Georg Spalatin

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Georg Spalatin

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Portrait par Lucas Cranach l'Ancien.

Nom de naissance Georg Burkhardt
Naissance 17 janvier 1484
Spalt (Franconie)
Décès 16 janvier 1545 (à 60 ans)
Altenbourg
Nationalité Drapeau du Duché de Saxe-Altenbourg Duché de Saxe-Altenbourg
Pays de résidence Drapeau du Duché de Saxe-Altenbourg Duché de Saxe-Altenbourg
Diplôme
Licencié de l'université d'Erfurt
Profession
prêtre, chanoine d'Altenbourg
Activité principale
précepteur, conseiller princier
Autres activités
chapelain

Georg Spalatin, pseudonyme de Georg Burkhardt (né le 17 janvier 1484 à Spalt, d'où son nom de plume et mort le 16 janvier 1545 à Altenbourg), fut l'un des plus éminents conseillers des ducs de Saxe Frédéric le Sage, Jean Ier et Jean-Frédéric. Converti dès 1521 aux idées de Luther, il est une figure majeure de la Réforme en Allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Burkhardt était le fils d'un tanneur de la petite ville franconienne de Spalt. À treize ans il fréquenta l'école de latin de la ville voisine de Nuremberg, et peu après s'inscrivit à l'Université d'Erfurt, dont il fut reçu bachelier en 1499. Il attira l'attention de Nikolaus Marschalk, le professeur le plus réputé de l'université, lequel fit de Spalatin son secrétaire et lui demanda de le suivre à la nouvelle Université de Wittenberg en 1502.

En 1505 Spalatin retourna à Erfurt pour y étudier le droit. On le recommanda à l'humaniste Conrad Mutianus, qui l'accepta dans son cénacle. Le nouveau protecteur de Spalatin lui trouva un poste de professeur au monastère de Georgenthal, et en 1508 le jeune homme fut ordonné prêtre par l'évêque Johann von Laasphe (celui-là même qui avait ordonné Martin Luther). En 1509 Mutianus recommanda Spalatin à l'Électeur Frédéric le Sage, qui en fit le précepteur de son neveu, le futur prince-Électeur, Jean-Frédéric.

Spalatin gagna bientôt la confiance de l’Électeur, qui l'envoya en 1511 à Wittenberg pour éduquer ses neveux, et lui obtint une sinécure de chanoine à Altenburg. En 1512 l'Électeur le nomma bibliothécaire princier. Il fut promu chapelain de la cour et premier secrétaire princier, en charge de toute la correspondance officielle et privée de l'Électeur. Son érudition et sa maîtrise peu ordinaire du grec en firent l'ornement de la Cour de Saxe.

Spalatin ne s'était jamais beaucoup intéressé à la théologie et, malgré ses fonctions de prêtre et de prédicateur, il se considérait d'abord comme un humaniste. Il est impossible de dire comment il entra en contact avec Luther — sans doute à Wittenberg ; toujours est-il que le réformateur exerça d'emblée une fascination sur lui, et s'imposa comme son maître-à-penser pour toutes les questions morales et religieuses. Les lettres de Spalatin à Luther sont aujourd'hui perdues, mais nous disposons des réponses de Luther, et celles-ci sont extrêmement riches d'enseignements, puisque le nom de Spalatin est toujours, d'une façon ou d'une autre, lié à chaque événement des premières années de la Reforme. Spalatin donna lecture des écrits de Luther à l'Électeur, et les traduisit à son intention du latin en allemand.

Spalatin accompagna Frédéric à la Diète d'Augsbourg en 1518, et prit part aux négociations avec les légats pontificaux, Thomas Cajetan et Karl von Miltitz. Il était aux côtés de l'Électeur lorsque Charles Quint fut élu empereur puis couronné. Il accompagnait encore son maître à la Diète de Worms, et fut toujours le premier conseiller de Frédéric dans la diplomatie serrée des premiers temps de la Réforme. Spalatin aurait dissuadé Luther sans relâche de publier ses écrits ou de critiquer ouvertement la papauté, mais à chaque nouvelle rupture avec Rome, il était le premier à traduire les libelles des « Évangélistes » et à justifier leurs actes.

À la mort de Frédéric le Sage en 1525, Spalatin prit congé de la Cour de Saxe et siégea désormais comme simple chanoine dans sa sinécure d’Altenburg, exhortant en vain le chapitre à entreprendre des réformes ; mais il n'en continuait pas moins d'assister aux diètes impériales, et conservait l'oreille des princes de Saxe, Jean et Jean-Frédéric.

Il se maria, puis se consacra aux inspections des écoles et églises de l'Électorat de Saxe, en charge de superviser la confiscation des revenus ecclésiastique et de veiller à leur transfert vers des œuvres laïques. Les princes lui demandèrent de poursuivre cette mission pour la Saxe Albertine. Spalatin était par ailleurs conférencier permanent de l’Université de Wittenberg. Vers la fin de l'année 1544, il sombra dans un état de profonde mélancolie, et mourut le lendemain de ses 61 ans à Altenburg. Il fut inhumé en la crypte de l'église Saint-Barthélémy.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Spalatin a laissé un grand nombre d'écrits, dont beaucoup sont demeurés inédits. Les plus importants sont, d'un point de vue historique :

  • Annales Reformationis oder Jahrbücher von der Reformation Lutheri, éditées par E. S. Cyprian (Leipzig, 1718)
  • "Das Leben and die Zeitgeschichte Friedrichs des Weisen" publiées dans Georg Spalatins Historischer Nachlass and Briefe, recueil de Christian Gotthold Neudecker et Ludwig Preller (Iéna, 1851)

Une liste complète de ses œuvres est donnée dans Georg Spalatin als sächsischer Historiograph par Adolf Seelheim (1876).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de biographie de Spalatin qui fasse référence, et sa correspondance reste à ce jour inédite.

Liens externes[modifier | modifier le code]