Mayombe

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4° 15′ 14″ S 13° 29′ 44″ E / -4.2538, 13.4955 () Le Mayombe ou Mayumbe est une région géographique de la côte occidentale de l'Afrique, occupée par de basses montagnes s'étendant de l'embouchure du fleuve Congo au sud, jusqu’à la rivière Kouilou-Niari au nord. Son territoire s'étend sur celui de la République démocratique du Congo, de l'Angola (enclave de Cabinda), de la République du Congo et du Gabon.

Mayombe désigne plus spécifiquement en République démocratique du Congo la partie nord-occidentale de la province du Bas-Congo sise en rive droite du fleuve (principales villes et localités : Lukula, Seke Banza, Kangu, Tshela).

Géographie physique[modifier | modifier le code]

« Le Mayumbe, août 1930 : tranchée du km 95.2, prise du sentier de terre »
Parasolier dans la forêt du Mayombe

Le Mayumbe ou Mayombe est situé à l'ouest de la République démocratique du Congo. Sur la rive droite du fleuve Congo, le 2e du monde en débit, juste avant son embouchure à l'océan Atlantique à Banana. Il s'étend du Nord de Boma vers l'enclave de Cabinda, en Angola à l'ouest et se prolonge au nord vers la République du Congo (Congo-Brazzaville) et le Gabon. Cette région est une ancienne montagne rabotée par l'érosion qui prend les caractéristiques d'un plateau avec une altitude moyenne de 600 à 700 m.

Le Mayumbe est situé au sud de l'équateur en zone climatique équatoriale avec une influence océanique et comprend deux grandes saisons. La grande saison sèche de juin à septembre dans le Mayumbe ne se fait pas sentir aussi nettement que dans le reste du Bas-Congo à cause de l'altitude et par suite de l'influence de la forêt. Les températures varient de 17 à 22°, mais peuvent descendre jusqu'à 8° la nuit. Les nuits peuvent donc y être fraîches. La grande saison des pluies s'étend d'octobre à mai, avec des températures de 28 à 33°. Le climat y est donc chaud et humide, particulièrement en saison des pluies où le degré hygrométrique avoisine les 100 %. Cette impression d'humidité constante est encore accrue par la condensation des vapeurs des vents alizés refroidis par les escarpements de la chaîne côtière.

Le Mayumbe est arrosé par de nombreuses rivières aux courants rapides et violents qui coulent dans ces régions accidentées et montagneuses. Les trois plus importants cours d'eau sont le fleuve Shiloango et deux de ses affluents principaux, la Lukula et la Lubuzi.

La forêt dense aux essences forestières variées, parfois parsemée de savanes, domine et caractérise l'aspect du Mayumbe. Les forêts du Mayumbe ont fourni durant de nombreuses années des essences de bois de premier ordre et très recherchées, parmi lesquelles le limba. Les palmiers élaïs abondent aussi dans le Mayumbe, on les rencontre aussi bien dans les forêts que dans la savane. Ils forment une des grandes ressources de cette région et de ses habitants.

La superficie des forêts du Mayumbe était estimée en 1950 à 500 000 ha, en 1981 de 100 à 240 000 ha, actuellement on l'estime à 80 000 ha, le limba intervenant pour plus de 40 %.

Les principaux sommets sont :

Population[modifier | modifier le code]

Parmi les groupes ethniques qui peuplent cette région, les Yombe, un sous-ensemble des Kongos, sont les plus nombreux.

Chemin de fer[modifier | modifier le code]

Le chemin de fer du Mayombe reliait Boma à Tshela, avec une extension prévue vers la République du Congo. Il fut démonté sous le régime de Mobutu Sese Seko et ses voies réinstallées à proximité de Gbadolite.

Le Mayombe en République du Congo est parcouru par le chemin de fer Congo-Océan.

Fétiche à miroir du Mayombe

Personnalités liées au Mayombe[modifier | modifier le code]

Mayombe est aussi célèbre au Sénégal car c'est une étape importante de l'exil du fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba au cours de son exil par l'administration coloniale française. Il y demeura cinq ans.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léo Bittremieux, La société secrète des Bakhimba au Mayombe, Bruxelles, G. van Campenhout,‎ 1936, 327 p.
  • H. de Foresta et al., « Un premier site de métallurgie de l'Age du Fer Ancien (2110 B.P.) dans le Mayombe congolais et ses implications sur la dynamique des éco-systèmes », Bulletin de liaison des archéologues du monde Bantu, Libreville, no 7,‎ 1990, p. 10-12
  • M. Fuchs, « Le Mayombe  », Bulletin de la Société Royale Belge de Géographie, vol. 19, no 1,‎ 1895, p. 5-23
  • François Pellegrin, La flore du Mayombe : d'après les récoltes de M. Georges le Testu (2e partie), Caen, Impr. E. Lanier,‎ 1928, 83 p.
  • Dominique Schwartz et al., « Un site de fonte du fer récent (300 B.P.) et original dans le Mayombe congolais : Ganda-Kimpesse », Bulletin de liaison des archéologues du monde Bantu, Libreville, no 8-9,‎ 1991, p. 33-40
  • Jacques Sénéchal, Matuka Kabala et Frédéric Fournier, Revue des connaissances sur le Mayombe : synthèse préparée pour le Projet PNUD/UNESCO, PRC/85/002 et PRC/88/003, UNESCO,‎ 1989, 343 p.
  • (nl) Léo Bittremieux, Mayombsche volkskunst, Louvain, De Vlaamsche Boekenhalle,‎ 1924, 227 p.