Renseignement d'origine source ouverte

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Le renseignement de sources ouvertes ou renseignement d'origine source ouverte (ROSO, en anglais : open source intelligence, OSINT) est un renseignement obtenu par une source d'information publique.

Par extension, le ROSO désigne également les activités et méthodes de collecte et d'analyse de l'information de sources ouvertes, c'est-à-dire des informations disponibles au grand public. Ces sources incluent les journaux, l'internet, les livres, les magazines scientifiques, les diffusions radio, télévision, etc.

Ce type de renseignement est un élément essentiel de l'intelligence économique et stratégique dans le secteur privé.

Origine : OSINT[modifier | modifier le code]

Le renseignement en sources ouvertes trouve son origine aux États-Unis. L'expression anglaise open source intelligence (OSINT) n'a pas de rapport avec l'expression open source, puisque cette expression est utilisée dans la communauté de l'informatique logicielle pour désigner les programmes dont le code source est disponible publiquement (et modifiable).

On ne doit pas non plus confondre OSINT avec l'information en source ouverte (OSIF, Open Source Information) sur laquelle OSINT se base. OSIF est toute information disponible publiquement ; OSINT est une méthode de renseignement analytiquement normée et composée d'OSIF, qui est conçue pour répondre à des tâches spécifiques ou en support à la prise de décision.

Recueil de l'information[modifier | modifier le code]

Bien que l'on croie que le renseignement ne traite que d'informations secrètes ou dissimulées, ce n'est pas toujours le cas puisque beaucoup d'informations essentielles au processus d'intelligence peuvent être trouvées dans l'espace public, ou peuvent être obtenues par des moyens non conventionnels. L'explosion de l'information augmente le nombre de sources accessible aux analystes. Même une action secrète a souvent des conséquences qui ne le sont pas; il est donc parfois possible aux analystes de rassembler une image d'une activité cachée à partir de diverses sources ouvertes.

Dans le renseignement en sources ouvertes, le recueil des informations est généralement différent du recueil dans d'autres disciplines de l'intelligence, où l'obtention de l'information brute à analyser peut être une difficulté majeure, particulièrement si on doit l'obtenir de cibles non coopératives. Pour le renseignement en sources ouvertes, la difficulté principale est d'identifier les sources pertinentes et fiables dans la quantité considérable d'informations accessible publiquement. L'obtention de l'information elle-même est comparativement plus facile puisqu'elle est, par définition, accessible publiquement.

Le renseignement de source humaine (overt HUMINT) est parfois considéré comme une partie de l'OSINT. Le renseignement à source humaine est l'utilisation de sources d'information humaines non clandestines. Par exemple, l'interrogation de réfugiés, le debriefing de travailleurs légaux, et les rapports publics d'agents comme les attachés et les ambassadeurs.

Les guides de définition actuels du renseignement en sources ouvertes sont :

  • NATO Open Source Intelligence Handbook,
  • NATO Open Source Intelligence Reader,
  • NATO Intelligence Exploitation of the Internet guide.

Une histoire de l'OSINT aux époques récentes est contenue dans les 30 volumes des délibérations de la conférence annuelle OSINT sponsorisée par OSS.Net.

Un maillon essentiel du renseignement économique[modifier | modifier le code]

  • Pourquoi le renseignement des sources ouvertes est un maillon essentiel du renseignement économique?

Selon la Commission sur les capacités du renseignement des États-Unis concernant le rapport sur les armes de destruction massives publié en mars 2005, OSINT doit être inclus dans le processus de renseignement pour les raisons suivantes (comme indiqué dans le rapport) :

La nature toujours changeante de nos besoins de renseignement force la communauté du renseignement à comprendre rapidement et facilement une large gamme de pays et de culture étrangers. - … Les menaces contemporaines changent rapidement et se diffusent géographiquement ; c'est un fait qu'un analyste des services de renseignement peut être forcé de changer rapidement d'un sujet à un autre. De plus en plus, les professionnels de la communauté du renseignement ont besoin d'assimiler rapidement des informations sociales, économiques, et culturelles sur un pays, information souvent détaillée dans des sources ouvertes.

