Michael Thonet

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Michael Thonet


Michael Thonet est un ébéniste et industriel allemand-autrichien né le 2 juillet 1796 à Boppard en Allemagne, et mort le 3 mars 1871 à Vienne.

Il a mis au point un procédé pour courber le bois, et est un des premiers à avoir rationalisé la production pour l'orienter vers l'industrie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Michael Thonet crée en 1819 une petite entreprise de meubles. En parallèle, il expérimente des assemblages et des manières de courber le bois..

Repéré par le prince Clemens Metternich chancelier d’Autriche, qui devient son admirateur et protecteur il se rend grâce à lui en 1842 à Vienne, où il intéresse l'empereur à ses réalisations.

Chaises Thonet exposées au Wien museum Karlplatz

Il commence alors à travailler pour un fabricant de meubles à bon marché, dont il retiendra les méthodes de production à bas coût.

Employé par Clemens List, le principal ébéniste viennois (100 ouvriers), celui-ci le recommande à l'architecte anglais du prince de Liechenstein, et il se voit confier la réalisation du mobilier - chaise dites " volantes" et du parquet du palais Liechtenstein.

En 1851 il décide de créer une nouvelle entreprise, et y développe la chaise n°14 qu'il créé pour répondre à la commande d'Anna Daum café Daum qui rêve de "chaises pratiques, élégantes et peu encombrantes", dont elle portera le nom, et les commandes s’enchaînent alors très vite. Thonet décide de la produire en série: elle deviendra son premier modèle industriel et fera son succès.

En juillet 1851, Thonet présente une série de ses derniers meubles à l’exposition universelle de Londres, et il reçoit la médaille de Bronze, ce qui contribue à sa notoriété internationale. Devant l’affluence des commandes, il développe ses installations et achète sa première machine à vapeur. Une quarantaine d'employés travaillent dans l’entreprise quand il la transmet à ses cinq fils, dont un chimiste; il continuera en réalité à la diriger jusqu’à sa mort.

Les expositions internationales développent encore les marchés, et Thonet augmente la production. Pour cela, il déplace en juillet 1856 l’usine à Korischtan, en Moravie, région très riche en forêts de hêtres de la Forêt Noire et lui permet d'employer une main-d’œuvre moins chère. L’usine comporte 300 ouvriers et produit 200 meubles par jour.

La création de la chaise n°14 accroît encore la demande : il ouvre un deuxième site à Bistritz où il la fabrique en véritable série, conservant la qualité mais réduisant les coûts. La production se fait selon les principes de planification et rationalisation, et une forme de sous-traitance est même mise en place avec les paysans de la région.

L’augmentation de la production nécessite toujours plus de matière première, et Thonet achète alors tout un domaine forestier, à Nagy Ugrocz en Hongrie, à proximité duquel il fait construire une troisième usine spécialisée dans la coupe et le cintrage du bois.

À sa mort en 1871, son entreprise compte six usines en Europe qui alimentent un réseau commercial de 14 magasins de vente dans le monde dont le 15, boulevard Poissonnière à Paris, qui deviendra le siège de Thonet Frères France

Chaise n°14[modifier | modifier le code]

chaise Thonet n°14, 1859

La chaise ''n°14'' est un véritable best-seller et une « icône » du design mobilier industriel, avec des lignes simples et élégantes, qui aurait été vendue à plus de 50 millions d’exemplaires dans le monde de 1859 à 1910[1]. Elle continue de s’imposer aujourd’hui comme la chaise bistrot de référence, qui se monte, se démonte, se transporte facilement, avec un prix très abordable - elle coûtait paraît-il au XIXe siècle moins cher qu'une bouteille de vin - mais en 2011 tout est relatif à +/- 525 € la chaise neuve... On a fêté ses 150 ans en 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexander von Vegesack, Marie-Claire Mayer, Marc Bascou: L’Industrie Thonet. De la création artisanale à la production en série: le mobilier en bois courbé. = Les dossiers du Musée d’Orsay. Paris 1986

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classiques Phaidon du design, Phaidon,‎ 2007 [détail de l’édition], Vol. I

Liens externes[modifier | modifier le code]

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