Industrialisation par substitution aux importations

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Il existe plusieurs types de politiques menées par les pays en voie de développement durant les années 1960 et jusqu'à nos jours ; celle de la substitution à l'importation se fonde sur des barrières tarifaires ou non tarifaires permettant au pays de produire lui-même ce qu'il importe à l'origine créant un développement autocentré. Le pays en question va donc produire de lui-même ce qu'il importait se mettant en situation d'indépendance par rapport aux autres pays d'où il importait. Cela implique aussi des limites. Celles-ci sont pour la plupart du temps le fait que le marché intérieur n'est pas assez développé (trop restreint) pour pouvoir permettre un développement de la nouvelle économie locale. De plus le pouvoir d'achat de la population (étant donné que c'est une économie en transition) n'est souvent pas suffisant pour faire décoller les industries naissantes. Inhérent à cela l'investissement ne peut être rentabilisé à 100 % par la demande insuffisante.

Principe général[modifier | modifier le code]

L'idée pour les pays voulant s'industrialiser est que leur économie est dépendante des importations des produits manufacturés provenant de l'étranger. Il leur faut donc substituer à ces importations une production nationale, et gagner ainsi leur indépendance. Ce processus se déroule en réalité en cinq phases ; celles-ci sont détaillées ici avec l'exemple du Brésil, qui est le seul pays à avoir achevé ce processus.

Première phase[modifier | modifier le code]

Il faut réduire les biens de consommation simples ; pour cela, on utilise les ressources du pays et les fonds disponibles pour créer des entreprises nécessitant un faible savoir technique, par exemple les industries textiles.

Deuxième phase[modifier | modifier le code]

C'est celle du machinisme, on réduit toujours les importations, dont certains biens d'équipement. Par exemple, la production de métiers à tisser. On « remonte la pente » en produisant des biens de meilleure qualité.

Troisième phase[modifier | modifier le code]

Le rôle de l'État augmente : il impose la diversification des industries, notamment par la création d'industries lourdes comme la cimenterie ou la sidérurgie, qui sont coûteuses mais rentables sur plusieurs décennies. Le Brésil a durant cette période commencé à exporter, car son marché intérieur ne pouvait satisfaire l'offre.

Quatrième phase[modifier | modifier le code]

Le pays produit des biens de consommation durable, comme l'électroménager, l'électronique de loisir, l'automobile. On tente alors d'augmenter le poids de la classe moyenne consommatrice de ces produits, et d'ouvrir l'économie à l'étranger en favorisant l'installation sur le sol de firmes multinationales.

Cinquième phase[modifier | modifier le code]

La diversification se poursuit jusqu'à ce que le pays soit en mesure d'exporter ; l'industrie de haute technologie, qui requiert de gros investissements est présente.

Pays ayant effectués une industrialisation par substitution aux importations[modifier | modifier le code]

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Cette forme d'industrialisation est progressive, et a donné de bons résultats avec le Brésil. Cependant, elle est difficile à mettre en œuvre, particulièrement à cause du marché de consommation intérieur, qui se révèle insuffisant pour absorber la production. Le Brésil y a remédié grâce à trois moyens :

  • L'entente commerciale afin d'exporter à l'étranger. cependant, dans le cas d'une industrialisation régionale comme cela a été le cas en Amérique latine, la concurrence est rude entre les pays, d'où l'échec du MERCOSUR ;
  • En augmentant le pouvoir d'achat. Seulement, le risque est de créer une société inégalitaire où seule une fraction minoritaire de la population aura accès à la société de consommation ;
  • En tentant la conquête de marchés extérieurs, mais c'est une solution difficile.

Articles liés[modifier | modifier le code]