Jean-Matthieu Douladoure

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Jean-Matthieu Douladoure, né en 1765, mort le 4 février 1858, est un éditeur et imprimeur français. Il prend la direction de l'imprimerie familiale et lui donne son essor, en s'appuyant essentiellement sur la clientèle institutionnelle, religieuse et administrative.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Matthieu Douladoure est de la sixième génération des Douladoure imprimeurs à Toulouse, dont le premier connu était Jean Douladoure, imprimeur à Toulouse en 1606[1]. Le père de Jean-Matthieu, Jean-Joseph Douladoure (1721-1785), imprimeur-libraire, est le fils de Joseph Douladoure (1683-1755), imprimeur-libraire, et de Marie-Anne Coste, et le petit-fils de Jean-Paul Douladoure, originaire de Mazère, près de Foix, et reçu imprimeur en 1683[2]. Jean-Joseph est reçu imprimeur en 1759 ; il s'associe un moment avec Baour[3],[4]. La mère de Jean-Matthieu, née Marguerite Vignaux, succède à son mari de 1785 à 1807, et imprime surtout des ouvrages administratifs[4],[5].

Essor de l'imprimerie[modifier | modifier le code]

Les mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, édités par Jean-Matthieu Douladoure.

Lorsque Jean-Matthieu commence à travailler dans l'imprimerie familiale, celle-ci est déjà une des deux plus importantes de Toulouse[6]. Il est associé de sa mère[7].

Sous la Révolution française, Jean-Matthieu Douladoure est dénoncé comme suspect et arrêté pendant la Terreur ; mais il reste peu de temps en prison[3],[7]. Il a pris soin de cacher tous ses livres à sujet religieux, et les écoule facilement après la signature du concordat sous le Consulat[3].

Auparavant associé, il prend la direction complète de l'imprimerie en succédant à sa mère en 1807[7], et c'est lui qui donne son véritable essor à l'entreprise[1],[3]. Douladoure reçoit officiellement son brevet d'imprimeur le 15 juillet 1811 et son brevet de libraire le 1er janvier 1813[7]. Il est qualifié d'imprimeur en lettres et de libraire sous le Premier Empire et la Restauration[8].

Il imprime et édite au moins six cents ouvrages, des livres administratifs ou juridiques comme une réédition du code civil ou une édition de la charte, les mémoires et travaux de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse et ceux de l'Académie des Jeux floraux, des livres géographiques et historiques, des cartes et des plans, des ouvrages scolaires et éducatifs, un grand nombre de livres religieux, des rééditions de La Fontaine et Rousseau, des adresses et des manifestes politiques, et aussi des travaux scientifiques comme des ouvrages de médecine ou la réédition des œuvres de Pierre de Fermat[9],[10].

Quand il meurt en février 1858, son entreprise a pris une envergure nationale, et elle est réputée être une des plus honorables et des plus anciennes de Toulouse[11].

Son petit-fils, qui s'appelle aussi Jean-Matthieu Douladoure, s'associe un moment avec les Éditions Privat. Il est le premier imprimeur de la région à remplacer la vapeur par l'électricité comme force motrice[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

Il épouse Christine L'Héritier.

  • Ils ont plusieurs enfants :
    • Jean-Marie-Prosper, usuellement Jean-Prosper Douladoure (1814-1871), qui prend sa succession[7].
      • Jean-Matthieu Douladoure (1849-1931), successeur à l'imprimerie[3],[12].
    • Jean-Joseph-Charles, usuellement Charles Douladoure (1816-1882), qui prend la succession de l'imprimerie avec son frère[7].
      • Louis Douladoure, associé de son cousin.
    • Pauline Douladoure, qui épouse Pierre Lasserre, notaire.
      • Christine Lasserre, qui épouse Édouard de Bouët du Portal (1835-1908).

Hommages[modifier | modifier le code]

La rue Douladoure, à Toulouse, porte son nom.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • « Douladoure, Jean-Matthieu », dans René Billoux, Encyclopédie chronologique des arts graphiques, Lorilleux,‎ 1943, p. 137 [extraits en ligne].
  • Philippe Wolff, « Douladoure (famille) », dans Les Toulousains dans l'histoire, Privat,‎ 1984, p. 292.
  • Jules Villain, La France moderne (…), Montpellier, 1911-1913, tome III, p. 932-933.
  • J.-P. et P. Douladoure, Une vieille famille de maîtres imprimeurs toulousains, Toulouse, 1937.
  • R. Corraze, « Notes pour servir à l'histoire de la librairie à Toulouse (1500-1540) », dans Bulletin philologique et historique du comité des travaux historiques, 1937.
  • « Douladoure, Jean-Mathieu (1765-1858) », Notice BnF no FRBNF14621415j.
  • J.-D. Mellot, Répertoire d'imprimeurs-libraires, 1500-1810, Éditions de la BnF, 2004, p. 203.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Billoux 1943, p. 137.
  2. Mellot, Répertoire d'imprimeurs-libraires, 1500-1810, Éditions de la BnF, 2004, p. 203.
  3. a, b, c, d, e et f Wolff 1984, p. 292.
  4. a et b Sudoc, « Douladoure, Jean-Joseph (1722-1785 ; imprimeur) ».
  5. « Douladoure, Jean-Joseph (Veuve) », dans Dictionnaire des femmes libraires en France, 1470-1870, Droz, 2003, p. 197.
  6. Philippe Wolff (dir.), Histoire de Toulouse, Privat, 1974, p. 369.
  7. a, b, c, d, e et f « Douladoure, Jean-Mathieu (1765-1858) », Notice BnF no FRBNF14621415j.
  8. Patrick Laharie, Liste générale des brevetés de l'imprimerie et de la librairie, Centre historique des Archives nationales, 2003, p. 32, 105, 108, 119, 133.
  9. Bibliothèque nationale de France, Catalogue général.
  10. Sudoc, « Douladoure, Jean-Mathieu (1765-1858) ».
  11. Revue de l'Académie de Toulouse et des autres académies de l'Empire, mars 1858, p. 267.
  12. Sudoc, « Douladoure, Jean-Matthieu (1849-1931) ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]