David Adeang

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David Adeang
David Adeang en 2012.
David Adeang en 2012.
Fonctions
Ministre des Finances et de la Planification économique
29 mai 2003 – 8 août 2003
Ministre des Affaires étrangères, du Commerce, des Finances et de la Planification économique
octobre 2004 – 19 décembre 2007
Successeur Kieren Keke (Affaires étrangères et Finances)
Marcus Stephen (Intérieur)
Ministre des Finances, du Développement durable et de la Justice
novembre 2011 – 11 juin 2012
Successeur Roland Kun (Finances et Développement durable)
Dominic Tabuna (Justice)
Ministre des Finances, du Développement durable et de la Justice
En fonction depuis le 13 juin 2013
Prédécesseur Roland Kun (Finances et Développement durable)
Dominic Tabuna (Justice)
Biographie
Date de naissance 24 novembre 1969
Nationalité nauruan
Profession avocat

David Adeang (né le 24 novembre 1969[1]), est un avocat et homme politique nauruan, fils de l'ancien président de la République Kennan Adeang. Il a été plusieurs fois ministre. Il fut président du Parlement du 20 mars au 26 avril 2008.

Il est ministre assistant le président, ministre des Finances et du Développement durable, ministre de la Justice, et ministre chargé de la Eigigu Holdings Corporation et de la Nauru Air Corporation depuis le 13 juin 2013. Il a été ministre des Finances et du Développement durable, de la Justice, et de la Nauru Rehabilitation Corporation de novembre 2011 au 11 juin 2012. Il avait été précédemment ministre à la Présidence, ministre des Affaires étrangères et du Commerce et ministre des Finances et de la Planification économique d'octobre 2004[2] au 19 décembre 2007. Il fut ministre des Finances et de la Planification économique du 29 mai 2003 au 8 août 2003 et ministre de la Justice du 22 juin 2004 à octobre 2004.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

David Adeang est un des fondateurs du parti politique Naoero Amo, dont la visée première est de promouvoir la transparence, d'assainir les finances du pays et de lutter contre la corruption[3]. Aux élections parlementaires de mai 2003, le Naoero Amo remporte trois des dix-huit sièges du Parlement nauruan. Le 29 mai[4], ce parti forme alors une coalition avec les partisans de Ludwig Scotty et ce dernier devient président de la République de Nauru, David Adeang devenant quant à lui Ministre des Finances et de la Planification économique. Le huit août de la même année[4], Ludwig Scotty et son gouvernement sont démis de leurs fonctions et Kinza Clodumar remplace David Adeang.

Le 22 juin 2004[4], les nouvelles élections parlementaires sont de nouveau remportées par le Naoero Amo allié avec Kinza Clodumar. Ce dernier conserve son portefeuille ministériel et David Adeang gagne ceux de la Justice et des Affaires étrangères. L'attribution du ministère des Affaires étrangères à un ministre fut un évènement car ce portefeuille ministériel était réservé au Président de la République depuis l'indépendance le 31 janvier 1968. L'État d'urgence ayant été décrété le 1er octobre 2004[5], le Parlement est dissout et de nouvelles élections parlementaires sont organisées pour le 23 octobre. David Adeang est réélu dans la circonscription électorale d'Ubenide et récupère les ministères de la Justice et des Affaires étrangères. Un mois plus tard, il abandonne la fonction de ministre de la Justice et gagne celle de ministre des Finances et de la Planification économique.

Il est ré-élu député en 2007. Cette même année, il est accusé de « mauvaise conduite » en rapport avec des hommes d'affaires étrangers; ceci provoque une crise politique lorsque ses collègues de parti et de gouvernement, dont le président Ludwig Scotty, refusent d'étudier le bien-fondé ou non de ces accusations, et soutiennent Adeang sans réserve[6]. Cette affaire mène finalement à la chute du gouvernement Scotty. Un nouveau gouvernement est formé, avec Marcus Stephen à sa tête, et Adeang perd ses fonctions de ministre[7]. Il cède sa place de ministre des Affaires étrangères à Kieren Keke[8]. La police commence alors à s'intéresser aux accusations portées contre Adeang[9], mais il n'est jamais inculpé[10].

