Maison de François Coignet

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Maison de François Coignet
Maison de François Coignet
Maison de François Coignet
Présentation
Période ou style XIXe siècle
Architecte Théodore Sanchez
Date de construction 1853-1855
Destination initiale Habitation
Protection  Inscrit MH (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-Saint-Denis
Localité Saint-Denis
Localisation
Coordonnées 48° 55′ 51″ N 2° 20′ 30″ E / 48.93088, 2.341794 ()48° 55′ 51″ Nord 2° 20′ 30″ Est / 48.93088, 2.341794 ()  
Dessin de la maison de François Coignet (1855)

La Maison de François Coignet est construite en 1853 par François Coignet à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Elle est située 72 rue Charles-Michels et 29 boulevard de la Libération.

Cette maison fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 12 juin 1998[1]. Elle est en effet la première maison construite en France en béton aggloméré. Sa protection n'a pas permis d'en assurer la restauration.

Un autre bâtiment situé au 67 rue Charles-Michels a été construit en 1870 par l'entreprise Coignet pour loger ses ouvriers[2], lui aussi classé en 1998, mais squatté et peu entretenu.

L'immeuble du 67 rue Charles-Michels

Historique[modifier | modifier le code]

En 1851, François Coignet s'intéresse au marché parisien. Il crée une filiale de l'entreprise lyonnaise à Saint-Denis.
Pour sa construction, il réalise les bâtiments "à la lyonnaise", c'est-à-dire en pisé, mais il remplace la terre par un mortier de cendre de houille fait de chaux, de cendres et de scories mélangés de manière homogène et en ajoutant de l'eau.
Cette méthode de construction a consisté à rapprocher deux méthodes de construction connues à l'époque :

En homogénéisant le mélange avec une addition d'eau et en le pilonnant fortement il obtient un béton compact dit "aggloméré". Il est étonné de la qualité du résultat obtenu.

En 1853, François Coignet demande à l'architecte Théodore Lachez (?-1884) de construire sa propre maison en béton, près de l'usine, suivant des plans habituels.
L’usine, le grand égout la reliant à la Seine, un réservoir d’eau, la maison et le mur de terrasse sont réalisés en «béton pisé, moulé et massivé» (béton pisé coulé dans des coffrages).

François Coignet dépose en 1854 son premier brevet de "béton économique".

Une commission composée de quatorze architectes et présidée par Henri Labrouste visite le chantier de construction en novembre 1855. Dans le rapport rédigé par Émile Gilbert et publié dans Les annales de la construction de 1857, il est écrit : "Tous ces travaux ont été exécutés en béton pisé, moulé et massivé. M. Coignet a fait usage de mélanges de différentes matières de peu de valeur, avec la chaux soit grasse, soit hydraulique ; et ces mélanges ont été moulés et comprimés par les procédés usités pour la fabrication du pisé."
Le rapport signale l'économie du procédé due à deux causes :

  • l'usage de matériaux de peu de valeur,
  • le remplacement des ouvriers qualifiés par des manœuvriers.

L'entreprise Coignet disparaît après son rachat. La maison est classée Monument historique en 1998.
Si ce classement empêche la destruction volontaire, elle ne garantit pas l'entretien du monument pouvant éviter sa lente dégradation.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La maison du directeur de l'ancienne usine Coignet », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « L'immeuble 57/59 rue Charles-Michels », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Bosc, Jean-Michel Chauveau, Jacques Clément, Jacques Degenne, Bernard Marrey, Michel Paulin - Joseph Monier et la naissance du ciment armé -Paris - 2001 - Éditions du Linteau - ISBN 2910342204