La Conquête de Plassans

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La Conquête de Plassans
Image illustrative de l'article La Conquête de Plassans

Auteur Émile Zola
Genre Roman naturaliste
Pays d'origine France
Éditeur G. Charpentier
Date de parution 1874
Série Les Rougon-Macquart
Histoire naturelle & sociale d'une famille sous le second Empire
Chronologie
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La Conquête de Plassans est un roman d’Émile Zola publié en 1874, le quatrième de la série Les Rougon-Macquart.

Résumé[modifier | modifier le code]

L’action se situe à Plassans, le berceau des Rougon-Macquart, petite ville que Zola a imaginée en s'inspirant d'Aix-en-Provence et de Flassans-sur-Issole. La ville, acquise à Napoléon III grâce aux intrigues de la famille Rougon (La Fortune des Rougon), est passée aux légitimistes. Un prêtre bonapartiste, l’abbé Faujas, y est envoyé par le pouvoir pour la reconquérir. À son arrivée, il est logé chez François Mouret, un commerçant retraité. Celui-ci, son épouse Marthe, leurs trois enfants et leur bonne vivaient seuls jusqu'alors dans la maison. Marthe et son mari sont cousins : elle est la fille de Pierre et Félicité Rougon ; il est le fils d'Ursule Macquart et du chapelier Mouret. Elle a quarante deux ans, lui quarante cinq. François est assez maniaque, ce que supporte difficilement son entourage ; il occupe une place assez modeste à Plassans, plus spectateur qu'acteur de la vie publique.

Avec l’arrivée de l'abbé Faujas, de sa mère puis du couple Trouche (Olympe Trouche est la sœur de Faujas), la vie des Mouret se trouve bouleversée : ils se séparent de leurs enfants (l'aîné, Octave, à Marseille, le second, Serge, au séminaire, la benjamine, Désirée, simple d'esprit, chez sa nourrice) ; Marthe devient dévote ; l'abbé fait du jardin un lieu où les notables légitimistes et bonapartistes peuvent se rencontrer en terrain neutre. Petit à petit, conseillé par Félicité Rougon, l'abbé Faujas finit par manipuler tout Plassans, par l'intermédiaire des femmes en particulier, et par faire élire à la Chambre un candidat favorable au pouvoir. Mouret, bourgeois retiré des affaires, qui ne recherche que sa tranquillité, se met progressivement à l’écart. Exclu des intrigues qui se trament autour de lui, naïf qui gêne, il finit par être enfermé comme fou à l’asile des Tulettes, où se trouve déjà sa grand-mère Adélaïde Fouque. Là, il devient réellement fou et, un soir où on l’a laissé s’échapper, sans doute à l'initiative d'Antoine Macquart (pour se venger des Rougon) et de l'abbé Fénil (rival de l'abbé Faujas à l'évêché), il rentre à Plassans et met le feu à sa maison. Il meurt dans l’incendie, de même que Faujas, sa mère et les Trouche. Quant à Marthe, elle meurt le même soir chez sa mère, des suites d’une phtisie qu’elle portait depuis des années.

Les thèmes principaux[modifier | modifier le code]

Le roman est construit autour du thème de la folie, l’une des tares héritées par les descendants d’Adélaïde Fouque, grand-mère commune à François et Marthe Mouret. Mais c’est aussi, et peut-être surtout, une violente attaque contre le clergé représenté par le personnage de l'abbé Faujas, prêtre acquis à l'Empire et prêt à tout pour arriver à ses fins. Zola nous montre avec délectation une Église complice du pouvoir politique, manipulatrice, utilisant la piété naïve des fidèles, notamment des femmes, à travers des pratiques où la foi n’est en fait qu'un voile masquant d’autres ambitions.

Édition[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Giuseppina Agostino, « Éléments chronotopiques dans l’écriture d’Émile Zola: La Fortune des Rougon, La Curée, La Conquête de Plassans », Annali Istituto Universitario Orientale, Napoli, Sezione Romanza, juillet 1997, no 39 (2), p. 433-52.
  • David Baguley, « Les Paradis perdus : Espace et regard dans La Conquête de Plassans de Zola », Nineteenth-Century French Studies, 1980-1981, no 9, p. 80-92.
  • Colette Becker, Gina Gourdin-Servenière, Véronique Lavielle, « Dictionnaire d'Emile Zola », Robert Laffont, Bouquins, 1993.
  • Jacques Dubois, « Madame Gervaisais et La Conquête de Plassans : deux destinées parallèles, deux compositions qui s’opposent », Les Cahiers Naturalistes, 1963, no 24-25, p. 83-89.
  • Fernandez-Zoïla, Adolfo, « Effets de pouvoir et espaces de deux folies à Plassans », Les Cahiers Naturalistes, 1984, no 58, p. 43-62.
  • Jurate Kaminskas, « Structures parasitaires dans la trilogie de Plassans », Cahiers Naturalistes, 2000, no 74, p. 33-42.
  • Vincent Kaufmann, « D’un diable l’autre (Littérature, médicine et religion) », Colloquium Helveticum, 2005, no 36, p. 125-41.
  • Yannick Lemarié, « Jules Dervelle et Ovide Faujas : Deux curés en enfer », Cahiers Octave Mirbeau, 1999, no 6, p. 100-21.
  • Raymond Rheault, « À propos de la collaboration entre Céard et Hennique… : un inédit de Zola : Les Notes sur L’Abbé Faujas », Les Cahiers Naturalistes, 1994, no 68, p. 231-37.
  • J. A. Slater, « Echoes of Balzac’s Provincial Scènes in La Conquête de Plassans », Modern Languages, 1979, no 60, p. 156-61.
  • Marie-Ange Voisin, « Ironie et dissimulation dans La Conquête de Plassans (le personnage de l’abbé Faujas) », Les Cahiers Naturalistes, 1994, no 68, p. 63-75.
  • Maria Watroba, « Le Prêtre, la femme, la famille : La Conquête de Plassans », L’Écriture du féminin chez Zola et dans la fiction naturaliste, Bern, Peter Lang; 2003, p. 185-204.
  • (en) Robert Ziegler, « Interpretation as Folie lucide in Zola’s La Conquête de Plassans », Excavatio, 2000, no 13, p. 236-42.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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