Tour de Broue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Tour de Broue
Image illustrative de l'article Tour de Broue
le donjon
Type édifice fortifié
Début construction XIe siècle
Propriétaire actuel commune
Protection inscrit MH19/05/1925
Coordonnées 45° 47′ 15″ N 0° 58′ 33″ O / 45.7874, -0.975945° 47′ 15″ Nord 0° 58′ 33″ Ouest / 45.7874, -0.9759  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Saintonge
Subdivision administrative Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Commune Saint-Sornin

La tour de Broue est le seul vestige d'un château-fort du XIe siècle établi sur un puissant promontoire (la colline du Puy) dominant l'ancien golfe de Brouage, et situé sur le territoire de la commune de Saint-Sornin, en Charente-Maritime.

Ce donjon quadrangulaire de 25 mètres de haut est classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1925[1], et doit sa sauvegarde à l'association des amis de Saint-Sornin, qui finança en partie une campagne de consolidation entre 1993 et 1997.

Aujourd'hui mis en valeur, des sentiers de promenade, une aire de pique-nique et un musée ont été aménagés à proximité. Un sentier de grande randonnée balisé, le GR 360, passe à proximité du site.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les ruines de ce donjon, bâti sur une colline haute de 27 mètres dominant l'ancien golfe de Brouage, sont tout ce qui subsiste d'un puissant château-fort dont les origines remontent au XIe siècle. À cette époque, les marais ne s'étaient pas encore formés, et l'océan battait les remparts de cet important édifice défensif. Broue formait alors un port maritime, une paroisse et une châtellenie, dont l'enrichissement était dû au commerce du sel. Le château était organisé autour d'un corps principal, d'une cour intérieure, d'une chapelle et du donjon proprement dit, qui mesurait alors près de 30 mètres de haut (il ne mesure plus que 25 mètres aujourd'hui), l'ensemble étant clos par une série de remparts, dont il subsiste quelques vestiges. Autour du château existait une petite ville dont il ne reste rien, mis à part quelques pans de murs à demi ruinés.

Le château est mentionné pour la première fois dans une charte de 1047, mais il existe probablement au début du XIe siècle, quand le comte de Poitiers et duc d’Aquitaine Guillaume le Grand accorde au comte d’Anjou Foulque Nerra « Saintes et quelques châteaux ». En 1047, il appartient à Geoffroy Martel, fils de Foulque Nerra, qui sera le premier comte de Broue. En 1062, le comte de Poitiers Guy-Geoffroy chasse par les armes Geoffroy Martel et prend alors en mains la destinée de Broue. De 1162 à 1277, le château appartient aux seigneurs de Doë, avant de passer à la maison des Rochefort jusque vers 1330, et enfin à la maison de Baussay[2].

À cette époque où la Saintonge, comme le reste de l’Aquitaine, est sous influence anglaise, le château passe aux mains de Simon Burleigh, conseiller du roi Édouard III d'Angleterre, de par son mariage avec Marguerite de Baussay[3]. En ces temps de conflits entre les armées du roi de France et d'Angleterre, Isabelle de Valois sera retenue quelque temps prisonnière dans le château, avant d'être libérée après d'âpres négociations. En 1372, le château est assiégé par Bertrand Du Guesclin, qui prend la place après une rude bataille.

En 1380, le roi Charles V accorde le château et les droits et privilèges seigneuriaux s'y rattachant à Renaud VI de Pons. Les sires de Pons garderont le château jusqu'au début du XVIIe siècle, avant de finalement l'abandonner, du fait de l'envasement de l'ancien golfe, rendant le site obsolète d'un point de vue stratégique. Au XVIIIe siècle, le château apparaît déjà ruiné sur les cartes de Claude Masse.

Aujourd'hui préservé, le donjon laisse apparaître deux murs en moellons soutenus par des contreforts. Des restes des remparts, qui mesuraient à l'origine près de sept mètres de haut, sont toujours visibles.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base Mérimée : Tour de Broue
  2. in Archives Historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome XIX
  3. in Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome XIX

Voir aussi[modifier | modifier le code]