Giuseppe Puglisi

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Giuseppe Puglisi
Bienheureux
Naissance 15 septembre 1937
Décès 15 septembre 1993 
Béatification 25 mai 2013 par le Cardinal Salvatore De Giorgi, au nom du pape François
Fête 15 septembre

Giuseppe Puglisi (souvent appelé Pino Puglisi) (né le 15 septembre 1937 à Palerme et mort le 15 septembre 1993 dans la même ville) est un prêtre catholique italien assassiné par la mafia. Il est reconnu comme Bienheureux par l'Eglise catholique. Sa fête est fixée au 15 septembre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un cordonnier et d'une couturière, il entre en 1953 au séminaire diocésain de Palerme et est ordonné prêtre par le cardinal Ernesto Ruffini. En 1961, il est nommé vicaire à la paroisse du Saint Sauveur dans le canton de Settecannoli, à côté de Brancaccio, et est nommé recteur de l'église de Saint-Jean des Lépreux. De 1970 à 1978, il est curé de Godrano, près de Palerme, dans un village marqué par une vendetta sanglante, et y amène au pardon les familles belligérantes.

En 1978, il est nommé vice-recteur du petit séminaire de Palerme et le 24 novembre, administrateur du service des vocations du diocèse. En 1983, il devient directeur du Centre régional pour les vocations, et enseigne au lycée classique Vittorio Emanuele II à Palerme de 1978 à 1993. En 1992, il devient directeur spirituel du séminaire de Palerme et dirige des mouvements d'évangélisation. Son attention se tournera progressivement vers le recrutement des jeunes par la Mafia.

Alors qu'il était, depuis 1990, curé de la paroisse de San Gaetano dans le quartier palermin de Brancaccio, il est abattu en pleine rue d'une balle dans la nuque. Son assassinat a été commandité par des chefs mafieux condamnés depuis à la prison à perpétuité.

Il avait gêné les chefs locaux, en les privant d'une partie de "leur" main d'oeuvre enfantine, par son travail social. Il brisait la résignation des habitants. En plein quartier mafieux, il avait organisé une cérémonie à la mémoire de Falcone et Borsellino, juges martyrs de la lutte antimafia. Enfin, il avait refusé de confier l'organisation des fêtes religieuses aux notables locaux, organisation qui aurait permis aux mafieux de trouver des financements. Pour les mafieux il s'agissait de défis inacceptables.[1]

Béatification[modifier | modifier le code]

Son martyre et ses vertus héroïques ont été reconnus par la congrégation pour les causes des saints, le 28 juin 2012, au titre duquel il a été déclaré vénérable.

Le 15 avril 2013, ses restes mortels sont déplacés du cimetière Sant'Orsola à la cathédrale de Palerme. Son corps a été retrouvé intact et sans traces de décomposition.

Le 25 mai 2013, il fut solennellement béatifié lors d'une cérémonie présidée par le cardinal Salvatore De Giorgi, au stade Renzo-Barbera de Palerme, au nom du pape François.

Le bienheureux Giuseppe Puglisi est fêté le 15 septembre.

Un éventuel procès en béatification a suscité de nombreux débats en Italie. L'ensemble de la hiérarchie catholique y devient d'accord pour affirmer l'incompatibilité absolue entre le christianisme et la mafia. Les témoins sont sollicités autant pour le procès civil que pour nourrir les réflexions théologiques sur le cas du curé. En particulier, l'assassin du curé, Salvatore Grigoli, se montre repenti au civil, converti auprès des religieux. Mais le principal problème pour la sanctification est que, selon la loi catholique, le candidat doit avoir été martyrisé par un non chrétien, or les mafieux sont des chrétiens, qui plus est baptisés dans la même paroisse que Giuseppe Puglisi. Pour contourner la difficulté, le cardinal Pappalardo s'interrogera, dans une homélie, si ces mafieux pouvaient être comptés parmi les vrais chrétiens, même s'ils ont reçu le baptême.Ces débats religieux influent jusqu'au procès laïc des assassins : en conclusion de son réquisitoire, le magistrat instructeur montrera que la vie du curé est similaire à celle de Jésus-Christ.[1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Deborah Puccio-Den, « Victimes, héros ou martyrs ? / Un saint antimafia ? », Terrain (revue), no 51,‎ septembre 2008 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]