Minna Canth

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Minna Canth

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Portrait par Kaarlo Vuori.

Nom de naissance Ulrika Wilhelmina Johnsson
Activités écrivain
Naissance 19 mars 1844
Tampere, Finlande
Décès 12 mai 1897
Kuopio
Langue d'écriture finnois

Minna Canth (née Ulrika Wilhelmina Johnsson, Tampere, 19 mars 1844-Kuopio, 12 mai 1897) fut une féministe et femme de lettres finlandaise[1],[h 1] .

Biographie[modifier | modifier le code]

Photo de Minna Canth

Son père Gustaf Vilhelm Johnson[h 1] (noté aussi Johnsson) travaille dans l’usine de coton Finlayson de Tampere. Comme sa femme Lovisa Ulrika, ancienne femme de ménage, il est issu d'une famille pauvre[2] Durant la jeunesse de Mina la famille habite un quartier pauvre de Tampere.

Kuopio[modifier | modifier le code]

La situation économique de la famille s'améliore et en 1853 la famille s'installe à Kuopio, où le père Gustaf Vilhelm tient une boutique de tissus[m 1]. Minna montre de grandes capacités intellectuelles dès son plus jeune âge. A Kuopio Minna Canth entre à l'école municipale des travailleurs pour jeunes filles créée par Johan Vilhelm Snellman. On parle de l’école de Lancaster car on y met en oeuvre une méthode pédagogique développée par Bell-Lancaster. La caractéristique la plus remarquable de l'approche pédagogique est que les élèves encadrent les plus jeunes[m 2] Minna entre alors avec Aleksandra, Augusta et Edla Soldan à l'école de langue suédoise[3]. Plus tard Edla sera son enseignante à l'institut de formation des maîtres de Jyväskylä[3]. Après avoir passé trois ans[3] dans cette école de fille, Minna continue à l'école nationale de filles où elle n'aurait pas dû pouvoir aller à cause de ses origines modestes. Mais la réussite économique de son père le lui permettra[3]. Gustaf aurait aimé aussi que son fils Gustin, suive la même voie mais ce dernier n'était pas intéressé par les études[m 3].

À l'époque les possibilités scolaires ouvertes aux jeunes filles sont limitées, à la différence des garçons, ce qui déplait à Minna[m 2]. Même dans les écoles les filles des riches sont préservés de trop de savoir et la moitié du temps est réservé aux travaux manuels[m 3]. On pense que les femmes ne peuvent supporter de trop longues journées d’école ou de trop fortes exigences, mais qu'elles risquent de tomber malade du fait d'une trop grande fragilité nerveuse [m 3]. Minna atteint alors l'âge auquel les prétendants commencent à s'approcher de la famille. Elle préfère pourtant au mariage une vie de femme indépendante. Son entrée à l'institut de formation des maîtres de Hän haikaili avioliiton sijaan kuitenkin itsenäisen naisen uraa ouvert en 1863 lui permet de vivre sans se marier[m 3]. Pour la première fois en Finlande l'institut offre la possibilité aux femmes d'étudier autre chose que le métier de sage-femme[4].

Jyväskylä[modifier | modifier le code]

Minna et J. F. Canth à Jyväskylä .

Le père de Minna a tenté de préparer sa fille à un mariage dans le milieu de la bourgeoisie [m 3] Alors que l'école des filles prépare des jeunes filles civilisées en leur enseignant la langue française et les bonnes manières. Malgré l'opposition de ses parents, Minna souhaite continuer ses études. Elle décide de partir de Jyväskylä, même en secret si ses parents ne le lui permettent pas. Elle en obtiendra cependant l'autorisation[m 3].

À l’automne 1863, Minna Johnsson entre à l'institut de formation des maîtres de Jyväskylä qui forme les maîtres d’écoles primaires[5] Elle ne deviendra pas maîtresse d’école car elle interrompt ses études à l'automne 1865 pour épouser son professeur d'histoire naturelle Johan Ferdinand Canth[5]. Le couple s’installe à Jyväskylä où ils auront sept enfants : Anni (1866–1911), Elli (1868–1944), Hanna (1870–1889), Maiju (1872–1943), Jussi (1874–1929), Pekka (1876–1959) et Lyyli (1880–1969)[2]. Minna Canth agit dans le domaine caritatif, écrit anonymement ou sous un pseudonyme pour les journaux Keski-Suomi et Päijänne, des nouvelles et des articles affichant prises de positions sociales en particulier à propos d'articles sur l'éducation des filles, la tempérance et la condition féminine[4]. Son premier livre Novelleja ja kertomuksia (1878), est le début d'une longue carrière d'écrivain[4].

