La Marche de Radetzky (roman)

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Joseph Roth Radetzkymarsch 1932.jpg

La Marche de Radetzky (Radetzkymarsch) est un roman de Joseph Roth publié en 1932. Tout empreint de nostalgie, ce roman dresse un tableau « critique, voire, par moments, satirique »[1] de l'Autriche-Hongrie. L'auteur poursuit son récit de la famille Trotta dans la roman Kapuzinergruft publié en 1938.

Résumé[modifier | modifier le code]

La Marche de Radetzky est une histoire sur quatre générations de la famille Trotta. On y suit l'élévation d'une petite famille de soldats et bureaucrates de l'Autriche-Hongrie, de l'apogée de l'empire à son déclin annoncé par la guerre. Joseph Roth fait office de pionnier dans l'utilisation d'un personnage historique, l'empereur Franz Joseph, personnage fictif récurrent du roman. Le jeune Empereur bien intentionné mais maladroit manque de se faire tuer lors de la Bataille de Solférino en 1859. Le jeune lieutenant Trotta pousse l'Empereur à terre et reçoit à sa place une balle en pleine poitrine. Trotta n'est que blessé. L'Empereur retrouve le jeune lieutenant, l'anoblit en Trotta von Sipolje (du nom de son village), le nomme capitaine et le récompense du titre de chevalier puis, plus tard, de celui de baron Trotta et de l'Empire. Roth montre avec ironie comment cet évènement glorieux conduit à une certaine perte d'identité de la famille Trotta. Trotta est subitement considéré par ses proches, y compris par son propre père, comme appartenant à une classe supérieure. Même si le nouveau baron Trotta fait peu cas de son nouveau statut, son ancien entourage le perçoit différemment. S'ensuit l'obligation morale de rejoindre cette autre classe sociale où il ne se sentira jamais à son aise.

Dépité à la lecture dans un manuel scolaire de sa propre histoire travestie, racontant un sauvetage héroïque de l'Empereur par un officier de cavalerie alors qu'il était dans l'infanterie, le père Trotta tente la démarche impensable de rencontrer l'Empereur pour lui demander de corriger le texte. Eu égard à sa loyauté, l'Empereur accorde un entretien à son ancien sauveur. Il remarque effectivement que la vérité est plutôt prosaïque, suite à quoi l'histoire disparaît des manuels. Pèse sur les deux générations suivantes de Trotta le poids du glorieux aïeul. Le Baron Trotta, désillusionné se dresse lui-même contre l'ambition de son fils à vouloir devenir un soldat au lieu de rejoindre la bureaucratie. N'ayant aucune idée des raisons qui poussent son père à décourager ses ambitions militaires, le second Baron Trotta envoie son propre fils dans une académie militaire. Le petit-fils du premier Baron Trotta, sa carrière déterminée par la légende de son ancêtre, est encouragé à joindre la cavalerie.

L'essentiel du roman suit la brève carrière du jeune officier Charles-Joseph von Trotta, "le petit-fils du héros de Solférino", médiocre soldat, qui voit autour de lui se désagréger le monde anachronique et nostalgique de la monarchie austro-hongroise.

Joseph Roth mène habilement l'humour dans la tragédie des Trotta. L'Empereur n'apprend jamais que ses tentatives de récompenser les gens ont d'amères conséquences et continue dans la même voie. La conclusion du roman est, sans aucun doute, tragique.

Références à d'autres œuvres[modifier | modifier le code]

Le titre du roman est tiré de la célèbre Marche de Radetzky composée en 1848 par Johann Strauss I. Cette marche elle même est liée par de nombreux points symboliques à l'histoire.

Signification littéraire et critique[modifier | modifier le code]

La Marche de Radetzky est le roman le plus connu de Joseph Roth. Le critique littéraire allemand Marcel Reich-Ranicki sélectionna le roman pour son édition des romans germanophones les plus importants en 2003[2].

Édition[modifier | modifier le code]

  • Joseph Roth: Radetzkymarsch. Ed. avec commentaire et épilogue: Werner Bellmann. Stuttgart: Reclam, 2010 (540 pages).
  • Joseph Roth: La Marche de Radetzky. Traduction française de Blanche Gidon, revue par Alain Huriot, présentation par Stéphane Pesnel et traduction de l'avant-propos de 1932 par Stéphane Pesnel. Paris: éditions du Seuil, mai 2013.

Adaptations[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Werner G. Hoffmeister, Ein ganz bestimmte Art von Sympatihe – Erzahlhaltung und Gedankenschilderung im "Radetzkymarsch" in D. Bronsen Ed., 'Joseph Roth und die Tradition, Darmstadt, Agora, 1975, p. 166
  2. (de) Der Kanon

Lien externe[modifier | modifier le code]