Philibert Vrau

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Philibert Vrau

Philibert Vrau (1829-1905) était industriel lillois et une personnalité marquante du catholicisme social.

Un grand patron social[modifier | modifier le code]

Il hérita de la fabrique de fils à coudre en lin créée en 1816 par son père François-Philibert Vrau. Il développa considérablement la marque « Le Fil au Chinois » déposée par son père. Vers 1875, avec 1100 ouvriers employés, les établissements avaient pris une place considérable dans l'industrie textile lilloise.

Philibert Vrau avait la volonté de développer au mieux sa société, afin qu'elle dégage d'importantes ressources lui permettant de financer des œuvres sociales et chrétiennes. Il pratiqua une politique de prix fermes, alors que la concurrence appliquait des prix bas de manière désordonnée. Dans le même temps, il pratiquait des primes en fin d'année pour fidéliser les grossistes et assurer la promotion de ses produits auprès des merceries de détail. Les ventes annuelles passèrent ainsi de 282 000 boîtes de 48 pelotes en 1864, à 1 950 000 boîtes en 1875. La production était en partie exportée vers l'Allemagne et le Nord de l'Europe.

Au sein de son entreprise, Philibert Vrau se comportait en grand patron moderne, développant une politique sociale dans son usine qui resta longtemps un modèle :

  • plus de travail de nuit pour les femmes,
  • journée de dix heures,
  • repos dominical,
  • sociétés de logements ouvriers,
  • écoles pour les enfants,
  • caisses de chômage et de retraite…

À une époque où la sécurité sociale et les comités d'entreprise n'existent pas, l'entreprise apportait une aide financière aux ouvriers en cas de maladies, retraites, mariages, et les assiste dans les "coups durs".

Un catholique militant[modifier | modifier le code]

Après sa conversion au catholicisme en 1854, il choisit de rester célibataire et fonda à Lille en 1857 une organisation de prière dédiée à l'adoration du Saint-Sacrement. Sur la suggestion d’Émilie Tamisier, Vrau organisa en 1881 à Lille le premier congrès eucharistique mondial.

Vice-président de 1872 à 1886, puis président de 1886 à sa mort, du conseil régional des Conférences saint Vincent de Paul, Philibert Vrau créa et finança un grand nombre d’œuvres catholiques : patronages, cercles catholiques d’ouvriers, congrès catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, Université catholique de Lille, l'École des Hautes Études Industrielles, Institut catholique d'arts et métiers, écoles primaires paroissiales, œuvre des nouvelles églises de Lille, presse chrétienne...

À propos de la fondation de l'université catholique de Lille, le cardinal Régnier, archevêque de Cambrai, eut ce trait d'humour : « L’existence de notre université ne tient encore qu’à un fil, mais ce fil est solide, c’est le fil Vrau ».

En 1909, le diocèse de Lille décida la fondation d'une nouvelle paroisse pour desservir tout le faubourg de Douai et une partie du faubourg d'Arras. L'édifice fut dédié à saint Philibert en hommage à Philibert Vrau. En 1933 une clinique lui fut également dédiée.

Un procès en béatification[modifier | modifier le code]

Le procès en béatification de Philibert Vrau a été ouvert en 1912, sept ans après sa mort, par l’archevêque de Cambrai. La cause du procès est double puisqu'elle concerne également son beau-frère Camille Féron-Vrau.

La première étape, dite « procès diocésain », a connu une conclusion favorable avec la signature du pape Pie XI en février 1930.

Arrêté pendant la Seconde Guerre mondiale, le procès ne reprit pas après la guerre : dans un contexte de très fortes tensions sociales dans la région Nord, il fut reporté sine die à la suite d'une décision du Cardinal Achille Liénart en 1950.

Le procès a été relancé par Mgr Gérard Defois, évêque de Lille. En cas d'issue favorable, Philibert Vrau serait le premier chef d'entreprise porté sur les autels.

Un site internet dédié[modifier | modifier le code]

Plus d'information sur l'histoire et les œuvres de Philibert Vrau, « The Holy Saint of Lille », comme l'appellent les Américains ou les Allemands, sur le site philibert-vrau.com.