Église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Côle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Côle
Saint-Jean-de-Côle église halle.JPG
L'église et la halle.
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Dédicataire
Style
Construction
1086 - XIIe siècle
Religion
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Nouvelle-Aquitaine
voir sur la carte de Nouvelle-Aquitaine
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Dordogne
voir sur la carte de Dordogne
Red pog.svg

L'église Saint-Jean-Baptiste est une église catholique située à Saint-Jean-de-Côle, en France[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située dans le département français de la Dordogne, sur la commune de Saint-Jean-de-Côle.

Historique[modifier | modifier le code]

Vue du chevet de l'église.
L'architecture byzantine en France.
Félix de Verneilh (1847).

D'après le Manuscrit des chapelains de Saint-Antoine, l'église Saint-Jean-Baptiste a été fondée par Renaud de Thiviers, évêque de Périgueux depuis 1081, qui y a installé un collège de chanoines réguliers soumis à la règle de saint Augustin. Le R. P. Paulin cite une note sur le manuscrit de la Chronique du chanoine Maleu, chanoine de Saint-Junien, mort en 1322, qui cite aussi l'évêque Renaud de Thiviers comme fondateur. Enfin, la Gallia christiana avance la date de 1086 pour la fondation de l'église par le même personnage. Félix de Verneilh a affirmé, sans donner plus d'information, qu'une seconde dédicace a eu lieu au XIIe siècle. L'évêque de Périgueux Pierre Minet fait allusion en 1173 aux largesses de ses prédécesseurs dans une lettre au prieur Bernard. Une bulle de Célestin III de 1192 a mis le prieuré de Saint-Jean-de-Côle sous sa protection et lui a accordé un certain nombre de bénéfices. Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, a visité le prieuré en 1305 avant de devenir le pape Clément V la même année.

Pendant la guerre de Cent Ans, la ville est prise par les Anglais en 1394, qui la fortifient, puis par les Français, en 1404. Des suppliques adressées au pape, en 1436 et 1437, indiquent que le couvent a beaucoup souffert[2].

Le prieuré est passé en commende au cours du XVIe siècle. En 1574, Henri de La Marthonie, écuyer et conseiller du roi, est qualifié de prieur commendataire. Le prieuré est occupé par les protestants à la fin du XVIe siècle. Il dépend de l'abbaye de Charroux.

En 1635 est fondée une congrégation de tous les chanoines réguliers, les génovéfains, dont le chef est l'abbé de Sainte-Geneviève à Paris. Ceux de Saint Jean de Côle embrassent cette réforme en 1669 destinée à ramener les chanoines aux règles fondatrices à la suite du concile de Trente. Cela n'a eu d'effet que pour un temps, car la décadence s'est poursuivie au XVIIIe siècle. La communauté qui a compté jusqu'à dix-sept membres n'en comprend plus que quatre en 1763, trois en 1789.

À la Révolution, les livres du monastère sont dispersés, les titres brûlés, les bâtiments vendus comme biens nationaux. L'église devient église paroissiale en 1801.

L'architecte Henri Rapine indique dans un rapport daté du 8 mai 1904 que la coupole s'est effondrée vers 1860 et qu'elle a été remplacée par un plancher en bois.

Depuis son classement au titre des monuments historiques en 1862, l'église a fait l'objet de plusieurs restaurations.

La vie monastique reprend en 1877 avec les prémontrés, jusqu'en 1904.

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une église priorale des XIe et XIIe siècles.

L'extérieur de l'église montre des arcs brisés en applique reposant sur des colonnes semi-rondes enchâssées avec des chapiteaux. À l'extérieur se trouvent 78 modillons. Ces sculptures représentent soit des végétaux stylisés, soit des personnages qui symbolisent les péchés. Le côté occidental du chevet est flanqué de logettes de répit, sarcophages en pierre pour les morts-nés ou les nouveau-nés morts sans baptême.

L'église, à coupole sur polygone jusqu'en 1960, date de l'effondrement de celle-ci, 14 m de diamètre et 15 m de hauteur, comptait trois travées de plus qu'aujourd'hui. Son plan est original en Dordogne ; trois absidioles polygonales, nord-est, est et sud-est, sont orientées de façon symétrique quoique désorientées : comme pour l'église de Montagrier, les deux bras du transept sont formés par les absidioles disposées à 143 degrés.

Le chœur comprend un retable, un maître autel et un tabernacle du XVIIe siècle. Des tableaux attribués à l'école de Nicolas Poussin ou celle d'Eustache Le Sueur ont été placés dans le chœur par les Génovéfains à la fin du XVIIe siècle.

L'église a été restaurée de 1906 à 1968 pour les toitures et le clocher, après 2002 pour les structures intérieures dont le transept, et après 2012 pour l'ensemble retable, autel et tabernacle.

Protection[modifier | modifier le code]

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862[1].

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Église Saint-Jean-Baptiste », notice no PA00082846, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 7 septembre 2015.
  2. R. Villepelet, Le Périgord pendant la guerre de Cent Ans d'après les archives du Vatican, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1915, p. 204 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix de Verneilh, Saint-Jean-de-Côle, dans L'architecture byzantine en France : Saint-Front de Périgueux et les églises à coupoles de l'Aquitaine, Librairie archéologique de Victor Didron, Paris, 1851, p. 193-201 (lire en ligne)
  • R. de Laugardière, Essais topographiques, historiques et biographiques sur l'arrondissement de Nontron (Suite) - Commune de Saint-Jean-de-Côle, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1878, p. 420-432 (lire en ligne)
  • R. P. Paulin, Histoire de Saint-Jean-de-Cole (en Périgord), depuis la fondation de l'église (1080) jusqu'à nos jours comprenant l'histoire du Prieuré, du château et des congrégations qui ont successivement habité le pays. Suivi de l'application des décrets du 29 mars aux chanoines prémontrés, Seguin Frères imprimeurs-éditeurs, Avignon, 1881 (lire en ligne)
  • Visite canonique du diocèse de Périgueux en 1688, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1927, p. 283 (lire en ligne)
  • François Deshoulières, Saint-Jean-de-Côle, dans Congrès archéologique de France 90e session. Périgueux. 1927, p. 207-217, Société française d'archéologie, Paris, 1928 (lire en ligne)
  • Jean Secret, Périgord roman, p. 137-145, édition Zodiaque (collection la nuit des temps no 27), La Pierre-qui-Vire, 1979
  • E. Proust, L'église Saint-Jean-de-Côle, dans Congrès archéologique de France. 156e session. Monuments en Périgord, 1998, p. 293-301, Société française d'archéologie, Paris, 1999
  • Évelyne Bermond-Picot et Gérard Leconte, Les abbayes et prieurés du Périgord, GLI éditions, 2016, (ISBN 978-2-9535284-4-2), p. 88-91

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]