La Veuve Couderc

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le roman. Pour le film, voir La Veuve Couderc (film). Pour le nom, voir Couderc.
La Veuve Couderc
Auteur Georges Simenon
Genre roman
Version originale
Titre original La Veuve Couderc
Éditeur original Gallimard
Langue originale français
Pays d'origine Belgique
Date de parution originale 1942
Version française
Date de parution 1942

La Veuve Couderc est un roman de Georges Simenon paru en 1942 aux éditions Gallimard, le manuscrit portant en fin du roman : « Nieul-sur-Mer, le 1er mai 1940 ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Après cinq ans passés en prison pour meurtre, Jean Passerat-Monneyeur, libre de tout engagement et de tout projet rencontre la veuve Couderc, dite Tati, dans un bus qui sillonne la campagne près de Saint-Amand, dans le Cher. Absorbé par les travaux simples de la ferme et une relation sexuelle avec Tati sans amour, Jean semble retrouver bonheur et équilibre. Mais rapidement l'amour qu'il porte à Félicie, voisine et cousine de Tati, ainsi que la jalousie obsessionnelle de cette dernière enferment Jean dans une situation sans issue. À bout, il assassine Tati à coups de marteau, se saoule et attend calmement l'arrivée des gendarmes alors qu'il sait très bien que ce crime lui vaudra l'échafaud.

L'espace du roman[modifier | modifier le code]

L'action se situe dans un lieu réduit séparé en son centre par le canal du Berry, qui sépare deux clans hostiles : Tati d'une part et sa ferme, et de l'autre sa belle-famille et une briqueterie en quai abandon. Seul un retour en arrière nous explique les circonstances du premier meurtre de Jean, alors qu'il habitait Paris.

Le temps du roman[modifier | modifier le code]

L'intrigue est symboliquement bornée par l'achat par Tati d'une couveuse et l'éclosion des œufs alors que Tati est déjà morte.

Les thèmes du roman[modifier | modifier le code]

On retrouve des thèmes dans l'œuvre de Simenon comme le canal (La Maison du canal, Le Charretier de la Providence, L'écluse n°1) ; l'omniprésence (Le Bourgmestre de Furnes), voir ici l'omnipotence des femmes (les hommes ne sont que des personnages falots comme le vieux Couderc, sans morale comme le fils de Tati, ou velléitaire comme son cousin) ; le thème de la liberté (L'Homme qui regardait passer les trains), mais contrairement à ce roman le héros passe ici de la liberté totale et sans but à l'enfermement ; une famille désargentée autrefois dans l'opulence (L'Affaire Saint-Fiacre, La Maison du canal) où les conflits autour de l'argent prennent une place prépondérante dans les milieux aisés comme dans les milieux plus simples.

La distance entre Jean et le monde n'est pas sans rappeler celle de Meursault de L'Étranger d'Albert Camus. André Gide dira que sans en avoir l'air Simenon va plus loin que Camus dans le sens où l'étrangeté au monde du héros s'inscrit dans une logique et un parcours plus complexe et plus humain.

L'histoire resserrée dans le temps et l'espace est aussi focalisée sur les rapports de Tati et de Jean, deux personnages que tout séparent : l'âge 45 ans pour Tati, 28 pour Jean, le milieu social : Jean est le fils d'un riche industriel, la culture : Tati est quasiment illettrée, leur vision du monde : alors que Jean est un être rêveur et contemplatif, Tati a les deux pieds bien sur terre. Seule leur commune solitude les a fait se reconnaître lors de leur rencontre dans le bus.

Félicie, l'amante de Jean, telle le fruit défendu dans le jardin d'Éden (Tati aurait accepté toutes les femmes sauf celle-là), est celle que va rompre la torpeur bienfaisante dans laquelle vit le héros et qui va provoquer la crise comme Édmée dans La Maison du canal. Les rêves de Jean autour d'une vie future avec Félicie se heurteront à la réalité comme Mr. Hire avec Alice.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Pierre Granier-Deferre a tiré une adaptation de ce roman en 1971 avec Simone Signoret et Alain Delon dans les rôles principaux.