Nkondjock

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Nkondjock
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Littoral
Département Nkam

Nkondjock est une ville du Cameroun située dans la province du Littoral et du département du Nkam, tout près de Dobian. C'est une zone très enclavée à cause du manque de routes et surtout d'industries. Durant la saison des pluies, cette ville est coupée de son chef-lieu de département Yabassi.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La carte topographique (Ndikiniméki 4c) qui couvre partiellement la région de l’Opération Yabassi-Bafang (projet de mise en valeur du territoire), ne comporte pas de courbes de niveau sur toute sa surface; en plus, certains documents[1], qui font l’état du milieu physique de la région, ne présentent le relief de façon sommaire. Ainsi la zone de l’Opération Yabassi -Bafang, située au sud des hauts plateaux de l'ouest, est délimitée au nord par la courbe 1000 m. Les altitudes varient entre 991 m en bordure du plateau de l'ouest, 550 m autour de Nkondjock, et 324 m vers Mandia; soit une altitude moyenne de 600 m. Le relief est très morcelé par des vallées étroites et taillées de petits sommets polyconvexes, où les pentes supérieures à 25% ne sont pas rares, surtout aux abords des hauts plateaux. Relief cependant moins accidenté par rapport aux hauts plateaux de l’ouest dont les altitudes cumulent parfois à 2000 m. Du fait de cette proximité, la région subit des influences climatiques de ces derniers.

Les sols de la zone de l'opération sont dans l'ensemble sablonneux, reposant pour la plupart sur du gneiss peu fertile et convenant à certaines cultures. Toutefois on y rencontre, de façon dispersée, des sols sur des roches éruptives récentes, se présentant sous forme de plateaux basaltiques (Sohock, Nkondjock, Ndockban).

Sur le plan géologique, le socle granito-gneissique affleure sur une grande partie de la région. Au cours de l'Histoire, ce socle a subi une tectonique cassante, ce qui explique les fractures. Le réseau hydrographique emprunte par secteur ces failles.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La région est limitée à l'est par le fleuve Makombé et à l'ouest par le Nkam.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat se caractérise par une chaleur constante (27° C), une humidité élevée et plus de 9 mois pluvieux par an. Ceci permet un large éventail de cultures sous pluie. Le calendrier agricole peut s'étaler sur toute l'année permettant aux immigrants d'adapter certaines de leurs cultures d’origine, sans tenir compte des exigences des sols.

Sous la végétation dense et continue de la forêt règne une faune abondante. De par leur nature et leur taille, on y rencontre des oiseaux divers, des rongeurs de toutes sortes, des reptiles et surtout plusieurs espèces de singes.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1963, la région de Nkondjock est totalement enclavée car aucune route ne la traverse. Il est décidé de créer une route reliant Yabassi à Bafang, et d'échelonner les zones de repeuplement le long de cette voie. En 1965, les travaux routiers commencent, puis suit l'installation de pionniers en 1966. En mettant en exécution ce projet, l'objectif du gouvernement est double :

  • Résoudre ne serait-ce que partiellement le problème aigu de la surpopulation du pays bamiléké en installant des agriculteurs provenant de cette région dans le département sous-peuplé du Nkam immédiatement voisin.
  • Entreprendre, grâce à cette colonisation rurale, le développement du département du Nkam, qui est depuis 50 ans économiquement en voie de régression

Toponyme[modifier | modifier le code]

De par la faune abondante présente sur le site, la traduction du nom « Nkondjock » est significative à plus d'un titre : « village des éléphants ». D'autres noms de la région font aussi référence aux animaux, tel « Nkongmalang » qui signifie « village des caméléons ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Les populations autochtones de Nkondjock sont : dibom- Tongo - Bakwa - Mbiam - Moya - Mbang - Bandem.

Un récit situe l'origine des Mbang dans la région de Yabassi. Kom Ndik serait l'ancêtre de 5 descendants : Mbang l'aîné, Yabassi, Ndogpenda, Yangom et Yabo.

Démographie[modifier | modifier le code]

Le nord du Nkam, qui est le principal foyer de peuplement de la région, n'a qu'une population clairsemée. Ainsi, pour la région de Nkondjock, le recensement de 1966/1967 dénombre 4 164 habitants pour les Diboms[2], soit une densité de 2,4 habitants/km2;5,7 pour l'ensemble du département du Nkam, densité somme toute faible au regard de la densité moyenne du Cameroun en 1970 (12,2 habitants/km2).

Les études réalisées[réf. nécessaire] dans le cadre du projet de colonisation de la région de Nkondjock fournissent aussi des densités faibles sur les M'bang (03 hab/km²). Le gouvernement a donc inscrit dans l'ordre de ses préoccupations d'organiser autant que faire se peut l'émigration bamiléké[réf. nécessaire] vers une zone sous-peuplée proche des zones de départ et dans laquelle les risques de friction avec les populations autochtones sont faibles. Ainsi les immigrants bamiléké désireux de s’installer dans la zone de l'Opération ont moins d'une centaine de kilomètres à franchir. C’est cette proximité qui explique à priori l'imposant effectif des Bamiléké dans la région. Dans ce transfert de population de l'ouest vers le Nkam, la distance n'est pas un obstacle d'envergure.

