Performance

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Le terme de « performance » est souvent utilisé comme anglicisme sémantique. En français de France, l'usage du mot implique l’idée de résultat, de réalisation, de finalisation d’un produit, alors qu'en anglais le terme se réfère au comportement, à la tenue d'un produit ou d'une personne face à une situation donnée. On remarque d'ailleurs que le français calque les concepts anglais utilisant le nom (« performance environnementale » au lieu de « comportement environnemental » par exemple), mais non le verbe anglais (les acteurs ne « performent » pas un rôle, ils le « jouent »). Toutefois, le mot français « performance » existe aussi et dérive du latin performare, avant d’être attesté en anglo-normand, et ensuite en ancien et moyen français[1]. Le terme de parformance (au XVIe siècle) est lui-même dérivé du vieux français parfourmir, ou parfournir, parfourmer ou parformer (au début du XIIIe siècle) qui signifie accomplir, exécuter, achever.

  • En entreprise, la performance est la combinaison de systèmes connexes, elle résulte de la vertueuse articulation entre le système de gouvernance, celui de la production, celui de la vente et, celui de la stratégie prospective. Selon Guy Sallat[2] ces systèmes de force sont d'une efficacité proportionnelle à leur adaptabilité et à leur propension à faire bloc entre eux.
  • Équitation : Au XIXe siècle, le terme est utilisé dans les haras anglais pour désigner - chez un cheval - sa manière de courir, de se comporter pendant la course[3].
  • Résultat obtenu
    • En compétition sportive, la performance désigne le résultat chiffré obtenu par un athlète (une performance de 20 s au 200 m par exemple).
    • Dans l'exécution d'une tâche. La performance dans le domaine de la gestion, décrit le résultat ultime produit par l’ensemble des efforts d’une entreprise ou d’une organisation.
    • Dans le cadre d'une démarche d'évaluation, l'analyse de la performance vérifie que l'organisation analysée réalise de façon effective et pertinente (les bonnes choses), de façon efficiente (rapidement, au bon moment, au moindre coût) pour produire les résultats fixés ou attendus et - in fine - répondre aux besoins et aux attentes des clients de l'organisation (voire plus généralement de l'ensemble des « parties prenantes »).
    • Dans le domaine de l'économie, la « performance économique » est un concept protéiforme qui est appliqué à une entreprise, un secteur économique, un pays... et qui invoque (sans exhaustivité) par exemple la compétitivité, l'efficience énergétique, l'économie de ressources à services identiques ou par rapport à un objectif, le nombre d'emplois créés, ou encore le produit intérieur brut, ou le chiffre d'affaires.
    • En génie chimique, la performance est appelée aussi cible de production.
    • Au pluriel, les performances énoncent les indications chiffrées mesurant les possibilités maximales ou optimales d'un matériel ou d'un procédé technique.
  • Réussite remarquable, exploit : Sens hérité du vieux français où « parformer » signifie et souligne la notion d'« accomplir »[4].
  • En art, la performance désigne un mode d’expression contemporain qui consiste à produire des gestes, des actes, au cours d’un événement dont le déroulement temporel constitue l’œuvre, et qui contient souvent une part d’improvisation. La performance est souvent associée à l'idée d'une forme d'expression originale qui change à chaque présentation en fonction du contexte de création (et qui dans l'idéal de Peggy Phelan ne devrait avoir lieu qu'une seule et unique fois[5], dont le processus et le résultat qu'elle produit peuvent être enregistrés, filmés, et reproduits. La performance fut inventée pour couvrir des pratiques qui résistaient à toute catégorisation, en rendant compte d’une variété de manifestations in between qui n’incluent ni n’excluent l’idée de représentation, en réaction de laquelle l’art performance s’est particulièrement manifesté, et avec laquelle elle entretient des rapports controversés.
  • En linguistique générative, la performance correspond à la mise en œuvre par les locuteurs d'une langue de la compétence linguistique dans la production et la réception d'énoncés concrets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Oxford English Dictionary, second edition, volume XI, Clarendon Press, Oxford, 1989.
  2. Sallat Guy, Décider en stratège: la voie de la performance., Paris, L'Harmattan,‎ 2013, 235 p. (ISBN 978-2-343-01682-5, lire en ligne), p. 7.1. La stratégie comme outil dual de performance La stratégie est donc un corps de principes d’application civile ou militaire dont la mise en œuvre ne garantit pas la victoire mais qui permet de mieux maitriser les risques opérationnels par l’adaptation et l’anticipation. Deux fois millénaire, la stratégie militaire est très diverse et polymorphe. Cependant, elle est fréquemment réduite à quelques auteurs dont Sun Tzu et Clausewitz quand elle est utilisée en sciences de gestion. Nous essaierons d’élargir ce champ de références. La pensée de Sun Tzu a ceci d’opérationnel qu’elle est composée de maximes et d’exemples assez explicites. Ils ont traversé les âges sans prendre une ride et leur modernité atteste en quelque sorte de leur universalité. Mao s’inspirera de ces principes pour assurer la conquête communiste ; Liddell Hart fondera sur eux, en 1962, sa doctrine de l’approche indirecte qui donne la primauté à l’action indirecte dans la stratégie. Ce concept défend l’idée qu’il ne faut combattre frontalement que lorsque tous les autres moyens possibles de résolution de l’adversité ont été épuisés. Elle s’adapte bien à la compréhension des comportements concurrentiels où l’objectif n’est pas la destruction de l’adversaire mais sa soumission ou sa conquête pour en exploiter les ressources. L’approche de Sun Tzu est donc, en quelque sorte, celle d’un pionnier de l’outsourcing. L’Occident n’est pas en reste : dès l’Antiquité les Grecs créent le vocable de stratégie. De nombreux penseurs tentent de dégager des principes généraux de l’étude des grandes batailles ou des conquêtes. Thucydide relate la guerre du Péloponnèse, Xénophon, la retraite des dix mille et Polybe, la bataille de Cannes. Les Romains veulent laisser une trace de leurs conquêtes. César fait graver ses Commentaires sur la conquête de la Gaule et de la Germanie, Salluste et Flavius Joseph retraceront aussi leurs exploits militaires mais leur volonté est plus celle de laisser la trace de leurs exploits que d’en retirer des facteurs de succès. C’est leur contemporain Végèce qui les conceptualisera. Pour lui, la réussite des armées romaines tient à : - L’expérience des soldats ; - L’organisation en corps autonomes ; - L’entraînement et la discipline des troupes. Si on modernise ces locutions, on retrouve les principes fondateurs de la gestion des systèmes : - La compétence ; - La séparation businesss unit et executive ; - La maîtrise des process. Cet effet miroir consacre l’aspect dual de la stratégie.
  3. Littré, Collect 10/18, 3ème édition, Paris 1984.
  4. Dictionnaire étymologique Larousse, Paris 1971.
  5. Phelan, Peggy : Unmarked the politics of performance, Routledge, London, USA, Canada, 1993.

Voir aussi[modifier | modifier le code]