Sacerdoce universel

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Le sacerdoce universel est un principe religieux chrétien qui affirme l'égalité de tous les baptisés dans la mission évangélique. Il est formulé dans la première épître de Pierre (cf 1 P 2, 5). C'est une notion communément utilisée chez les protestants, comme par exemple dans les assemblées de Frères protestantes, telles que promues par John Nelson Darby.

Le principe du sacerdoce universel est l'un des principes fondateurs du protestantisme. Il est novateur dans l'histoire de l'Église. Le terme de sacerdoce signifie prêtrise. Ce principe a été développé par Luther[1]. Le réformateur se fonde sur 1 Pierre 2-9 pour affirmer que tous les croyants sont prêtres et égaux entre eux sur le plan spirituel. Les ecclésiastiques ne sont en ce sens plus supérieurs aux simples laïques. Les chrétiens doivent exercer leur vocation de sacerdoce universel auprès de leur prochain s'ils sont de simples fidèles, soit au niveau de la communauté chrétienne pour les pasteurs. La conséquence de ce principe est que l'Église ne fait plus office d'intermédiaire entre Dieu et le chrétien. Elle ne peut pas revendiquer non plus le monopole d'interprétation de la Bible, et encore moins prétendre à l'infaillibilité. Pour Luther, ce principe sous-entend que le fidèle doit disposer de solides connaissances bibliques.

La notion équivalente chez les catholiques est celle de "sacerdoce commun", malgré l'usage légèrement abusif qu'a pu faire du terme "universel" le pape Jean-Paul II. La distinction essentielle à opérer est que, chez les catholiques, le sacerdoce ministériel qu'est la prêtrise, est au service du sacerdoce commun des fidèles (Vatican II, Lumen Gentium, n°10). Spécificité qui n'est pas reconnue chez les protestants qui considèrent que les pasteurs n'ont pas de particularité par rapport aux autres croyants.

Par le baptême, le Christ appelle également chaque baptisé à devenir prêtre, prophète et roi, notamment avec l'onction du Saint-Chrême que fait le célébrant, et l'appelle à la participation à son Sacerdoce unique. Le sacerdoce baptismal est la conséquence de la royauté sociale de Jésus-Christ.

Citations[modifier | modifier le code]

« Le sacerdoce universel des fidèles et la dignité royale sont donnés aux hommes et aux femmes. Sur ce point, il est particulièrement éclairant de lire attentivement certains passages de la Première Lettre de saint Pierre (2, 9-10) et de la constitution conciliaire Lumen gentium (nn. 10-12; 34-36). » (Jean-Paul II, Lettre à l'occasion du jeudi saint de 1995)

« Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, qui ont entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre : l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, leur renoncement et leur charité effective.  » Lumen Gentium n°10, concile Vatican II.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annick Sibué, Luther et la Réforme protestante, Paris, Eyrolles, 2011, pages 108-113

Article connexe[modifier | modifier le code]