Kongos

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Les Kongo sont un peuple d'Afrique centrale établi sur la côte atlantique de Pointe-Noire au nord (République du Congo) à Luanda (Angola) au sud et jusque dans la province du Bandundu (République démocratique du Congo) à l'est, y compris dans la Province du Bas-Congo de la République Démocratique du Congo. À la fin du XXe siècle, ils sont évalués à environ 10 000 000 d'individus.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources on observe de multiples variantes : Bacongo, Badondo, Bakango, Ba-Kongo, Bakongos, Bandibu, Bashikongo, Cabinda, Congo, Congos, Fjort, Frote, Ikeleve, Kakongo, Kikongo, Kileta, Kongos, Koongo, Nkongo, Wacongomani[1]

Sur le plan international, c'est le terme Bakongo qui prévaut. "ba- " est en kikongo le préfixe qui signale le pluriel, "mu- signale le singulier, et "ki-" la langue.

Langues[modifier | modifier le code]

Ils parlent divers dialectes du kikongo[2] ainsi que le kituba, qui est un créole kikongo, simplifié et véhiculaire. En République démocratique du Congo et parmi les bakongo angolais qui y ont vécu pendant des années comme réfugiés, le kikongo a cédé beaucoup de terrain au lingala.

Ethnies Kongos[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Clans du peuple kongo.

En République du Congo :

En République démocratique du Congo :

  • Manyanga
  • Ndibu
  • Lemfu
  • Ntandu
  • Yombé
  • Zombo
  • Mbata
  • Besi-Ngombé
  • Solongo

Au Cabinda, Angola:

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire Kongo.
Crucifix en alliage de cuivre du XVIIe siècle (République démocratique du Congo)

Les Bakongo migrèrent vers le IIIe siècle en provenance du sud, après une migration en spirale, sous la conduite de leurs dirigeants (Tuti Dia tiya, Kodi Puanga, etc.) et s’établirent près des berges d’un grand fleuve (en langue Kongo Nzadi veut dire fleuve — le nom Zaïre est né d'une mauvaise compréhension ou prononciation des portugais.) En 1482, les Portugais atteignirent les côtes sous la conduite de Diogo Cão. Le royaume Kongo était alors à son apogée grâce à la culture de l’igname, le traitement du fer et l’échange de houes contre de l'ivoire avec les peuples de l’intérieur.

Les Bakongo établirent des relations diplomatiques, qui prévoyaient également l'envoi d'une délégation à la cour royale du Portugal en 1485. Les relations d’abord égalitaires se transformèrent en une mainmise des Portugais. Dans un esprit de modernisation les dirigeants kongo acceptèrent le christianisme des missionnaires européens. Cela comportait également l'adoption des mœurs et style de vie portugais, ce qui déplut à une grande partie du peuple. Qui plus est, vers 1452, un prophète, Ne-Buela Muanda, prédit l'arrivée des portugais et la mise en esclavage physique et spirituel de beaucoup de Bakongo.

Il en résulta des tensions entre les chrétiens et les adeptes des religions kongo. En 1526, les Portugais furent expulsés, mais ils s'allièrent contre les Kongo à des chefs militaires kongo rebelles de la province de Yaka, Jagas (Bayaka) en 1568. Le Royaume de kongo ne retrouva jamais sa grandeur passée. Les années suivantes virent les Baongo se battre alternativement contre et avec les Portugais, les Néerlandais et les Espagnols pour finalement être colonisés en 1885. Au XXe siècle, un parti politique kongo, l'Alliance des Bakongo (ABAKO) ainsi que les communautés kimbanguiste et Bundu dia Kongo jouèrent un rôle important dans l'indépendance de la République démocratique du Congo en 1960.

Le royaume levait des impôts, établit le travail obligatoire de ses citoyens pour financer sa stabilité sociale. En effet, la prise en charge de la frange la moins favorisée de la société était le devoir principal du roi. Le roi pouvait être un homme comme une femme. Quand c'était un roi, son épouse était la première dame du pays, et pouvait choisir et répudier son mari, le destituer, lever l'armée, etc.

Les jours de travail étaient réglementés, de sorte qu'un jour de repos tous les sept jours était accordé à chaque personne, mais par roulement selon les provinces et les clans. La semaine Kongo est constituée de quatre jours, le mois de 28, et on compte quatre jours de repos par mois (1 tous les 7 jours).

