Koubia

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11° 35′ 00″ N 11° 54′ 00″ O / 11.5833, -11.9 ()

Koubia est une ville de Guinée, chef-lieu de la préfecture homonyme.

Une origine perdue dans la légende[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Koubia est la juxtaposition de deux mots :

  • un nom : Koubi, venant du nom d’un roi djakanké, Manga Koubi
  • une injonction : ya, partir en peulh),

Le nom de la ville signifie ainsi Koubi, va-t'en.

La légende de Mamadou Sanou Diallo[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIe siècle, un peulh venu du nord de la Volta (Burkina Faso) est arrivé à Mamou. C’était un chasseur, armé et effrayant ; sa langue n'était pas le peulh des autochtones. Il se nommait DICKO et l'empéreur du Fouta alors installé dans la capitale, Mamou, accorda l'hospitalité à cet étranger surnommé Dicko Koukou en raison de sa barbe et de sa grande laideur. Une parcelle de terre lui fut attribuée dans le Niagara de Timbo - brousse de Timbo, dans les abords de la capitale du Fouta Djallon.

Koukou embrassa la religion musulmane et épousa Saynabou Barry, une nièce du roi. La jeune femme était devenue muette et aveugle après avoir, disait-on, rencontré des génies de la forêt. Dicko Mohamadou Koukou et Saynabou eurent un fils. La mère de l’enfant, avec son handicap, se frappait la poitrine et, heureuse, disait Say Ba. Voulait-elle dire que c’était elle, Saynabou Barry qui était devenu mère ? Toujours est-il que Koukou appela son fils Sayba, fils de Dicko, ancêtre des Dickoyankés.

Une fois parvenu à l'âge d'homme, Sayba Dicko quitta Mamou et se rendit à Korengani, près de la ville de Labé, où il eut un fils, Mamadou Sanou Dickoyanké qui prit définitivement le nom de Diallo.

Ce fils, Mamadou Sanou Diallo, devint un marabout guerrier et s'établit à Sannou. C'est de cette ville qu'il envoya un ultimatum à deux rois Djankakés, Manga Koubi et Manga Cama, leur intimant de se convertir à l’islam ou bien de quitter la région.

Devant le refus des Djankakés, Mamadou Sanou Diallo leva une forte armée qui chassa ces deux souverains. Après cette victoire, Mamadou Sanou s’installa dans la ville de Manga Koubi, qu’il renomma Koubia, et installa son épouse chez Manga Cama, après avoir renommé la ville Camaya. Le nouveau roi donna toute la partie Nord de Koubia aux Dickoyankés et la partie Sud aux Céléyankés.

Mamadou Sanou Diallo fonda également Safa puis Bamba et finit sa vie à Daguiya.

Les descendants du fondateur[modifier | modifier le code]

Youssaou, le fils de Mamadou Sanou Diallo, fit la guerre du Gabou au Sénégal contre Dianké Wally Sané. Il installa sa capitale à Safa Youssaou Ya et épousa une fille de Dianké Wally Sané, Zalikatou Sané. Cette dernière est la jeune sœur de Koumantcho Sané, mère de l’empereur du Fouta Djallon, Alpha Yaya Diallo. Le couple royal eut un fils, Alpha Saliou Koubia, prince de Saliou Ya.

Un autre fils de Youssaou, Alpha Timba, s’opposa aux colons. Il fut arrêté et déporté à l’île de Fotoba, où il mourut en 1935.Ignorance incarnée; koubi est djallonké et non diakanké

Koubia aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La ville de Koubia a été rattachée à Labé. Elle devint sous-préfecture, puis préfecture. De nos jours, Koubia est une région administrative de la Moyenne Guinée.

La lignée des dickoyankés se rencontre en Guinée, au Sénégal, en Guinée Bissau, en Gambie, au Mali, au Burkina, au Niger. Ils sont toujours de nos jours appelés Diallo.