Sprent Dabwido

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sprent Dabwido
Image illustrative de l'article Sprent Dabwido
Fonctions
29e président de la République de Nauru
15 novembre 201111 juin 2013
(1 an, 6 mois et 27 jours)
Prédécesseur Frederick Pitcher
Successeur Baron Waqa
Ministre du Service public
Ministre des Services d'urgence
Ministre de la Police et de l'Intérieur
Ministre du Changement climatique
11 juin 2012 – 11 juin 2013
Président Lui-même
Prédécesseur Lui-même
(Services publics et d'urgence, Police et Intérieur)
Ministre des Affaires étrangères
Ministre du Service public
Ministre des Services d'urgence
Ministre de la Police et de l'Intérieur
16 novembre 2011 – 11 juin 2012
Président Lui-même
Prédécesseur Mathew Batsiua
(Affaires étrangères)
Successeur Kieren Keke (Affaires étrangères) ;
Lui-même (Services publics et Intérieur)
Ministre des Transports et des Télécommunications
avril 2007 – 10 novembre 2011
Président Marcus Stephen
Prédécesseur Baron Waqa
(Télécommunications)
Successeur Riddell Akua
Biographie
Nom de naissance Sprent Jared Dabwido
Date de naissance 16 septembre 1972 (41 ans)
Nationalité nauruane
Parti politique Indépendant
Présidents de la République de Nauru

Sprent Jared Dabwido[1], né le 16 septembre 1972[2], est un homme politique nauruan, président de la République du 15 novembre 2011 au 11 juin 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Il fait son entrée au Parlement lors des élections législatives d'octobre 2004[3]. Député de la circonscription de Meneng. Il occupe la fonction de ministre des Transports et des Télécommunications dans le gouvernement du président Marcus Stephen, de décembre 2007 à novembre 2011[4]. C'est sous sa direction qu'un contrat est signé avec la compagnie Digicel afin d'introduire pour la première fois la téléphonie mobile à Nauru, en 2009[5].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le 10 novembre 2011, le président Stephen démissionne après avoir été accusé par l'opposition d'avoir demandé des pots-de-vin à des hommes d'affaire thaïlandais pour la vente de phosphate, la seule exportation conséquente du pays. Stephen récuse les accusations, mais cède la présidence à un député de sa majorité, Frederick Pitcher. Le 15 novembre, Dabwido quitte les bancs de la majorité et rejoint l'opposition, lui donnant la voix nécessaire pour destituer Pitcher par une motion de censure au Parlement. Le même jour, cette nouvelle majorité élit Dabwido à la présidence de la République[6],[7].

Dans le cabinet qu'il forme peu après, Dabwido s'attribue lui-même les portefeuilles de ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, ainsi que du Service public, de la Police et des Services d'urgence, et de l'Intérieur[8],[9]. Il cède le ministère des Affaires étrangères à Kieren Keke lors d'un remaniement en juin 2012[10].

À l'instar de son bref prédécesseur, Dabwido annonce que son gouvernement proposera une réforme constitutionnelle dans le but d'assurer une plus grande stabilité politique. Le projet prévoit un nombre impair de députés (dix-neuf au lieu de dix-huit), et la présidence du Parlement doit être exercée par une personnalité extérieure plutôt que par un de ses membres. Ainsi, le Parlement ne sera plus divisé entre deux camps égaux en nombre, et il n'y aura plus de président du Parlement issu d'un camp ou l'autre et agissant de manière partisane[11]. Cette réforme est adoptée, en vue des législatives de 2013[12].

En décembre 2011, il représente les quatorze États du Pacifique membres du groupe des petits États insulaires en voie de développement lors de la Conférence de Durban sur les changements climatiques. Affirmant que la lutte contre le changement climatique est une « question de vie ou de mort » pour ces pays, et qu'ils pourraient être inhabitables pour les petits-enfants de sa génération, il demande un renouvellement et un renforcement du protocole de Kyoto, couplé à un nouveau protocole qui imposerait des obligations aux États qui n'ont pas accepté celui de Kyoto[13].

