Harold Garfinkel

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Harold Garfinkel, né le 29 octobre 1917 dans le New Jersey et élevé dans la communauté juive de Newark[1] et mort le 21 avril 2011, est un sociologue américain. Il fut un assistant dissident de Talcott Parsons, puis l'élève de Aron Gurwitsch et Alfred Schütz. Il termina sa carrière académique en tant que professeur émérite de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA). Son représentant européen fut le Professeur Yves Lecerf, Professeur des Universités, Professeur aux Universités de Paris VII et Paris VIII (+ 1995). Le Professeur Vincent Frézal, dauphin du Professeur Yves Lecerf, lui succéda auprès du Professeur Harold Garfinkel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formé à la sociologie de Parsons et intéressé par la logique et la phénoménologie, il fonde une discipline appelée l'ethnométhodologie qui aura un retentissement considérable durant les années 1960 et 1970 dans le monde anglo-saxon.

L'une des études fondatrices de Garfinkel fut menée auprès d'un groupe de jurés. Le délibéré étant fait à huis clos, la légende dit que Garfinkel aurait placé un micro afin d'avoir accès à leur raisonnement[réf. nécessaire].

Garfinkel étudia également le travail continu réalisé pour accomplir une identité sexuée en enquêtant auprès d'une jeune transsexuelle, Agnes. Sa "performance" de genre bousculait les conceptions naturalistes des rôles sexuels et fournissait des arguments aux tenants des études de genres (Gender studies) et des travaux sur la transsexualité. Garfinkel mit en évidence le travail quotidien et de chaque instant que faisait Agnes pour "passer" en tant que femme. Ce faisant, il montrait que les comportements genrés (masculin/féminin) étaient une construction, un jeu de rôle… Et cela, autant chez les femmes transsexuelles que chez les femmes biologiques.

À travers toutes ses études, le mode naturel d'être au monde est étudié et décortiqué finement afin d'en expliciter tous les ressorts. À propos de l'aphorisme de Durkheim, "la réalité objective des faits sociaux est le principe fondamental de la sociologie", Garfinkel écrivit "il faudrait plutôt lire cet aphorisme comme suit : la réalité objective des faits sociaux est – en tant qu'elle est la réalisation locale, pratique, située, continue de chaque société – le phénomène fondamental de la sociologie"[2]. Prenant le contre-pied de l'approche durkheimienne, Garfinkel indique que les faits sociaux ne s'imposent pas, qu'ils ne sont pas des choses mais "l'accomplissement de ses membres"[3].

En France, ses travaux ont influencé notamment Bruno Latour, Albert Ogien et Louis Quéré.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Studies in Ethnomethodology, Prentice-Hall, Englewood Cliffs (NJ), 1967 (trad. fr., Paris, PUF, 2007)
  • (en) avec Michael Lynch et Eric Livingston, « The Work of a discovering science construed with materials from the optically discovered pulsar », dans Philosophy of the Social Sciences, 11, p. 131-158, 1981.
  • 1984, Le domaine d'objet de l'ethnométhodologie, in Arguments ethnométhodologiques, Cahier no 3, p. 6-11
  • 1984, Sur l'origine du mot "ethnométhodologie", in Arguments ethnométhodologiques, Cahier no 3, p. 60-70
  • 1984, Qu'est-ce que l'Ethnométhodologie ?, in Arguments ethnométhodologiques, Cahier no 3, p. 54-99
  • (en) Ethnomethodological Studies of Work, Routledge & Kegan Paul, Londres, 1986 ;
  • (en) Ethnomethodology's Program. Working out Durkheim's Aphorism, Rowman & Littlefield Publ., Inc., Lanham, 2002.
  • (en) Seeing Sociologically. The Routine Grounds of Social Action, Paradigm Publishers, Boulder, 1948-2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon la notice de Louis Quéré, « Harold Garfinkel », dans Encyclopædia Universalis, accès abonnés.
  2. H.Garfinkel, cité p.1 du numéro, consacré à l'ethnométhodologie, de la revue Problèmes d'Epistémologie en sciences sociales; arguments ethnométhodologiques, 1985, III.
  3. H.Garfinkel & H.Sacks, (1970, "On formal structures of practical actions", p.353 in J.C.McKinney et E.A.Tyryakian (eds), Theoritical Sociology: Perspectives and Developpements, New York, Appleton-Century-Crofts), cités par A.Coulon, 1987, L'éthnométhodologie, Paris, PUF, p.27

Liens externes[modifier | modifier le code]