Ibrahim ag Bahanga

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Ibrahim Ag Bahanga)
Aller à : navigation, rechercher

Ibrahim ag Bahanga, originaire de Tin-Essako dans la région de Kidal au Mali et mort le 26 août 2011[1],[2]alors qu'il avait une quarantaine années dans un accident de voiture au nord-est du Mali, d'après sa famille. Il était le plus radical des chefs rebelles touaregs du Mali. Il appartient à la tribu touareg des Ifoghas.

Simple berger, il intègre l'armée malienne où il se hisse jusqu'au grade de lieutenant.

Dans les années 1980[3], il suit une formation militaire au sein de la Légion verte en Libye avec d’autres rebelles touaregs du Mali et du Niger[4] puis rentre au nord du Mali et prend les armes au sein du Mouvement populaire de l'Azawad (MPA). Le Mouvement populaire de l'Azawad est issu du Mouvement populaire de libération de l'Azawad (MPLA) qui se scinda en deux : le Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) et le Front islamique arabe de l’Azawad (FIAA)). Il fait notamment partie, en juin 1990, de la deuxième rébellion touareg[5].

En décembre 2001, il prend en otage une dizaine de militaires pour faire ériger son village en commune, revendication qui est satisfaite.

Lors de l'affaire des 32 otages occidentaux enlevés par le GSPC dans le désert algérien en février 2003 et qui avaient transité par le Nord du Mali, Bahanga fait partie alors d'un comité de négociation mis en place par le président malien Amadou Toumani Touré.

Il prend part à la grande attaque du 23 mai 2006 contre deux garnisons à Kidal et Ménaka aux côtés du lieutenant-colonel Hassan Fagaga, rejoints par l'ex-rebelle historique Iyad ag Ghali et de Ahmada Ag Bibi[5]. Ensemble, ils fondent l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (ADC). À ce titre, Bahanga adhère pleinement aux accords d'Alger passé entre le gouvernement malien et la rébellion touareg.

Il devient membre du Haut conseil aux collectivités au même titre que Iyad ag Ghali.

Le 11 mai 2007, l'homme défraie une nouvelle fois la chronique en attaquant avec des rebelles nigériens un poste de sécurité à Tinzaouten. Blessé lors de l'attaque Ibrahim ag Bahanga est transporté par ses hommes à Tamanrasset en Algérie où il sera soigné à l'hôpital.

Il forme en septembre 2007 le groupe dissident Alliance touareg du Nord-Mali pour le changement (ATNMC) et entre en guerre contre l'armée malienne pendant un an[5]. Il attaque en mai 2008 le poste militaire d’Abeïbara et en décembre de la même année il donne l’assaut contre la garnison de Nampala. Des milices soutenues par l'armée le chassent finalement du territoire malien[5].

En février 2009, il se retrouve minoritaire dans l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement qui accepte de réintégrer le cadre des accords d'Alger. L'armée malienne harcèle et pilonne ses positions restantes, ses campements sont détruits. Ibrahim ag Bahanga est en fuite et se serait exilé en Libye[6],[5].

Début janvier 2011, après deux ans d'exil en Libye, il est revenu au nord Mali[7],[8]. En Libye, il s'était allié avec des vétérans de la rébellion de 1990 qui étaient devenus officiers de l'armée libyenne, tels que le colonel Mohammed Ag Najim. Il les convainc de rentrer au Mali avec le maximum d'armes et, pendant l'été 2011, des déserteurs touaregs se rendaient, armés, au Mali[5].

Il meurt le 26 août 2011 dans un accident de voiture[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Afp, « Mali: mort d'Ibrahim ag Bahanga, le plus radical des rebelles touareg », Journaldumali.com,‎ 27 août 2011
  2. Afp, « Mali: mort d'un chef touareg radical », Le Figaro,‎ 27 août 2011
  3. « Mort au Mali du chef touareg Ibrahim Ag Bahanga », sur RFI
  4. L’Algérie face à la poudrière sahélienne
  5. a, b, c, d, e, f et g Andy Morgan (trad. Courrier International depuis Think Africa Press), « Les clés de la guerre au Nord », Courrier International, France, Courrier International SA, no 1118,‎ 5-11 avril 2012 (lire en ligne)
  6. L'arrivée d'Ibrahim ag Bahanga en Libye par RFI [1]
  7. Le retour d'Ibrahim ag Bahanga par Jeune Afrique [2]
  8. Le retour d'Ibrahim ag Bahanga par RFI [3]