Michael Casparek

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Michael Casparek est le nom d'un hongrois décéde en 1718 et suspecté de vampirisme par les autorités locales[1].

Au XVe siècle, les épidémies de peste sont l'occasion pour la population (surtout en Europe de l’Est) d'une véritable frénésie anti-vampire. En Moravie, l'évêque d'Olmütz, devant la multiplication des plaintes des villageois de la région, mit sur pied des commissions d'enquêtes[2]. Michael Casparek est le premier cas de vampirisme établi, et étudié dès l'année de sa mort, en 1718. Son cas fit en effet l'objet d'une enquête officielle, dans son village de Liptov en Hongrie[3].

Légende et roman[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle, une histoire étrange terrifie la ville de Lubló en Hongrie (aujourd'hui Ľubovňa en Slovaquie), dans la région de Szepes (en slovaque Spiš), qui à l'époque était remise en gage à la Pologne. Dans cette ville où le commerce du vin est florissant depuis des siècles, en 1718 Mihály Kaszperek (en hongrois Kaszperek Mihály), commerçant très connu en vins de Tokay, est accusé de vol au cours d'un procès. L'homme meurt de façon inattendue, mais après sa mort on dit que son fantôme vient rendre visite tous les soirs à sa belle veuve. Les citoyens de Lubló, superstitieux, déterrent le mort, le décapitent et le brûlent en public. Les chroniqueurs décrivent ce cas avec tout le pittoresque approprié, ainsi un compte-rendu de l'époque écrit : « Même en plein jour, ce vampire dévastateur molestait affreusement les voyageurs passant dans la ville et les serviteurs, attaquait les travailleurs des champs, mettait le feu aux maisons de la ville. Il prenait aux débiteurs leur argent et rendait leur dette à leurs prêteurs. » Comme il est usuel avec ce genre de légendes, ceux qui racontent l'histoire la transmettent en la façonnant selon leurs propres préférences.

Ferenc Vilsinszky, notaire de la ville, écrit en polonais cette histoire l'année même des événements dans le codex Liber Actorum conservé dans les archives de la ville, en y joignant les comptes-rendu d'audience officiels. Cinq ans plus tard, en 1723, l'écrivain et savant Matej Bel (en hongrois Bél Mátyás) parle de cette légende dans son Prodromus, ouvrage sur l'histoire et la géographie de la Hongrie. La légende de Kaszperek figure également dans le roman II. Rákóczi Ferenc (François II Rákóczi) de Miklós Jósika en 1861. Mais c'est le grand romancier hongrois Kálmán Mikszáth qui, dans Kísértet Lublón (« Fantôme à Lubló », 1892-93), rend populaire cette histoire de fantôme en lui donnant une explication rationnelle qui ne faisait pas partie de la légende d'origine : dans le roman, le monde de la superstition et celui de la raison entrent en collision, et de nombreux protagonistes « prennent pour argent comptant » ce qui n'existe pas en réalité, les méfaits du fantôme, si bien qu'ils ne se rendent pas compte des agissements réels et inquiétants d'une bande de faux-monnayeurs[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(hu) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en hongrois intitulé « Kísértet Lublón (film) » (voir la liste des auteurs) (section A legenda és a regény = La légende et le roman)

  1. Juliette Vion-Dury, Entre-deux-morts, Presses Universitaires de Limoges, 2000, (ISBN 978-2-84287-170-3), p. 100.
  2. Bernardin Minko Mvé, Gabonies de notre temps, EPU, Éditions Publibook université, Coll. Sciences humaines et sociales, 2008, (ISBN 978-2-7483-4031-0), p. 58.
  3. Richard Monvoisin, « De l’art de mâcher son linceul : enquête sur le vampire masticateur », Observatoire Zététique,‎ mars 2010 (consulté le 27 septembre 2010)
  4. (hu) Ilona Legeza, Mikszáth Kálmán: Kísértet Lublón : présentation du livre

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]