En mars 2008, Adeang s'allie à l'ancien président Rene Harris pour tenter une motion de censure à l'encontre de Stephen, trois mois seulement après que celui-ci est entré en fonction. Le Speaker (président) du Parlement, Riddell Akua, fait barrage à cette tentative en démissionnant[9]. Adeang prend le poste de Speaker le 20 mars. Les médias supposent alors qu'une motion de censure contre Stephen, appuyée par Adeang, est imminente[11].

Le 22 mars, Adeang convoque une session du Parlement, sans, apparemment, prévenir les membres de la majorité, qui ne sont donc pas présents. Les députés de l'Opposition votent alors une loi qui interdit la double nationalité pour les députés. Si elle était appliquée, cette loi obligerait les ministres Kieren Keke et Frederick Pitcher à démissionner, et permettrait à l'Opposition d'avoir une majorité de sièges au Parlement. Le gouvernement réagit en niant la légitimité du vote; il affirme que la loi est anticonstitutionnelle, puisque le quorum n'a pas été atteint au Parlement[12]. Le Président Marcus Stephen accuse Adeang et les autres députés de l'Opposition d'avoir voté la loi « après le coucher du soleil, le samedi de Pâques », « à la lueur des bougies »[13].

Le 28 mars, Adeang ordonne à Keke et Pitcher de quitter le Parlement. Les deux ministres refusent d'obtempérer, et Adeang suspend la session parlementaire[14]. L'affaire est portée devant la Cour suprême. Le 7 avril, le gouvernement affirme que la Cour a donné tort à Adeang, en déclarant la loi sur la double nationalité des députés anticonstitutionnelle, pour cause d'insuffisance de quorum. La Cour suprême aurait également rejeté l'affirmation d'Adeang, selon laquelle les tribunaux ne peuvent se prononcer sur les actions du Parlement; la Cour suprême a le devoir de rappeler le Parlement à l'ordre lorsque le Parlement viole la Constitution[15]. Adeang avait annoncé qu'il ne se considérerait pas juridiquement contraint par le jugement de la Cour, et qu'il le considérerait comme «une simple opinion»[16].

Le 9 avril, Adeang annonce qu'il a suspendu l'ensemble des neuf députés de la majorité présidentielle. Il affirme que ceux-ci ont agi de manière honteuse, et qu'ils l'ont insulté pendant qu'il prononçait un discours en réponse au jugement de la Cour suprême[17]. Le 18 avril, Stephen répond en dissolvant le parlement et en annonçant de nouvelles élections législatives[18],[19]. Les élections sont remportées par les partisans de Stephen, et Adeang est remplacé par Riddell Akua au poste de Speaker[20].

Le 15 novembre 2011, le gouvernement du Président Frederick Pitcher est destitué lorsque le député Sprent Dabwido rejoint les rangs de l'opposition, provoquant un changement de majorité et accédant à la présidence de la République[21],[22]. Dabwido nomme alors Adeang ministre des Finances et du Développement durable, de la Justice, et ministre chargé de la Nauru Rehabilitation Corporation[10],[23]. Le 11 juin 2012, toutefois, Dabwido limoge son propre gouvernement, l'accusant de ne pas soutenir ses projets de réforme constitutionnelle qui visent une plus grande stabilité politique. Il nomme un nouveau gouvernement composé de députés de l'Opposition[24].

Le 13 juin 2013, le nouveau Président Baron Waqa nomme Adeang aux postes suivants : ministre assistant le président, ministre des Finances et du Développement durable, ministre de la Justice, et ministre chargé de la Eigigu Holdings Corporation et de la Nauru Air Corporation[25]. En juillet, alors que Waqa est en-dehors du pays, Adeang, assurant la tête du gouvernement, prend la décision controversée d'interdire la diffusion par les médias des paroles d'un député de l'opposition, Mathew Batsiua, qui critique le limogeage par le gouvernement du chef de la police. Cette censure est alors commentée par les médias étrangers, et condamnée par l'opposition[26].

Quelques jours plus tard, Adeang interdit à nouveau la diffusion d'une interview télévisée - cette fois, une interview du député d'opposition Kieren Keke critiquant un accord entre Nauru et l'Australie concernant l'établissement à Nauru de réfugiés arrivés en Australie par bateau. Adeang fait diffuser un entretien dans lequel il explique le point de vue du gouvernement, mais ne permet pas à l'opposition de faire de même. Il explique : « Kieren n'a pas nécessairement la même interprétation que nous de cet accord, et je pense que la notre est la bonne »[27].

