Agent dormant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Dans le domaine du renseignement, un agent dormant, dit aussi « en sommeil », est un agent provisoirement et délibérément inactif. Cet état vise généralement à contrer les mesures de détection adverses (contre-espionnage).

Description[modifier | modifier le code]

L'inactivité s'instaure habituellement par l'arrêt des communications entre l'agent dormant et son organisation, et l'arrêt par l'agent de toutes activités illégales ou suspectes.

L'agent dormant pose une difficulté sérieuse pour les services de contre-espionnage, puisqu'il peut difficilement être détecté par la surveillance de ses activités, qui ne le distinguent pas d'un individu ordinaire.

La mise en inactivité est réalisée par exemple :

  • afin de renforcer la couverture d'un agent qui procède à une infiltration ;
  • afin de renforcer la sécurité d'un agent déjà infiltré, suite à l'apparition de risques critiques.

Classiquement, les agents dormants sont recrutés avant leur infiltration. Ils sont alors spécialement formés par leur organisation,dans des domaines très divers mais notamment sur la pratique de la langue du pays infiltré. Ils sont laissés en sommeil, durant des mois ou des années, avant d'être « réveillés », soit par reprise de contact par un autre agent ou encore par le biais d'un code secret pré-établi.

Si l'infiltration a été particulièrement réussie, l'agent est parvenu à des fonctions ou des emplacements particulièrement utiles pour la puissance qui contrôle cet agent. Il peut aussi avoir préparé des lieux de refuges ou des lieux médicalisés pour d'autres membres de son organisation ; avoir collecté des fonds en liquide ou encore préparé une cache d'armes...

Cette taupe peut être « réveillée » à tout moment, en fonction des besoins stratégiques de cette puissance, généralement uniquement dans des cas où le risque de révéler l'emplacement de l'agent dormant est largement compensé par l'intérêt des informations à obtenir.

Exemples[modifier | modifier le code]

Groupe de Cambridge[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre froide, les services secrets de l'URSS ont réussi l'infiltration d'espions dormants qui se sont révélés des taupes particulièrement efficaces, comme les cinq agents de Cambridge (Burgess, Maclean, Philby, Blunt et Cairncross) dont le KGB s'était assuré les services : Maclean entra sur ordre au Foreign Office en 1935, Cairncross en 1937 ; Anthony Blunt fut un proche du roi George VI.

Stay-behind[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la guerre froide, les cellules stay-behind étaient des réseaux clandestins reliés à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. Ces réseaux comprenaient de nombreux agents dormants, fidèles à la nation dans laquelle ils résidaient : ces individus n'étaient pas des défecteurs (traître). Ils auraient été réactivés, en cas d'invasion de leur pays par l'URSS. En France par exemple, ces cellules furent composées principalement d'anciens résistants non-communistes.

Terrorisme[modifier | modifier le code]

Dans la guerre contre le terrorisme, le concept d'agent dormant a été étendu aux individus soupçonnés de préparer des actes de terrorisme. Ces suspects sont traités de manière similaire aux agents étrangers, par les services de contre-espionnage et de sécurité intérieure.

Voir aussi[modifier | modifier le code]