1879 est l'année d'un changement significatif dans sa vie marquée par le décès de son mari juste avant la naissance de leur septième enfant[5]. Il s'ensuit une période difficile physiquement et mentalement pour Minna. Quelques mois plus tard, elle termine le texte de sa pièce de théâtre Murtovarkaus (Vol avec effraction) qu’elle fait parvenir à Kaarlo Bergbom, le directeur du Théâtre national de Finlande en visite à Jyväskylä[4]. Kaarlo Bergbom accepte sa pièce immédiatement. Murtovarkaus recevra aussi le prix de la Suomalaisen Kirjallisuuden Seura.

Retour à Kuopio[modifier | modifier le code]

Devenue veuve avec sept enfants, Minna Canth décida de déménager pour Kuopio et d'y remettre sur pied la mercerie de son père, tout en continuant à écrire pièces, articles et nouvelles. La création de son drame Työmiehen vaimo.(La femme de l'ouvrier) en 1885 suscita l'indignation des pasteurs et de la frange conservatrice. Elle y accusait l'iniquité des lois envers les femmes et les tsiganes, l'hypocrisie de la religion, la "double morale" et l'alcoolisme. On retrouve dans cette œuvre l'influence de Taine, de Spencer, de Stuart Mill, de Brandes, de Bjørnstjerne Bjørnson et d' Ibsen. Ses idées allant à l'encontre de celles qui dominaient en son temps, lui valurent de nombreux ennemis. Mais faisant montre d'un courage à toute épreuve, elle n'abandonna pas la lutte, prenant parti également, dans ses nouvelles et dans ses pièces, pour les pauvres et le prolétariat exploité et dénonçant les conditions de vie intolérables dans les prisons et les asiles d'aliénés. Elle poursuivit aussi son œuvre pédagogique en publiant des articles de vulgarisation scientifique. À partir des années 1890, influencée par Tolstoï, elle affina son style et écrivit son premier vrai drame psychologique, La famille du pasteur, puis Sylvi, écrite en suédois, où se fait ressentir l'influence d'Ibsen, et enfin, Anna Liisa, son œuvre artistiquement la plus aboutie au sujet toujours actuel: le déni de grossesse et l'infanticide.

Le salon de Minna[modifier | modifier le code]

A Kuopio Minna rassemble des personnes intéressées par la littérature dans le Salon de Minna[6] où se rencontreront de nombreuses personnalités qui deviendront des écrivains connus et influents[7].

Canth et Juhani Aho, Uusi Kuvalehti.

Minna Canth mourut d'une crise cardiaque le 12 mai 1897, à l'âge de 53 ans.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses nouvelles et ses pièces sont étudiées dans les lycées finlandais et cinq statues honorent aujourd'hui sa mémoire :

Depuis 2007, le 19 mars, jour de sa naissance, est le jour de l'égalité en Finlande.

Œuvres[modifier | modifier le code]

traduites en français[modifier | modifier le code]

  • (fr) Hanna : Et autres récits, Editions Zoé, coll. « Les classiques du monde »,‎ 19 août 2012, 414 p. (ISBN 978-2881828744)

Hors recueil[modifier | modifier le code]

