John Baird Callicott

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John Baird Callicott

XXe siècle, XXIe siècle

Description de l'image  J._Baird_Callicott_2.jpg.
Naissance 9 mai 1941 (73 ans)
Memphis (États-Unis)
Principaux intérêts éthique environnementale

John Baird Callicott (ou Baird Callicott) est un philosophe américain né en 1941, spécialiste mondial d'éthique environnementale. Il a été un professeur réputé de philosophie et d'études des religions à l’Université de North Texas, a enseigné dans plusieurs universités et publié de nombreux ouvrages sur des sujets philosophiques, techniques, scientifiques, ainsi que des anthologies. Il a contribué à plus de vingt ouvrages et est encore un conférencier de renom.

Il préconise la protection et l'amélioration de l'environnement par une gestion prudente et raisonnable des ressources naturelles et une utilisation sans faille de l'information disponible sur l'environnement. Ses théories, si elles n’ont pas bénéficié d’une large reconnaissance, semblent néanmoins avoir influencé de nombreux auteurs et personnalités du champ environnemental ou du développement soutenable.

Biographie[modifier | modifier le code]

Callicott est né aux États-Unis à Memphis, dans le Tennessee, le 9 mai 1941.
Il a commencé à étudier la philosophie au Rhodes College en 1963, puis a fréquenté l'Université de Syracuse, où il a reçu son doctorat en philosophie en 1971.
Tout en enseignant et faisant des conférences dans de nombreuses universités, il a été vice-président puis président de la société internationale d'éthique environnementale de 1994 à 2000. Il a été professeur de philosophie, sur le thème des ressources naturelles (University of Wisconsin-Stevens Point) de 1969 à 1995. Callicott a notamment étudié la pensée de l’écologiste américain Aldo Leopold. Callicott a modernisé l’éthique de la terre de Leopold, en l'appliquant à différents scénarios environnementaux contemporains.

En 1989, Callicott a produit un recueil d'essais intitulé In Defense of the Land Ethic. En 1991, Callicott a aidé à publier les œuvres finales de Léopold sous le titre de La rivière de la Mère de Dieu et autres essais.

Philosophie[modifier | modifier le code]

John Baird Callicott est connu comme l’un des pionniers de l'éthique environnementale ou plus largement des « éthiques de l'environnement » ; telles qu’on les appelle aux États-Unis ("environmental ethics").
Il prend comme principe premier la phrase d'Aldo Leopold : « Une chose est juste quand elle tend à préserver l'intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique ». (« A thing is right when it tends to preserve the integrity, stability, and beauty of the biotic community." »)
L'ouvrage Almanach d'un comté des sables (A Sand County Almanac) d’Aldo Leopold est un texte qui semble avoir été un des points de départ de la pensée de Callicott, généralement considéré comme étant la principale exploration contemporaine de « l’éthique de la Terre », telle que Leopold l'a définie, c'est-à-dire plus large et plus indépendante de la morale produite par l’homme pour l’homme que les approches précédentes.
Callicott dans un ouvrage intitulé « In Defense of the Land Ethic » (1989) explore les fondements de la pensée de Léopold et la replace dans une perspective philosophique plus large.
Dans « Beyond the Land Ethic » (Au-delà de l’éthique de la Terre), il élargit encore la philosophie environnementale de Léopold.
Il sera l'auteur de nombreuses conférences et publications sur l'éthique environnementale.

Callicott insiste sur le fait que l'environnement doit être protégé en préservant un haut degré de naturalité et une capacité à fonctionner de manière autonome.
La domestication industrielle des animaux, l’industrialisation de l’agriculture et les activités portant des atteintes importantes à l'écosystème naturel sont, pour lui, moralement inacceptables.

Son approche éthique ne cible pas l’évitement de toute souffrance ni la promotion du bien-être des animaux comme Peter Singer ou d’autres l’auraient fait, mais le maintien d’un ordre naturel que Callicott considère comme intrinsèquement bon. Une telle approche explique ses réserves concernant les thèses des mouvements de libération animale ou végétariens ou végétaliens.

Callicott, estimant que l’homme dépend des écosystèmes, préconise une vision écocentrée du monde, avec l'idée que des « communautés écologiques »(éléments d’écosystèmes) ont une valeur moralement considérable.

Callicott distingue trois types d’éthiques :

  • une éthique humaniste défend un statut à part pour l’humain
  • un moralisme humaniste rejette un statut à part pour l’homme, et le replace dans la nature, en reconnaissant des droits à l’animal et à la nature (ex : Peter Singer)
  • une éthique de la Terre (« Land Ethic ») donne une valeur principale au Vivant ( “biotic community”) en général, comme un « tout » dont l’homme fait partie, qui doit être respecté en tant que tel, et dont la pérennité doit être maintenue.

Dans son livre "Genèse" il étaye sa thèse centrale à partir de la notion de grand Soi développée par l'écologie profonde. Callicott peut être donc être considéré comme un des promoteur de l'écologie profonde. Cependant l'écologie profonde est une philosophie qui est plus basée sur la question de l'être (l'ontologie), alors que le travail de JB Callicott appartient plus au registre de l'éthique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages originaux en anglais[modifier | modifier le code]

  • In Defense of the Land Ethic: Essays in Environmental Philosophy Albany: State University of New York Press, 1989, ISBN 0-88706-899-5.
  • avec Susan L.Flader, The River of the Mother of God and Other Essays by Aldo Leopold, 1991, Madison: University of Wisconsin Press. ISBN 0-299-12760-5.
  • Genesis and John Muir, chapitre dans Covenant for a New Creation (Maryknoll, NY: Orbis Books, 1991)
  • Earth’s Insights: A Multicultural Survey of Ecological Ethics from the Mediterranean Basin to Australian Outback, Berkeley: University of California Press, 1994, ISBN 0-520-08559-0.
  • Beyond the Land Ethic: More Essays in Environmental Philosophy, Albany: State University of New York Press, 1999, ISBN 0-7914-4084-2.
  • avec Michael P. Nelson, American Indian Environmental Ethics: An Ojibwa Case Study. Upper Saddle River, NJ: Prentice-Hall, 2004, ISBN 0-13-043121-4.
  • Thinking Like a Planet: The Land Ethic and the Earth Ethic , Oxford University Press, 2014, ISBN 978-0199324897

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

  • Genèse : La Bible et l'écologie [« Genesis and John Muir »], Wildproject,‎ 2009, 112 p. (ISBN 978-2918490029)
  • Éthique de la terre, Wildproject,‎ 2010, 328 p. (ISBN 978-2918490067) (recueil d'articles de l'auteur)
  • Pensées de la terre : Méditerranée, Inde, Chine, Japon, Afrique, Amériques, Australie: la nature dans les cultures du monde [« Earth’s Insights: A Multicultural Survey of Ecological Ethics from the Mediterranean Basin to Australian Outback »], Wildproject,‎ 2011, 392 p. (ISBN 978-2918490081)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

1. “A thing is right when it tends to preserve the integrity, stability, and beauty of the biotic community. It is wrong when it tends otherwise” (Leopold 1949, p. 224–225).