The Situation Room (photographie)

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Barack Obama et l'équipe de sécurité nationale dans la salle de crise de la Maison-Blanche.

The Situation Room, soit « la salle de crise » en français, est une photographie prise par Pete Souza, photographe officiel de la Maison-Blanche, le 1er mai 2011. Elle montre le président des États-Unis Barack Obama, au côté de l'équipe de sécurité nationale, dans la salle de crise de la Maison-Blanche, au sous-sol de l'aile Ouest, recevant les informations en direct de l'Opération Neptune's Spear qui conduisit à la mort d'Oussama ben Laden.

La photographie a reçu l'attention des médias après l'annonce de la mort de ben Laden. CNN l'appela « photo for the ages » et compara avec d'autres images célèbres des présidents américain tel que Dewey Defeats Truman. L'ancien photographe officiel, Eric Draper a déclaré que la photo était « une capture de manière très précise d'un moment déterminé de l'histoire »[1]. La photographie a également été commentée par des historiens et par des experts du langage corporel.

Il n'y a pas actuellement de nom officiel, mais elle est étiquetée P050111PS-0210 sur le compte officiel sur Flickr[2].

L'image[modifier | modifier le code]

La photographie a été prise pendant le raid dans le complexe fortifié d'Oussama ben Laden alors qu'Obama et son équipe de sécurité nationale suivaient l'évènement en temps réel grâce à une caméra numérique embarquée sur le casque d'un des membres de l'équipe. Hillary Clinton, qui apparait sur l'image, a décrit le moment comme « les 38 minutes les plus intenses de [sa] vie »[3].

Les personnes suivantes apparaissant sur la photo de gauche à droite : (assis) le vice-président Joe Biden, le président Barack Obama, le brigadier général Brad Webb, le Conseiller présidentiel américain adjoint à la Sécurité nationale, Denis McDonough, la secrétaire d’État Hillary Clinton, le secrétaire à la Défense Robert Gates; (debout) le Chef d'état-major des armées des États-Unis, l'amiral Michael Mullen, le Conseiller à la sécurité nationale Thomas E. Donilon, la directrice du contre-terrorisme, Audrey Tomason, le conseiller principal du président pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, John Brennan et le directeur du renseignement national James Clapper.

Hillary Clinton dans la photographie met sa main droite à la bouche dans une apparente posture d'angoisse face au résultat de l'opération.

Analyse[modifier | modifier le code]

Certains historiens ont parlé de l'importance historique de la photographie, en particulier la représentation du dépassement des barrières de race et de genre. Saladin Ambar, professeur de sciences politiques de l'Université Lehigh a déclaré que l'image suggère « un nouveau paysage américain dans lequel nous sommes encore en train d'entrer ». Il a ajouté que « lorsque Obama a été élu, il y avait des gens qui pensaient que nous avions franchi un seuil racial. Ce que sa présidence nous révèle c'est qu'il y a encore beaucoup d'étapes à franchir »[3].

La photographie a aussi été remarquée pour illustrer un changement dans le style de leadership présidentiel. L'historienne Clarence Lusane a déclaré que le public américain attendait de ses leaders une certaine forme de machisme et d'assurance. Lori Brown, professeure de sociologie au Meredith College, relève ainsi qu'Obama n'est pas au centre de la pièce ou sur la plus haute chaise. Selon l'analyste politique Cheryl Contee, la volonté d'Obama d'être photographié hors du bureau ovale reflète un nouveau type de confiance en soi et de leadership projetés par le Président : celui de quelqu'un qui écoute ses conseillers et collabore avec son équipe[3].

Utilisation dans le monde[modifier | modifier le code]

Le journal juif ultra-orthodoxe Der Tzitung a créé un certain émoi en « effaçant » les deux seules femmes présentes sur la photographie (Hillary Clinton et Audrey Tomason), bien que les droits de l'image interdisaient toute modification[4]. Le rabbin Jason Miller écrit ainsi dans le journal The Jewish Week que Der Tzitung « n'inclut pas intentionnellement des images de femmes dans le journal parce que cela pourrait être considéré comme sexuellement suggestif »[4] ; il ne sait pas « la façon dont Der Tzitung a déterminé que c'était une photo osée. Peut-être que simplement ils n'aiment pas l'idée qu'une femme puisse avoir autant de pouvoir politique »[4]. Le média s'en est par la suite expliqué : « Suivant nos croyances religieuses, nous ne publions pas de photos de femmes, ce qui ne les relègue pas pour autant à un statut inférieur… En raison des règles de pudeur, nous ne sommes pas autorisés à publier des photos de femmes, et nous sommes désolés si cela donne l’impression de dénigrer les femmes, ce qui n'est certainement pas notre intention. Nous nous excusons si cela a été considéré comme offensant »[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alan Silverleib, « Obama on Sunday: A photo for the ages? », CNN,‎ 3 May 2011 (lire en ligne)
  2. P050111PS-0210 sur Flickr
  3. a, b et c (en) John Blake, « What 'Situation Room Photo' reveals about us », CNN,‎ 5 May 2011 (lire en ligne)
  4. a, b et c http://www.slate.fr/lien/37983/hillary-clinton-photoshop-ben-laden-juif-orthodoxe
  5. http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2011/05/hillary-clinton-photoshop%C3%A9e-pour-ne-pas-attenter-%C3%A0-la-pudeur-des-hassidim.html