada (consulté le )
- ↑ « Quarante-cinquième élection générale 2025 : Résultats officiels du scrutin Nombre de bulletins de vote déposés et participation électorale », sur Élections Canada (consulté le ).
- ↑ « Quarante-cinquième élection générale 2025 : Résultats officiels du scrutin Pourcentage des votes valides par appartenance politique », sur Élections Canada (consulté le ).
- ↑ À distinguer du Parti uni du Canada, enregistré en 2010 et radié en 2016, ainsi que du Parti uni du Canada, enregistré en 2019 et radié en 2020. Voir « Partis politiques enregistrés et partis politiques admissibles pour enregistrement », sur Élections Canada, (consulté le ).
- ↑ Michel Bolduc, « La victoire des libéraux confirmée dans une circonscription en Ontario », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ Érika Bisaillon, « Dépouillement judiciaire : Terrebonne repasse aux mains des libéraux... par une voix », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ Philippe Granger, « Un vote bloquiste perdu à Terrebonne à cause d’une erreur d’Élections Canada », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ Mylène Crête, « Élections fédérales: Le Bloc québécois conteste le résultat dans Terrebonne », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Julien Tilmant, « Contestation électorale à Terrebonne : L’audience fixée en octobre », La Revue de Terrebonne, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ "Sous le leadership de Carney, le PLC parvient à obtenir un nouveau mandat", article par Marco Bélair-Cirino, le 29 avril 2025 dans le quotidien francophone Le Devoir [3]
- « En cartes et en graphiques, voici où s’est jouée l’élection », Radio Canada, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Confédération canadienne - Politique au Canada - Liste des partis politiques au Canada
- Chambre des communes du Canada - Liste des élections fédérales canadiennes
- Loi électorale du Canada - Élections à date fixe - Élections Canada
- Circonscriptions électorales du Canada - Liste des circonscriptions électorales fédérales du Canada

