Toiturophilie

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La toiturophilie est l'activité qui consiste à se promener sur les toits. Celui qui la pratique est un toiturophile.

Symétrie de l'Église Saint-Eustache à Paris
Les toits de Paris la nuit depuis les toits du Musée d'Orsay.

Description[modifier | modifier le code]

Un toiturophile est un amateur de visites aériennes et éventuellement un photographe. Il se promène notamment sur les toits d'immeubles, les parties hautes d'églises, les cheminées ou les grues.

Le terme toiturophile est un néologisme étymologiquement hasardeux issu de « toiture » (le toit) et du grec «philein», aimer, suffixé en « –phile », celui qui aime, utilisé publiquement pour la première fois dans un reportage intitulé : « Sur les toits de Paris » d’Olivier Lassu, diffusé le 10 novembre 2002 sur la chaîne ARTE. Il semble être inspiré du terme « cataphile ». Certains forums utilisent le mot anglais « rooftopping ».

Lieux visités[modifier | modifier le code]

Les lieux visités sont toujours des toits, que ce soit de résidences, de grands immeubles (administration, site public), d'églises ou de cathédrales. Par extension, le toiturophile escalade aussi des grues, de hautes cheminées ou toute structure qui permet de s'élever.

Pratique de la toiturophilie[modifier | modifier le code]

Cette activité se pratique généralement de nuit, à la faveur d'accès le plus souvent illégaux. Certains cependant obtiennent des autorisations, notamment dans le cadre de campagnes d'entretiens ou de reportages photographiques. Certaines églises ou grands magasins ouvrent l'accès de leurs hauteurs au public, à titre onéreux ou gratuit.

Quel intérêt ?[modifier | modifier le code]

Le toiturophile monte généralement sur les endroits les plus hauts, afin d'apprécier la vue et prendre des photos. Au lieu de simplement assister aux visites touristiques, il est motivé par une volonté de calme et de détente. La visite de ces lieux, sans personne pour troubler leur tranquillité, devient alors un moment privilégié d'observation du panorama et de perception des éléments (tel que le vent ou la pluie).

Vue et panorama[modifier | modifier le code]

Les vues sont très différentes en fonctions du moment de la journée. De nuit, la ville luit, la couleur orange domine et seuls les grands bâtiments éclairés sont visibles. De jour, une multitude de détails apparaissent, laissant toute une gamme colorée apparaitre. Les jours de brouillard, la vue se trouble, l'ensemble se couvre d'un voile blanc.

Architecture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Cette activité est une des rares permettant d'approcher de près des éléments architecturaux normalement hors de portée. La découverte des cathédrales par les parties hautes révèle des surprises inattendues. Même à plus de soixante mètres de hauteur, les décors et sculptures sont d'une finesse et d'une précision inouïe. Des détails ou des œuvres, invisible depuis le sol, sont ainsi observables en hauteur. Le bâtiment devient palpable, permettant d'approcher et de mieux comprendre ces ensembles complexes.

Photographie[modifier | modifier le code]

Souvent équipé de matériel photographique, le toiturophile en profite alors pour immortaliser ses visites éphémères. De nombreux adeptes de la photographie panoramique sillonnent ainsi les toits et réalisent de magnifiques tirages sur 360°.

Street art[modifier | modifier le code]

Certains street-artists, et notamment auteurs de graffiti, montent sur les toits pour y apposer leur marque, profitant de la visibilité et du prestige que peuvent offrir certains murs élevés. Ces interventions vont à l'encontre de la démarche des toiturophiles ; en effet, pour la plupart d'entre eux, il est primordial de ne laisser aucune trace de leur passage.

Activités similaires[modifier | modifier le code]

Les toiturophiles pratiquent souvent l'exploration urbaine. Cette activité regroupe les cataphiles, toiturophiles et amateurs de lieux abandonnés (friches) ou en chantier.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Quand le touriste lambda prend l’ascenseur, le toiturophile lui, choisi l’échafaudage branlant, la corniche glissante et la gouttière rouillée.

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur Paris :
    • Michel Setboun et Pierre Guicheney : Paris : La balade des clochers, Éditions Hermé, 2004 (ISBN 978-2866654054)
    • Catherine Vialle : Les toits de Paris, Éditions Parigramme, 2000 (ISBN 978-2840961840)
    • Frédéric Vuillod : Paris, les toits, la nuit..., Les Éditions du Mécène, 2005 (ISBN 978-2907970464)
    • Sur les toits de Paris, Olivier Lassu, 2002, film de 55 minutes
  • La rubrique Toiturophilie du forum CKZone (l'inscription est nécessaire pour parcourir le forum.)

Articles connexes[modifier | modifier le code]