  • (fi) Työmiehen vaimo, Porvoo, WSOY,‎ 1885
  • (fi) Sylvi, Helsinki, Otava,‎ 1893
  • (fi) Spiritistinen istunto, Telén,‎ 1894
  • (fi) Salakari, Helsinki, Edlund,‎ 1887
  • (fi) Roinilan talossa, Porvoo, WSOY,‎ 1885
  • (fi) Papin perhe, Helsinki, Otava,‎ 1891
  • (fi) Murtovarkaus, Porvoo, WSOY,‎ 1883
  • (fi) Köyhää kansaa, Helsinki, Edlund,‎ 1886
  • (fi) Kovan onnen lapsia, Helsinki, Edlund,‎ 1888
  • (fi) Kotoa pois, Helsinki, Otava,‎ 1895
  • (fi) Hän on Sysmästä, Porvoo, WSOY,‎ 1893
  • (fi) Hanna, Helsinki, Edlund,‎ 1886
  • (fi) Anna Liisa, Porvoo, WSOY,‎ 1895
  • (fi) Agnes, Helsinki, Otava,‎ 1911

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • (fi) Laulaja ja muita novelleja, WSOY,‎ 1998
  • (fi) Novelleja 1, Otava,‎ 1892
  • (fi) Novelleja 2, Otava,‎ 1892
  • (fi) Novelleja ja kertomuksia 1, Weilin&Göös,‎ 1878
  • (fi) Suomalainen näyttämö: 18 13/10 72 - 18 13/10 97, KS,‎ 1897
  • (fi) Valitut teokset, Otava,‎ 1957
  • (fi) Valitut teokset, Ex libris,‎ 1971
  • (fi) Kootut teokset I, Otava,‎ 1917
  • (fi) Kootut teokset II, Otava,‎ 1919
  • (fi) Kootut teokset III, Otava,‎ 1920
  • (fi) Kootut teokset IV, Otava,‎ 1920
  • (fi) Köyhää kansaa, Karisto,‎ 1983

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

Toward equality: proceedings of the American and Finnish Workshop on Minna Canth, June 19 - 20, 1985, Kupio / Hrsg.: Sinkkonen, Sirkka. Kuopio: Yliop., 1986. ISBN 951-780-823-2

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Lien interne[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fi) Canth, Minna, Kirjeitä vuosilta 1860–1897, Otava,‎ 1944
  • (fi) Huhtala, Liisi (toim.), Monisärmäinen Minna Canth, Snellman-instituutti (ISBN 951-842-190-0)
  1. a et b Huhtala 1998.
  • (fi) Kuopiosta Suomeen – Kirjallisuutemme aatesisältöä 1880-luvulla, Snellman-instituutin julkaisuja 2, Snellman-instituutti,‎ 1985, 56, 67–78 p. (ISBN 951-657-148-4)
  • (fi) Mäkinen, Kirsti & Uusi-Hallila, Tuula, Minna Canth: Taiteilija ja taistelija, Laatukirjasto, Helsinki, WSOY,‎ 2003 (ISBN 951-0-27673-1)
  1. Mäkinen & Uusi-Hallila 2003, p. 10, partie: Minna Canthin lapsuus Tampereella.
  2. a et b Mäkinen & Uusi-Hallila 2003, p. 15, partie: Nuoruusvuodet.
  3. a, b, c, d, e et f Mäkinen & Uusi-Hallila 2003, p. 16, partie: Nuoruusvuodet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fi) Tellervo Krogerus, « Canth, Minna », Biografiakeskus, Suomalaisen Kirjallisuuden Seura,‎ 16 septembre 1997 (consulté le 13 mars 2013)
  2. a et b (fi) « Elämäkerta: Perhe, Minna Canth 1844-1897 », Ville de Kuopio (consulté le 12 mars 2013)
  3. a, b, c et d (fi) « Elämäkerta: Kauppiaan tyttären koulut, Minna Canth 1844-1897 », Ville de Kuopio (consulté le 12 mars 2013)
  4. a, b, c et d (fi) « Elämäkerta: Minna Canthin monet roolit Jyväskylässä, Minna Canth 1844-1897 », Ville de Kuopio (consulté le 13 mars 2013)
  5. a, b et c Lasse Koskela: Suomalaisia kirjailijoita Jöns Buddesta Hannu Ahoon, s. 40–42. Tammi 1990.
  6. (fi) « Minnan salonki, Minna Canth 1844-1897 », Ville de Kuopio (consulté le 13 mars 2013)
  7. (fi) Salminen, Anja, « Minna Canthin vieraita Kanttilassa, Kesäkuopiolainen p.5 », Ville de Kuopio,‎ 24 mai 2004 (consulté le 13 mars 2013)