L'information de source ouverte fournit une base de compréhension complémentaire à celle des informations classifiées. En dépit d'une grande quantité d'informations classifiées produite par la communauté du renseignement, la quantité d'information classifiée produite sur quelque sujet que ce soit peut être tout-à-fait limitée, et peut être comprise en dehors de son contexte, si elle est vue seulement dans une perspective de source classifiée. Peut-être l'exemple le plus important aujourd'hui se rapporte au terrorisme, où l'information de source ouverte peut remplir des manques et créer des liens qui permettent aux analystes de mieux comprendre un renseignement fragmentée, des rumeurs de plans terroristes, des moyens possibles d'attaque, et des cibles potentielles.

Les informations de source ouverte peuvent protéger des sources et des méthodes. Quelquefois un jugement d'intelligence qui s'est formé par de l'information sensible et classifiée peut être défendu sur la base de rapports de source ouverte. Ceci peut s'avérer utile lorsque les responsables des procédures ont besoin d'expliquer les décisions des procédures ou de communiquer avec des officiels étrangers sans compromettre les sources classifiées.

Seules les sources ouvertes peuvent « enregistrer l'histoire ». Un programme robuste de source ouverte peut, en effet, rassembler des données pour contrôler les cultures du monde et leur évolution dans le temps. Ceci est difficile, si ce n'est impossible, en utilisant les « snapshots » fournis par les méthodes de recueil classifiées (The Commission on the Intelligence Capabilities, 378-379).

La Commission Nationale des États-Unis sur les Attaques Terroristes a publié un rapport en juillet 2004 recommandant la création d'une agence de renseignement portant sur des sources ouvertes, mais sans autre détail ou commentaire. En conséquence, Le rapport de la WMD Commission (connue aussi sous le nom de Robb-Silberman Commission) en mars 2005 recommanda la création d'une direction des sources ouvertes à la CIA.

En décembre 2005, le Directeur du Renseignement National (National Intelligence en anglais) a nommé Eliot A. Jardines comme assistant du Directeur adjoint du Renseignement National pour les sources ouvertes, pour servir en tant que directeur de la communauté du renseignement pour les sources ouvertes, et pour définir la stratégie, les orientations et la vision d'ensemble pour les activités de source ouverte de la communauté. En novembre 2005, le Directeur de l'Intelligence Nationale (DNI) annonça la création d'un Centre des sources ouvertes (Open Source Center, OSC).[1] Les fonctions de l'OSC’s incluent le recueil, l'analyse et la recherche, et la formation pour faciliter l'accès à l'échelle du gouvernement et l'utilisation d'informations de source ouverte. L'OSC se fonde sur l'expertise du Foreign Broadcast Information Service (FBIS) de la CIA, qui a fourni au gouvernement américain un large éventail de produits et de services de source ouverte depuis 1941 (incluant le contenu des media mondiaux disponible au public à travers World News Connection). The top, l'unité opérationnelle OSINT de plus haut niveau dans l'armée américaine selon certains est la branche d'intelligence de source ouverte du Special Operations Command Joint Intelligence Center (SOCJIC).

Beaucoup d'autres nations maintiennent des unités opérationnelles de renseignement en sources ouvertes, par exemple l' Office of National Assessments (ONA) australien, le BBC Monitoring Service (BBCM) du Royaume Uni, et le Swiss Army GeneralStab. Les tâches de recueil et d'analyse sont allouées de différentes manières par plusieurs agences : par exemple, l'ONA est responsable de l'analyse et est une agence de renseignement du gouvernement australien, alors que le BBCM est une organisation civile financée par le governement qui ne s'occupe que du recueil et de l'agrégation de sources nouvelles, et qui emploie des journalistes civils.

Dans un discours au Council on Foreign Relations en février 2006, le secrétaire de la Défense Donald Rumsfeld semble avoir reconnu l'importance des media ouverts comme une composante de la sécurité nationale dans l'âge de l'information.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]