Traité de Valençay

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Traité de Valençay

Signé 11 décembre 1813
(Valençay)
Parties
Partie 1 Partie 2
Parties Drapeau de l'Empire français Empire français Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Maison de Bourbon en Espagne
Signataires Napoléon Ier Ferdinand VII d'Espagne

Le 11 décembre 1813, Ferdinand VII, roi d'Espagne, interné au Château de Valençay par la volonté de Napoléon Ier, se voit proposer, par ce dernier, la restitution de son royaume.

Il peut alors rentrer à Madrid après 5 ans d'exil.

Origines[modifier | modifier le code]

Après les fatales journées de Leipzig, « l'intérêt français[1] » ordonnait à Napoléon Ier d'en finir sans retard avec les périls que lui créaient les affaires d'Espagne.

Négociation et signature[modifier | modifier le code]

Napoléon Ier envoya à Valençay José Miguel de Carvajal (en), duc de San-Carlos, assurer Ferdinand, interné au château de Valençay depuis 1808, de son désir de s'entendre avec lui, pour rendre possible son retour en Espagne.

L'Empereur chargea le comte de Laforest, ambassadeur de France à Madrid, qui habitait dans ses terres, aux environs de Tours, de se rendre secrètement à Valençay sous le nom de Don del Bosco, pour négocier le traité qui rendrait à Ferdinand la couronne et la liberté.

Le traité de Valencay avait été négocié avec le plus grand secret. Il importait que les Anglais n'en fussent point instruits : ils eussent contrarié en Espagne une opération dont le résultat devait être de rendre disponible l'armée (100 000 hommes[1]), de manière qu'elle arrivât à temps dans les plaines de Champagne pour la campagne de France (1814). Les événements qui se tramaient alors à Paris en disposèrent autrement. Le parti qui s'agitait pour renverser Napoléon parvint à pénétrer le secret de cette négociation : il tenta de lui faire persuader que sa gloire s'opposait à ce qu il renoncât à l'Espagne, et d'obtenir de lui qu'il ne ratifiât pas le traité de Valencay : n'ayant pas réussi, ce parti en divulgua l'existence, et employa toutes les ressources de l'intrigue pour retarder le départ de Ferdinand, afin de retarder ainsi le retour en France de l'armée d'Espagne. Ferdinand devait quitter Valençay dans le courant de novembre 1813, et cependant il ne repassa les Pyrénées qu'en mars 1814 !

Teneur[modifier | modifier le code]

Le traité rend l’Espagne au fils de Charles IV que la population espagnol nomme déjà en Ferdinand le Désiré.

Le roi s’engage à ne céder aucun territoire à « l’Angleterre », il prend l'engagement de maintenir les ventes des domaines nationaux faites pendant son absence, et de ne rechercher aucune des personnes qui avaient exercé des emplois sous le règne de Joseph Bonaparte.

« Ferdinand a souvent dit pendant sa captivité qu'il préférait rester à Valencay que de régner en Espagne avec les cortès ; cependant il accepta sans hésiter les conditions du traité de Valencay[1], » qui lui imposait l'obligation de respecter les ventes des domaines nationaux, de ne rechercher personne pour cause d'opinion ou d'action pendant le règne du roi Joseph, et de régner en roi constitutionnel.

Effets et conséquences[modifier | modifier le code]

Le cardinal de Bourbon, recevant à Madrid ce traité qu’il a fallu moins d’un mois pour mettre au point, refusera d’en accepter les termes tant que le roi Ferdinand ne sera pas libéré et de retour dans son royaume.

De même, les Cortès de Cadix, transportées à Madrid, n'acceptent pas les messagers du Roi venant leur annoncer la signature du traité[2].

« L'Espagne était sauvée de l'avenir qui l'attend ; l'Empire serait sorti vainqueur de sa lutte à mort contre les rois de droit divin, si j'avais ratifié le traité de Valencay le lendemain de sa signature. Quelle faute ! »

— Napoléon Bonaparte, Commentaires de Napoléon Premier.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Commentaires de Napoléon Premier.
  2. Charles-Alexandre Geoffroy de Grandmaison, L'Espagne et Napoléon, vol. 3, Plon (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]