Thérèse Raquin

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Thérèse Raquin
Émile Zola, par Édouard Manet
Émile Zola, par Édouard Manet

Auteur Émile Zola
Genre Roman naturaliste
Pays d'origine France
Éditeur L'Artiste
Date de parution 1867
Type de média feuilleton

Thérèse Raquin est le troisième roman de l'écrivain français Émile Zola publié en 1867. L'auteur en tirera lui-même une pièce de théâtre en 1873. Le roman fait connaître l'écrivain au public parisien et présente déjà les caractéristiques du naturalisme développé plus tard dans le cycle des Rougon-Macquart.

Sommaire

Résumé [modifier]

Affiche pour le lancement de Thérèse Raquin en fascicules hebdomadaires en 1867

Thérèse Raquin est la fille d'une algérienne et d'un capitaine militaire francais, Degans, posté en Algérie. Suite à la mort de la mère de Thérèse, Degans confie l'enfant à sa soeur Madame Raquin et se fait tuer un peu plus tard en Afrique. Thérèse finit par être mariée à son cousin Camille, qui par ailleurs la dégoûte et lui répugne. Celui-ci souhaite aller vivre à Paris et travailler dans une administration. Madame Raquin trouve une boutique et un appartement au passage du Pont-Neuf. Tous les jeudis soirs, les Raquin reçoivent Laurent,peintre et ami d'enfance de Camille. C'est ainsi que Thérèse rencontre Laurent et entame une liaison secrète avec lui. Au bout de quelques mois de liaison, Laurent et Thérèse se mettent en tête de tuer Camille pour ne plus vivre leur idylle secrètement. C'est alors qu'au cours d'une balade en bateau sur la Seine que Laurent noie Camille et maquille le meurtre en accident. Un an et demi plus tard, Thérèse est mariée à Laurent. Cependant, le remords des amants a dissout leur amour, et le fantôme de Camille les hante.

Madame Raquin devient paralysée et muette. Thérèse et Laurent ne se soucient pas d'elle et évoquent le meurtre en sa présence. Leur mariage tourne mal et Laurent se met à frapper Thérèse. Thérèse décide de tuer Laurent avec un couteau quand celui-ci se procure du poison pour tuer Thérèse. Quand ils découvrent mutuellement leurs intentions, ils se suicident sous les yeux de Madame Raquin.

Réception [modifier]

Émile Zola est éreinté, notamment par Louis Ulbach, qui publie dans Le Figaro un violent article intitulé La Littérature putride. D'autres critiques accusent l'écrivain de pornographie, ce dont il se justifie dans la préface de la seconde édition[1].

Commentaire [modifier]

« Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus »[1].

Tempérament nerveux[1], mariée à un homme maladif, Thérèse ne peut satisfaire les désirs que lui dictent sa nature. La rencontre avec Laurent, tempérament sanguin[1], devait inévitablement la pousser à cette passion criminelle qui se termine en tragédie. Émile Zola, tel un naturaliste rendant compte d'une expérience de laboratoire, ne fait que noter avec précision les étapes de la métamorphose de Thérèse et de Laurent au contact l'un de l'autre[1].

Émile Zola peint dans ce roman le Paris de cette époque et surtout la vie, les sentiments de Thérèse Raquin, sa passion, ses tourments. La description d'un dépôt mortuaire est un document traumatisant du naturalisme. Plus que tout, Thérèse Raquin se veut une analyse des effets de la confrontation entre des personnages de caractère différent. Émile Zola réussit avec brio à illustrer les effets du déterminisme appliqués à la psychologie, particulièrement en ce qui concerne Thérèse et Laurent.

L'œuvre d'Émile Zola, Thérèse Raquin, est expérimentale. Cette œuvre fait partie de ses premiers romans naturalistes. Ses personnages sont sujets à des expériences; il installe ces personnages dans un environnement spécifique tel que le « passage du Pont Neuf », milieu sombre, froid, petit, ayant une influence sur les personnages et les poussant à commettre certains actes. De cette manière, il développe sa théorie sur le déterminisme.Ce roman, inspiré de théories scientifiques, mêle également le réalisme, le fantastique et le tragique. Ce roman reste malgré tout très artistique et très travaillé littérairement. Il décrit certains lieux, tel un peintre impressionniste; le « lieu du crime » en est un exemple. Il y a un peu de fantastique dans cette œuvre comme les apparitions du spectre de Camille. Malgré toutes ces résurgences fantastiques, Émile Zola garde ses réflexes de scientifique et en profite pour décrire le comportement de deux personnages qui sombrent dans la folie.

Personnages principaux [modifier]

  • Thérèse Raquin, fille d'un capitaine français, Degans et d'une mère algérienne. Cousine de Camille, amante de Laurent et plus tard sa femme, nièce de Mme Raquin.
  • Camille Raquin, fils de madame Raquin, mari et cousin de Thérèse assassiné par Laurent et Thérèse sur la Seine. Maladif.
  • Madame Raquin, mère de Camille, tante de Thérèse et plus tard, belle-mère de Laurent.
  • Laurent, peintre. Ami et meurtrier de Camille, amant puis mari de Thérèse.
  • Grivet, ami et supérieur de Camille Raquin, vient jouer aux dominos tous les jeudis soirs chez eux.
  • Michaud, ancien policier, ami de Mme Raquin, père d'Olivier, vient jouer aux dominos tous les jeudis soirs chez eux.
  • Olivier, policier, fils de Michaud, vient jouer aux dominos tous les jeudis soirs chez eux.
  • Suzanne, femme au foyer, épouse d'Olivier, vient jouer aux dominos tous les jeudis soirs chez eux.

Adaptations cinématographiques [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c, d et e Zola, préface de Thérèse Raquin accessible ici

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]