Contrairement à nombre de sociétés non-africaines de la même époque, le système social était plus favorable aux moins nantis, dans la mesure où :

  • les propriétaires de terrains, les employeurs et toute la classe aisée devaient prendre en charge les plus démunis, sous peine de déshonneur. Par exemple, il était obligatoire qu'un employeur fasse travailler ses employés le matin et leur laisse l'après-midi pour produire pour leur famille et leur bien personnel ;
  • tout manquement pouvait s'accompagner de discrédit social.

Quant au roi, il était le responsable de toutes ces franges de la société. Il était élu par un groupe de gouverneurs, habituellement des chefs de parties importantes et par la suite par les officiels portugais. Les villes étaient généralement dirigées par des chefs de village, devant qui ils étaient responsables. Tous les membres du gouvernement étaient investis dans leurs fonctions sous des conditions de compétence, de respect des mœurs et avec l'aval des autorités spirituelles.

Culture[modifier | modifier le code]

La religion Kongo considère le monde comme multidimensionnel. Le monde matériel et le monde spirituel sont deux espaces qui se croisent en certains points de l'univers. Les humains sont cantonnés en dimensions inférieures (3) ou avancées (hauts prêtres, etc. : 4 et plus). Les esprits évoluent dans une sous-partie de cet univers d'au-moins 8 dimensions. Dans le monde des esprits se trouve la cité des ancêtres, Mpemba. Au-delà de ces mondes, se trouve Kalunga Nzambi ya Mpungu Tulendu. Les ancêtres font office d'intermédiaires entre le divin et l'homme.

Le divin est perçu comme la Cause primaire de toute chose, l'essence vitale de toute chose ainsi que la destination finale de toute chose. C'est ainsi que Kalunga est à la fois le lieu où se dirigent les esprits, dont ils sont issus et Dieu Lui-même (Nzambi), source de ces esprits. Kalunga est aussi la mer primitive dont tout est sorti, l'auto-créé, le Ka qui règne sur toute chose (ka : essence vitale ; lunga : accomplir, concrétiser et régner).

La spiritualité est aussi à la base de l'organisation politique et sociale.

L'intersection entre les deux mondes a une forme de croix, d'où l'importance de ce symbole dans la pensée Kongo. De plus, le personnage de Ne-Kongo (dont vient le nom Kongo) est supposé être cette intersection de Kalunga avec le monde humain, donc un être divin sous forme humaine, symbolisé aussi par la croix. Ce sont ces similitudes avec le christianisme qui en ont facilité l'infiltration.

La descendance est matrilinéaire, et l'ensemble du peuple Kongo est regroupé autour de 11 clans, que l'on retrouve aussi dans les dénominations de nombreux peuples d'Afrique noire ; ainsi les Mbenza chez les Sérères, Wolofs, les Muyabis, descendants de Nzinga, chez les Duala, Mossi, etc.

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Agriculture[modifier | modifier le code]

Les Kongo cultivent le manioc, la banane, le maïs, la patate douce, l'arachide, les fèves, et le taro. Les sources de revenu sont le café, le cacao, la banane, et l'huile de palme. La pêche et la chasse sont toujours pratiquées dans certaines campagnes, mais beaucoup de Kongo vivent, travaillent et commercent dans les villes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source RAMEAU, BnF [1]
  2. (en) Fiche langue sur le site Ethnologue.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les deux ouvrages de Joseph Van Wing restent une référence importante :

  • Joseph Van Wing, Études bakongos : vol. I - Histoire et Sociologie, Bruxelles,‎ 1921
  • Joseph Van Wing, Études bakongos : vol II - Religions et Magie, Bruxelles,‎ 1938
  • Lapika Dimomfu, L'art de guérir chez les Kongo du Zaïre : discours magicale ou science médicale ?, Centre d'étude et de documentation africaines,‎ 1984, 71 p.
  • Dominique Ngoie-Ngalla, Les Kongo de la vallée du Niari : origines et migrations XIIIe siècle-XIXe siècle : Bakamba, Badondo, Bakunyi, Basundi, Babeembe, Presses universitaires de Brazzaville,‎ 1981, 163 p.
  • Marcel Soret et André Jacquot, Les Kongo nord-occidentaux, Paris, L'Harmattan,‎ 2005, 144 p. (ISBN 9782747586177)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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