En janvier 2014, la majorité parlementaire introduit une législation rétroactive permettant au gouvernement de déporter immédiatement et sans appel tout étranger présent dans le pays ; cette loi est alors appliquée à l'Australien Rod Henshaw, conseiller du gouvernement précédent, accusé d'être trop proche de l'opposition. David Adeang, en tant que ministre de la Justice, a dès lors « le pouvoir absolu de déporter n'importe qui sans indiquer de raison et sans recours aux tribunaux »[28].

Le 13 mai 2014, sur proposition d'Adeang, le Parlement vote la suspension de trois députés d'opposition (Kieren Keke, Roland Kun et Mathew Batsiua), au motif qu'ils ont critiqué le gouvernement auprès des médias étrangers, et auraient ainsi nui à la réputation internationale du pays. Kieren Keke répond en accusant la majorité parlementaire de vouloir faire taire toute critique, et de dérive vers une dictature[29].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fiche biographique, gouvernement de Nauru
  2. (fr) Ministère français des Affaires étrangères - Composition du gouvernement de Nauru
  3. (en) Élections nauruanes de 2003, Union inter-parlementaire
  4. a, b et c (en) World Statesmen
  5. (fr) Ministère français des Affaires étrangères - Politique intérieure de Nauru
  6. (en) "Rebel faction fails to oust Nauru govt", Sydney Morning Herald, 14 novembre 2007.
  7. (en) "MPs oust Nauru's president", Sydney Morning Herald, 19 décembre 2007.
  8. (en) "Six new ministers named in Nauru cabinet line up", Marianas Variety, 21 décembre 2007.
  9. a et b (en) "Nauru lawmakers fail in bid to unseat president", Radio New Zealand International, 18 mars 2008.
  10. a et b (en) "Adeang resumes as Nauru finance minister", Radio New Zealand International, 16 novembre 2011
  11. (en) "Adeang becomes speaker as Nauru government awaits new challenge", Radio New Zealand International, 20 mars 2008.
  12. (en) "Nauru government rejects citizenship ruling", Radio New Zealand International, 26 mars 2008.
  13. (en) "Nauru President frustrated over parliament developments", Radio New Zealand International, 25 mars 2008.
  14. (en) "Nauru Speaker fails to stop two ministers from entering Parliament", Radio New Zealand International, 29 mars 2008.
  15. (en) "Nauru Government claims strong backing in ruling by Chief Justice", Radio New Zealand International, 7 avril 2008.
  16. (en) "Nauru MP says Speaker continues to make mockery of Parliament", Radio New Zealand International, 4 avril 2008.
  17. (en) "Nauru speaker suspends all government members", Radio New Zealand International, 11 avril 2008.
  18. (en) "Nauru president calls snap polls", Phil Mercer, BBC, 18 avril 2008.
  19. (en) "Nauru declares state of emergency and fresh elections", ABC Radio Australia, 18 avril 2008.
  20. (en) 'Nauru president broadens support following snap election', Radio New Zealand International, April 29, 2008
  21. (en) "Another president ousted in Nauru", Sydney Morning Herald, 15 novembre 2011
  22. (en) "Third President for Nauru in six days", Radio New Zealand International, 15 novembre 2011
  23. (en) "New Nauru leader strong on government reforms", ABC Radio Australia, 17 novembre 2011
  24. (en) "Nauru President teams up with Opposition and names new Cabinet", Radio New Zealand International, 11 juin 2012
  25. (en) "President Waqa names his cabinet", gouvernement de Nauru, 13 juin 2013
  26. (en) "Nauru opposition MP censored by government after riot interview", Pacific Media Watch, 29 juillet 2013
  27. (en) "Nauru TV censored over asylum seeker deal", The Age, 6 août 2013
  28. (en) "Pacific Correspondent says Nauru situation not unique", Radio Australia, 30 janvier 2014
  29. (en) "Nauru Parliament erupts into chaos after opposition MPs suspended for speaking to ABC, foreign media", Australian Broadcasting Corporation, 14 mai 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]