Zémidjan

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Zemidjan transportant une cliente avec ses enfants

Les Zémidjans, appelés aussi Zems, sont des moto-taxis que l'on ne trouvait qu'à Cotonou (Bénin) avant 1990, et qui sont désormais présent à Lomé (Togo) depuis la grève de novembre 1992 à août 1993[1], sonnant la fin des taxis (4 roues) togolais, ainsi que dans chaque ville tant soit peu importante du Bénin.

Zémidjan signifie littéralement « emmène-moi vite » ou encore « prends-moi brusquement » en fon, langue du sud du Bénin.

Ils sont très appréciés par la population, car ils comblent les lacunes des transports publics. Pour quelques centaines de francs CFA (quelques dizaines de centimes d'euro), ils emmènent leurs clients, indépendamment de l'état des routes et de l'heure du jour ou de la nuit, dans n'importe quel coin de la ville, où les taxis traditionnels ne peuvent pas toujours se rendre.

Des 80 000 zémidjans de Cotonou initialement décomptés il y a quelques années, en nette progression dans les années 2010, et dernièrement estimés à 160 000 Zemidjans en 2013 pour la ville de Cotonou[2], les Zems se voient régulièrement accusés d'être à l'origine de la pollution de la ville. Selon le ministère de l'environnement, il est émis chaque jour au Bénin 83 tonnes de monoxyde de carbone, dont 49 tonnes émises par les deux-roues.

L'essence de contrebande, le kpayo, y est pour quelque chose : de 15 % à 30 % moins cher que le carburant à la pompe, il est aussi beaucoup plus polluant, même si la disparition progressive des mototaxis à moteur deux temps au profit des moteurs quatre temps des modèles de motos souvent importées de Chine, permettait depuis 2008 la diminution des quantités de polluants émis par chaque engin individuellement.

Les risques que les taxis-motos courent, et font courir à leurs passagers et à la population, sont souvent plus directs : ils sont aussi la cause, (et les premières victimes) de nombreux accidents de la route, 15 à 20 par jour en 2003 dans la seule ville de Cotonou.

Zemidjan transportant une cliente ainsi que ses bagages

Cependant ils pallient souvent l'absence de services publics organisés qui couvriraient l'ensemble des besoins de la population citadine en constante augmentation sous le double impact de l'exode rural, et de l'évolution importante de la démographie de nombreux pays d'Afrique.

On trouve aussi ce système de transport informel par taximoto à Lomé, au Togo. Même s'ils y sont appelés couramment aussi, Zemidjan ou Zem, comme au Togo ils sont hêlés par les clients en criant oléyia ce qui signifie en mina « on y va ? », leur appellation plus spécifique du Togo est devnue au fil du temps "Oleyia" (ou bien aussi, si c'est le conducteur qui demande au client Oléyia ?, cela signifie alors « où vas tu? ») .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Dehoumon, Réflexions sur la profession zémidjan ou taxi-moto au Bénin, Université nationale du Bénin, 1988
  • Sébastien Dossa Sotindjo, Cotonou l'explosion d'une capitale économique (1945-1985), L'Harmattan, 2010, p. 300
  • Noukpo Agossou, Zémidjan conquiert le territoire béninois, 2012 (ISBN 978-99919-855-3-4)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Fourchard, Isaac Olawale Albert, Security, crime and segregation in West African cities since the 19th century, Karthala, 2003, p. 221
  2. Annuaire des ZEMIDJANs www.ZEMIDJAN.TEL - inventaire 2013 . http://www.ZEMIDJAN.TEL

1. Description Zem, pédagogie, 2004 http://pedagogie84.pagesperso-orange.fr/zem.htm
2. Annuaire www.ZEMIDJAN.TEL, inventaire 2013 . http://www.ZEMIDJAN.TEL . Consultation février 2014

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