Jean Dominique

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Jean Dominique était aussi le pseudonyme de Marie Closset (1873-1952) poétesse belge.

Jean Dominique
Naissance 30 juillet 1930
Port-au-Prince, Haïti
Décès 3 avril 2000 (à 69 ans)
Port-au-Prince, Haïti
Nationalité haïtienne
Médias
Média principal radio
Pays Haïti

Jean Léopold Dominique est un journaliste haïtien, né le 30 juillet 1930 à Port-au-Prince et mort assassiné le 3 avril 2000 dans cette même ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Septième d'une famille de huit enfants, il étudie l'agronomie en Haïti, puis part compléter sa formation à l'Institut national agronomique[réf. nécessaire] (INA), à Paris dans les années 1950. Là-bas, il découvre le cinéma, et tout son potentiel d'outil politique.

De retour en Haïti, il fonde le premier ciné-club du pays et incite les intellectuels à créer un cinéma national. Parallèlement, il commence à travailler à Radio Haïti. Deux ans après sa première collaboration au média, le propriétaire de la radio lui propose de racheter la radio.

Commence alors une grande aventure, que Jean Dominique mènera jusqu'à la fin de sa vie. Peu à peu, il parvient à échapper à la censure du pouvoir, pour offrir au peuple haïtien une information libre et en créole. Son combat, que sa femme Michèle Montas partagera, aidera le pays à se révolter contre la dictature des Duvalier, Papa doc et son fils Baby doc.

Néanmoins, il sera forcé, pour sauver sa vie, de s'exiler à plusieurs reprises, au Nicaragua et à New York aux États-Unis.

Après un retour triomphal en Haïti en 1986, Jean Dominique soutient avec passion dans un premier temps Jean-Bertrand Aristide. Aristide est élu en 1990, mais un coup d'État mené par Raoul Cédras le renversera, et contraindra Jean Dominique et sa femme à un second exil. De retour en 1994 à Haïti après le départ de Raoul Cédras sous la pression de l'administration Clinton, Dominique reprend radio Haïti-Inter, mais ne soutient plus la politique du parti Lavalas de Jean-Bertrand Aristide dont les dérives graves s'accumulent. Ses critiques virulentes le mettront lui et Michèle Montas en danger de mort, avec un contrat de 60 000 $[1] sur leurs têtes dans un pays soumis à la violence. Il a été assassiné devant les locaux de la radio le 3 avril 2000. Les assassins n'ont pas été identifiés, et les commanditaires sont soupçonnés d'appartenir au parti Lavalas[1].

Michèle Montas reprendra le combat de Jean Dominique et la radio, mais devra définitivement s'exiler en 2003 après une nouvelle tentative d'assassinat.

À voir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michèle Montas, une combattante de l'ONU, par Philippe Bolonpio, Le Monde du 09.02.07