En février 2013, le gouvernement Dabwido est nettement affaibli par la démission du ministre des Affaires étrangères Kieren Keke et du ministre des Finances Roland Kun, ainsi que par le limogeage du ministre du Commerce Marcus Stephen, pour des raisons non-spécifiées. Cet éclatement du gouvernement serait du à un désaccord autour du rétablissement d'un centre de détention australien sur l'île[14]. Dès lors, outre le président lui-même, le gouvernement n'est plus composé que du ministre de la Justice Dominic Tabuna et du ministre des Transports Riddell Akua. Le Parlement se trouve « divisé en trois factions ». Le gouvernement n'ayant plus de majorité parlementaire, il est question d'avancer les élections, prévues initialement pour la mi-2013[15].

De février à mai, le gouvernement et le Parlement s'opposent autour de la question d'une dissolution du Parlement afin d'enclencher des élections anticipées. Les partisans du Président refusent de siéger, empêchant ainsi le Parlement d'avoir le quorum nécessaire pour fonctionner. Le 23 mai, le président du Parlement, Godfrey Thoma, accepte finalement de dissoudre l'assemblée sur demande de Dabwido. Cette dissolution enclenche des élections, censées se tenir le 22 juin (environ)[16]. Quatre jours plus tard, dans un discours à la nation, le Président Dabwido annonce que l'élection devra avoir lieu plus tôt, le 8 juin, car il est urgent de voter le budget, suite aux délais engendrés par la paralysie du Parlement[17]. Par le même occasion, il décrète l'état d'urgence. Bénéficiant ainsi de pouvoirs élargis, il ordonne aux médias du pays de ne pas traiter de politique durant la campagne électorale, et de n'accorder aucune interview de nature politique[18]. Il entend, dit-il, éviter que les candidats ne « fassent leur auto-promotion » et ne dénigrent leurs adversaires. Il précise qu'il interdit « aux hommes politiques d'utiliser les médias pour quelque raison politique que ce soit »[19].

Il conserve son siège de député élections législatives du 8 juin 2013, mais ne dispose pas d'une majorité parlementaire, et ne brigue donc pas un nouveau mandat de président. Le 11 juin, ls députés choisissent Baron Waqa, principale figure de l'opposition sortante, pour lui succéder à la tête de l'État[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom complet figure en page 7 de ce document du gouvernement nauruan (les résultats des élections législatives de juin 2010).
  2. (en) "Sprent Dabwido - Profile"
  3. (en) "Nauru profile", BBC
  4. (en) "Hon Sprent Dabwido MP", Parlement de Nauru
  5. (en) "Mobile telecommunications availability in Nauru will boost business", Radio New Zealand International, 29 juin 2009
  6. (en) "Another president ousted in Nauru", Sydney Morning Herald, 15 novembre 2011
  7. (en) "Third President for Nauru in six days", Radio New Zealand International, 15 novembre 2011
  8. (en) "Adeang resumes as Nauru finance minister", Radio New Zealand International, 16 novembre 2011
  9. (en) "New Nauru leader strong on government reforms", ABC Radio Australia, 17 novembre 2011
  10. (en) "New Cabinet Ministers for Nauru", Ambassade de France aux Fidji, 13 juin 2012
  11. (en) "Political reform tops the agenda for new Nauru leader", Radio New Zealand International, 16 novembre 2011
  12. (en) "Nauru country brief", ministère australien des Affaires étrangères, février 2013
  13. (en) "UPDATES FROM COP17: Nauru President Calls for Bold Action", Secrétariat du Forum des îles du Pacifique, article publié dans le Solomon Times, 9 décembre 2011
  14. (en) "Nauru in chaos as ministers quit", The Australian, 16 février 2013
  15. (en) "Nauru MP Alleges Government Has Lost Mandate", Radio New Zealand International, 20 février 2013
  16. (en) "Nauru parliament dissolved - elections in a month", Radio New Zealand International, 23 mai 2013
  17. (en) "Nauru leader declares state of emergency", Radio New Zealand International, 27 mai 2013
  18. (en) "Nauru's media banned from reporting on politics during national election", Radio Australia, 29 mai 2013
  19. (en) "Nauru’s President denies banning media from speaking to politicians", Radio New Zealand International, 30 mai 2013
  20. (en) "New Nauru President prioritises stable government", Radio New Zealand International, 11 juin 2013