Vladimir Šipčić

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Commandant Vladimir Šipčić

Vladimir Šipčić est un héros populaire serbe né au Monténégro, dans l'actuel Parc national du Durmitor.

Né en juin 1924 dans le village de Mala Crna Gora, Vladimir Šipčić, dit Vlado, fut le dernier maquisard serbe et commandant d'unité de l'Armée royale yougoslave à être abattu par la police secrète yougoslave (MUP) en 1957.

Enrôlé dans l'Armée royale yougoslave en 1941, il combattit avec les sections monténégrines jusqu’à l'anéantissement de l'armée fin 1941. Il rejoint alors les restes de l'Armée royale qui se constitua en maquis sous le principal commandement du général Draža Mihajlović, dit « Draža ».

Son enfance[modifier | modifier le code]

Vladimir Šipčić avait quatre frères et une sœur (Mihailo, žarko, Simo et Radoje, ainsi que leur sœur Vidosava). Son père Mitar Šipčić combattit lors de la Guerre des Balkans en 1912, puis en 1914 lors de la Première Guerre mondiale dans l'Armée royale yougoslave, sous le commandement du roi Pierre Ier de Serbie. La fascination qu'avait Vladimir pour le roi naquit au travers des histoires de son père.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il fut enrôlé à 18 ans dans l'Armée royale yougoslave, à la caserne de Pljevlja, pour combattre dans les sections d'infanterie de montagne, dans la région de Foca (actuelle Trebinje). Par la suite, lors de l'écrasement et de la dislocation de l'Armée royale fin 1941, il rejoint alors le maquis et les unités restées fidèles au roi. En 1944, il devient l'un des plus jeunes commandants de corps des Tchetniks. Il a à sa tête un bataillon qui sèmera la panique notamment au sein de l'armée communiste dans la région de Foca, Visegrad, et dans tout le sud-est de la Bosnie. Après la guerre, il devint l'un des principaux adversaires du régime du Président Josip Broz Tito, qui allait en faire son ennemi n° 1 à partir de 1955.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ayant incorporé l'Armée royale yougoslave en 1941, il rejoint alors fin 1941 les groupes de Četnik pour continuer à se battre contre l'envahisseur allemand et ses alliés (Bulgares, troupes bosno-croates de la 13e Waffen-Gebirgs-Division des SS "Handschar" (kroat. Nr.1). Il est alors sous les ordres du commandant Obrad Cicmil. Mais bientôt, Josip Broz, Tito, un communiste croate, organise à son tour un mouvement de résistance ; ses soldats s'appellent les partisans. Les partisans de Tito connaissent des débuts difficiles, ne bénéficiant pas de l'aide des alliés qui allait alors aux Četniks. Ce ne fut qu'en 1943 que Winston Churchill décida de diminuer singulièrement son soutien aux maquisards restés fidèles au roi Pierre II de Serbie et à son gouvernement de Londres, pour finalement soutenir les Partisans Communistes (action réfléchie de Churchill qui jugeait alors opportun d'avoir un allié communiste dans la poche vu l'avancée rapide des troupes soviétiques sur les fronts Nord et Est. Il devait déplorer ce choix à la fin de sa vie dans ses mémoires.)

Finalement, grâce au soutien des alliés britanniques, les Partisans libèrent le pays et les communistes renversent la monarchie pour persécuter par la suite les Četniks. Ce fut notamment le cas en 1945 lorsque Tito proposa l'amnistie aux Četniks. Plus de 8000 hommes rendirent les armes mais furent ensuite exécutés entre Foca et Sarajevo. Vladimir Sipcic ayant eu vent de ce massacre décida de continuer à se battre contre le Communisme en organisant son bataillon. Ses hommes et lui furent alors pourchassés par la MUP (Police secrète Yougoslave) et l'Armée régulière, les obligeant à se cacher dans les profonds canyons de Bosnie et du Monténégro.

L'exécution[modifier | modifier le code]

Le bataillon de "Vlado" reste actif de 1945 jusqu'en 1957, soit 12 ans après la fin de la guerre, tandis qu'une grande partie de l'armée royaliste serbe s'exile alors à Chicago; de son côté, le roi Pierre II se réfugie à Londres.

En 1956, le bilan est lourd, sur les 220 hommes qui constituaient l'effectif initial de son bataillon, il n'en reste plus que trois qui persistent à mener des actions ponctuelles de guérilla, le reste des hommes s'étant fait tuer au fil du temps. Les principaux hommes à se battre alors sont : Bozo Bjelica, Srpsko Medenica et Vladimir Sipcic. Les deux premiers seront abattus par la MUP suite à des dénonciations, Vladimir lui, sera abattu en 1957 en Bosnie Herzegovine près de la ville de Prilje Polje alors qu'il tentait de s'exiler au Canada avec sa compagne. Blessé à mort, il sera alors achevé et sa compagne exécutée. Leurs corps furent enterrés sans sépultures et la MUP n'autorisa pas les familles à connaitre l'endroit où ils furent enterrés.

La réhabilitation[modifier | modifier le code]

Sous le régime de Tito, la famille de Vladimir Šipčić dut vivre en permanence dans la crainte, car elle était restée fidèle aux valeurs de la monarchie. La MUP exerça alors toutes sortes de sévices sur la mère et la sœur de Vladimir, les emmenant en prison à 45 km de leur village et laissant les jeunes garçons seuls et sans vivres. De plus un système fondé sur la dénonciation s'était mis en place, qui visait à faire bénéficier d'avantages les personnes qui donneraient des informations sur Vladimir. Ainsi, de nombreux proches des Sipcic espionnèrent les allées et venues de la mère de Vlado, n'hésitant pas à appeler la UDBA qui faute de trouver quoi que ce soit, confisquait alors les biens et la nourriture, laissant cette femme et ses enfants sans ressources. Mais les temps changèrent, et la dislocation de la Yougoslavie fit que le voile communiste commença à tomber, de nombreuses personnes commençant alors à manifester leur soutien et leur admiration des troupes royalistes et de leurs héros dont le plus célèbre restera Draža Mihailović. Vladimir Sipcic, considéré comme un ennemi du peuple et du Parti, devint à partir de 1992 un héros populaire, chanté et écrit. En 2003, la MUP du Monténégro permit finalement l'ouverture d'une partie du dossier "Vlado", mais elle ne divulgue toujours pas l'emplacement des corps.

La légende populaire raconte qu'il serait toujours en vie actuellement, et chaque année depuis 1957 des personnes déclarent à la police l'avoir aperçu dans les alentours de Foca.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Radoje Šipčić, Vladimir Vlado Šipčić, poslednij kraljev vojnik u otadzbini (Vladimir Vlado Šipčić, le dernier soldat du roi dans la patrie) (ISBN 86-906363-0-7)