Population[modifier | modifier le code]

Pour faire aboutir l'implantation humaine, le gouvernement a obligé les gardes civiques chargés de la pacification de la région à y rester. Ces gardes civiques au nombre de 17, tous en tenue et possédant des armes à feu, doivent d'abord assurer une zone tampon entre l'Opération et le département du Ndé, où sévit encore la guérilla. Ces derniers, avec l'arrivée de 72 autres personnes, se convertissent à l'agriculture et créent les premiers villages (N'jingang et Ngoman) en janvier 1966. En 1970, on compte 1 155 recrues dans 11 villages.

Pour encourager l’immigration et encadrer les populations, une société de développement est créée par le gouvernement camerounais. Ainsi, les pionniers qui débarquent dans la région ne sont pas des laissés-pour comptes.

Politique[modifier | modifier le code]

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

Mise en valeur du territoire[modifier | modifier le code]

Pour un projet de mise en valeur régionale comme l'Opération Yabassi-Bafang, un organisme de financement et de gestion a été crée. Dans le cas précis de la région de Nkondjock, deux phases de gestion sont à distinguer :

  • La première phase, qui va de 1964 à 1969, correspond à l'ouverture de l'axe routier Yabassi-Bafang, à l'installation des pionniers à partir de 1966 et enfin l'élaboration du projet de factibilité[Quoi ?] de l'opération, qui a abouti à une structure de gestion : la Scet-coop, organisme français chargé d'encadrer les pionniers sous la tutelle du ministère du plan. La gestion est assurée par cette dernière et le financement est supporté conjointement par l’État camerounais et le Fonds d'Aide et de Coopération (FAC). À la fin de l'année 1969, la part des dépenses du FAC s'élève à 492,5 millions de francs CFA et celles du Cameroun à 1085, soit en tout 1589,5 millions de francs CFA.
  • Pendant la seconde phase, commencée en 1970, la gestion est assurée par la Sodenkam et le financement supporté entièrement par le Cameroun.

La Sodenkam est créée par décret N° 70/0F/524 du 27 octobre 1970. Mais elle est gérée selon la loi 68/LF/69 du 11 juin 1968 portant création des sociétés de développement. Elle doit poursuivre et prolonger le rôle de la Scet-coop, c'est-à-dire la mise en valeur des terres de la région de Nkondjock. Ceci doit se faire par le recrutement, l’installation et l'encadrement des immigrants. Ainsi les pionniers, dès leur arrivée, bénéficient de nombreux avantages dans divers domaines : sur le plan alimentaire, le pionnier reçoit une prime alimentaire attribuée par le Programme alimentaire mondial, en attendant que sa plantation produise. Cette prime s’échelonne sur trois ans et comprend mensuellement 5,6 kg de riz600g de sucre, 6 kg de lait et de boîtes de conserve carnée « corned-beef ». Il faut ajouter à cette prime d'encouragement une somme de 3 000 francs CFA  versée mensuellement dès la première année, et qui se réduit à 15 000 francs CFA dès la troisième année. La Sodenkam leur procure également le petit matériel agricole (machette, houe, daba, trident, pioche, pulvérisateur, etc). Le pionnier est exempt du paiement de l’impôt pendant 5 ans à partir de la date de l’installation.

Les terres distribuées aux colons font parties du patrimoine national. Par le décret loi n°63-2 du 9 janvier 1963 fixant le régime foncier et domaniale, ce patrimoine est constitué de toutes les terres qui ne sont propriétés ni des individus, ni des collectivités. Dès lors, ces terres sont gérées par l’État qui les distribue aux citoyens désireux et capables de les mettre en valeur. Ainsi le  pionnier de la région de  Nkondjock reçoit un lot de 1000 m² dans le village pour son habitat et des champs de 6 à 8 hectares.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les possibilités culturales sont diverses au regard de la variété des sols et de l'étendue de la zone. Ainsi peut-on y pratiquer la culture de tubercules exigeantes (macabo, taro), des bananiers plantains, d'arbres fruitiers et de quelques céréales (maïs, haricot).

La végétation dominante est la forêt dense : elle couvre pratiquement toute la région de Nkondjock et contient plusieurs essences d'arbres. Ce bois est important dans la construction, comme dans la menuiserie et l'ébénisterie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Opération Yabassi-Bafang : requête présentée au PNUD, janvier 1968
  2. Les Diboms et le Mbang sont les principales tribus autochtones de la région de Nkondjock ; in ORSTOM, Dictionnaire des villages du Nkam,Yaoundé, 1970

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.C Barbier : Opération de développement et Histoire des Populations