Chemin de fer Congo-Océan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Congo-Océan
Ligne de Pointe-Noire à Brazzaville
Carte de la ligne
Carte de la ligne
Pays Drapeau de la République du Congo République du Congo
Historique
Mise en service 1934
Caractéristiques techniques
Longueur 510 km
Électrification

Non électrifiée

Nombre de voies Voie unique
Trafic
Exploitant(s) Chemin de fer Congo-Océan (CFCO)
Schéma de la ligne
Schéma de la ligne
BSicon KBHFa.svg 0 Pointe-Noire (1 m)
BSicon BHF.svg Hinda (34 m)
BSicon BHF.svg Mvouti (287 m)
BSicon BHF.svg Sisansinga
BSicon BHF.svg 111 Loubomo (290 m)
BSicon BHF.svg Mont Bélo (267 m)
BSicon BHF.svg Loudima (154 m)
BSicon BHF.svg Nkayi (181 m)
BSicon BHF.svg Madingou (190 m)
BSicon BHF.svg Loutété (232 m)
BSicon BHF.svg Mindouli (366 m)
BSicon BHF.svg Kibouende (413 m)
BSicon KBHFe.svg 512 Brazzaville (155 m)

Le chemin de fer Congo-Océan (CFCO) est une ligne ferroviaire longue de 510 km environ, à l'écartement de 1,067 m, située dans la République du Congo qui relie le port de Pointe-Noire sur l'océan Atlantique à Brazzaville sur le fleuve Congo. Il fut construit sous l'administration coloniale française entre 1921 et 1934 au prix de nombreuses pertes humaines (près de 20 000 morts).

Histoire[modifier | modifier le code]

« Le Mayumbe, août 1930 : tranchée de km 95.200, prise du sentier de terre »
Campement des travailleurs Saras et de leurs familles (1930)

La construction de cette ligne fut l'œuvre de Société de construction des Batignolles. Entreprise en 1921, sous la direction de Jean-Victor Augagneur[1], la ligne est mise en service le 10 juillet 1934. La longueur des travaux est due aux capitaux limités et à un manque de technologie moderne, lequel conduit à une utilisation massive de main d'œuvre indigène recrutés de force au Tchad[2].

Cette ligne fut un « effroyable consommateur de vies humaines », selon André Gide dans son livre Voyage au Congo. Olivier Le Cour Grandmaison a déclaré en 2005 : « Il faut relire Albert Londres ou André Gide dans Terre d'ébène et Voyage au Congo. Ces derniers rappellent que la construction de la ligne de chemin de fer Congo-Océan a entraîne la mort de 17 000 personnes en raison du travail forcé. En 1930, la France, comme l'Espagne et le Portugal, ont refusé de ratifier la convention internationale contre le travail forcé. Et ce n'est qu'en 1946 qu'il sera interdit dans les colonies. La colonisation a reposé sur un état d'exception permanent à l'encontre des indigènes[3]. »

Organisation actuelle[modifier | modifier le code]

La gare de Brazzaville (1932)

Le CFCO est actuellement une entreprise d'État dont la privatisation a été projetée dans le cadre des engagements pris par le gouvernement congolais envers la banque mondiale et le fonds monétaire international.

Parmi les candidats figuraient plusieurs consortiums dont Congo-Rail (comprenant les groupes Bolloré Investissement, Maersk et la SNCF) et le consortium sud-africain Sheltam Mvela.

Le trafic de voyageurs a été interrompu en avril 2002 par suite d'attaques liées à la guerre civile. Il a repris en janvier 2004, mais le CFCO a subi d'autres attaques depuis.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a assigné en février 2014, collectivement, l'État français et la Spie Batignolles (cette dernière en tant qu'héritière de la Société de construction des Batignolles), pour crime contre l'humanité lors de la construction de la ligne du CFCO[4]. Cette action judiciaire révélant l'existence d'une fracture coloniale, concept défendu par l'historien Pascal Blanchard, au sein de la société française actuelle[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Odile Georg, « Congo-Océan », dans Sophie Dulucq, Jean-François Klein et Benjamin Stora, Les Mots de la colonisation, Presses universitaires du Mirail, 2008, p. 34.
  3. Olivier Le Cour Grandmaison, professeur de science politique de l'Université Evry-Val-d'Essonne, auteur de Coloniser, exterminer, sur la guerre et l'État colonial (Fayard 2005) - citation extraite d'un entretien accordé au Figaro Magazine, 17 décembre 2005, p. 24
  4. http://www.bfmtv.com/societe/ligne-congo-ocean-spie-batignolles-accusee-crime-contre-lhumanite-719594.html, Le Cran poursuit l'État et la Spie pour crime contre l'humanité, BFMTV, 25 février 2014, p. 24
  5. http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/03/ligne-congo-ocean-l-assignation-du-cran-revele-l-existence-d-une-fracture-coloniale.html, Ligne Congo-Océan : l'assignation du CRAN révèle l'existence d'une fracture coloniale, Le Blog d'Adel Taamalli, le 12 mars 2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Chaléard et Chantal Chanson-Jabeur (dir.), Le chemin de fer en Afrique, Karthala, PRODIG, SEDET, Paris, 2006, p. 23-24 (ISBN 2-84586-643-7)
  • Daniel Loumouamou, L'influence du chemin de fer Congo-Océan sur la région traversée entre Brazzaville et Matoumbou en République populaire du Congo, Université Bordeaux 3, 1984, 377 p. (thèse de 3e cycle)
  • Camille Mfouli, Le chemin de fer Congo-Océan, témoignage de la colonisation française au Congo Brazzaville : 1921-1938, Université Lyon 2, 1985, 95 p. (mémoire de maîtrise d'Histoire)
  • Dominique Paquet et Bernard Anberrée, Congo-Océan ou Le jeu renouvelé du chemin de fer Brazzaville-Pointe Noire, Chiron, Paris, 1990, 67 p.
  • Henriette Roussel, Le chemin de fer Congo-Océan : grande œuvre coloniale française, Delmas, Bordeaux (texte remanié d'une thèse de doctorat de Droit, Toulouse)
  • Ieme van der Poel (dir.), Congo-Océan : un chemin de fer colonial controversé, L'Harmattan, Paris, 2006, XLVIII-186 p. (ISBN 2-296-01332-5)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]