Fatao

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Fatao
Administration
Pays Mali Mali
Région Kayes
Cercle Diéma
Maire Mamadou Dabo (URD)
élu(e) en 2009[1]
Démographie
Population 10 239 hab. (2010)
Densité 51 hab./km2
Population précédent recensement 6 777 hab. (1998)
Taux de croissance annuel moyen 3.8 %
Géographie
Coordonnées 14° 19′ 00″ N 9° 32′ 00″ O / 14.316667, -9.533333 ()14° 19′ 00″ Nord 9° 32′ 00″ Ouest / 14.316667, -9.533333 ()  
Superficie 20 230 ha = 202,30 km2
Localisation

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Fatao est une commune du Mali, dans le cercle de Diéma, région de Kayes.

Jumelage[modifier | modifier le code]

La commune de Fatao est jumelée avec la ville française de Tremblay en France[2].

Politique[modifier | modifier le code]

Année Maire élu Parti politique
2000 Mamadou Gary Adéma-Pasj
2004 Bouyagy Traoré Adéma-Pasj
2009 Mamadou Dabo URD

Histoire[modifier | modifier le code]

La Commune Urbaine de Fatao est dans la région de Kayes. Elle comprend 5 quartiers : Diabira ; Mounta Soninké ; Gourdy;Kaimpo et Fatao et un hameau Boulé. Comprend près de 10 239 habitants. Située au cœur du Kaarta, la commune Urbaine de Fatao a un climat de type sahélien avec une alternance de 2 saisons : une saison pluvieuse et une saison sèche.

Le fondateur du village de Fatao, nommé Yari Gary, est un chasseur légendaire qui mesurait environ 2,54 m dont la tombe se trouve au sud-est de la colline de Fatao (lieu de culte où l’on fait des sacrifices). Au cours de ses randonnées vers 1830, il rencontra Bemba Niakate et Sayiné Dabo avec qui, il noua des pactes, la chefferie du village est confiée aux Niakate, la gestion des terres aux Dabo et les prises des décisions aux Gary. Le nom Fatao signifie en Soninké “entente” (consensus).

La population essentiellement composée de Sarakolé, elle connaît une forte migration vers l’Europe ; les USA et l’Afrique Centrale. La population migrante est d’un apport considérable dans la réalisation des infrastructures de la commune et la satisfaction des besoins quotidiens.

L’Histoire du village racontée par les Vieux et enregistrée par la TV du Mali Quelques photos des notabilités du village de Fatao prises le 7 avril 2000 au vestibule du Chef de village. Photos extraits de la video de l’ORTM (Office de la Radio Diffusion Télévision du Mali) intitulé « Légende et Folklore de Fatao »

J’ai retenu cette phrase de mon père Yary GARY le premier intervenant de l’émission télévisée de l’ORTM réalisée par Mody SOUMANO (Récit du Terroir). Il commençait son intervention par cette phrase :

« Quand un enfant parle de l’histoire d’un village on la lui a raconté ». Cette histoire m’a été racontée par mon père qui lui aussi la detient de son père. Comme le dit l’adage de même que la viellessse est synonyme de passé, la jeunesse est synonyme de l’avenir. Les Vieux sont les connaisseurs du passé. Les Jeunes sont le connaisseur du futur. Du souvenir de nos grands-parents raconté à nos parents et de celui des griots et des autres castes on peut reconstituer l’historique du village qui a emprunté son nom à la commune de Fataou ou Fatao.

L’histoire de Fatao est liée à trois (3) collines qui sont : 1. Fataou n’guidé (la colline sacrée des Dabo), 2. Koussourou n’guidé (la colline de Koussourou) 3. Bemba n’guidé (la colline de Bemba)

Saïné DABO l’ancêtre des Dabo qu’on qualifiait de diable à cause de son pouvoir d’invisibilité résidait dans Fataou n’guidé (colline de Fatao). Yary GARY un chasseur légendaire, impressionnant surtout par sa taille et sa force transitait par Fataou n’guidé avant de rejoindre son campement situé à Koussourou. Les chaussures pétrifiées de Yary long de plus de 2 mètres se trouvent dans le lit de la rivière de makankhoussé. Bemba Niakaté également un chasseur venu de Diara (village de Nioro du Sahel) a trouvé refuge dans la colline qui porte son nom (Bemba n’guidé). Sur l’initiative de Yary les trois hommes se sont rencontrés pour fonder un village. Le principe de création a été accepté et il fallait trouver un nom au village. Le nom qui a été trouvé est «Darou Hataou ou Darou Fataou » ce qui signifie « le consensus d’hier ». Il existe d’autres versions qui disent que « Fatao » veut dire « le lieu de toutes les facilités ».

Le village a été créé et baptisé Hataou ou Fataou, maintenant il faut lui trouver un chef. La réponse de Saïné à ce sujet est la suivante : « la chefferie de village des humains ne concerne que les hommes c’est à dire Bemba et Yary. Sachez seulement que Fataou n’guidé et son écosystème m’appartiennent ». Yary a cédé la chefferie à Bemba à condition qu’aucune décision ne soit prise en absence. Et c’est ainsi que Bemba Niakaté fut choisi comme le 1er Chef de village de Fatao. Le village de Fatao est resté à Koussourou pendant plus de 60 ans avant de transférer à Guidihallé (en soninké derrière la montagne). Le village restera à Guidihallé pendant 40 ans avant de passer à Kadébé (coté ouest de Fataou n’guidé).

Le village a fait plus de 100 ans à l’Est de Fataou n’guidé avant de transférer à l’ouest où les conditions s’avéraient plus favorables. 30 ans après le transfert à Kadébé Un groupe de Niakaté venu de Diara (dans le cercle de Nioro du Sahel) a reçu l’hospitalité auprès de Yary GARY. Ils ont épousé la fille de Yary du nom de Cissé Nagano[1]. Autorisation leur été donnée de s’installer dans la zone de LAMBO (LAMBODI : s’installer dans la zone des rivières) d’où le nom de Lambidou. C’est à cause de ces relation que les Fataou n’ké (habitants de Fatao) n’acceptent pas la phrase « Fatao à côté de Lambidou » mais plutôt « Lambidou à côté de Fatao ». Après 71 ans de vie à Kadébé les deux populations (celle de Fatao et de Lambidou) se sont vues envahis par les troupes d’Amadou de Macina qui ont le dessus. Ils ont fuient vers le Beledougou (actuel Kolokani) sous l’impulsion de Dosseni TRAORE chef de guerre du village. Après sept (7) ans d’exil les populations se décidèrent de rejoindre Yary qui était le seul et le premier à revenir sur la terre natale. C’est à cause de son acte de courage à venir chez lui qu’on l’a nommé Yary BANE (Yary le 1er). Yary GARY refonda le village à Khakhoubana Singa où la population hésitait encore à le rejoindre. On peut entendre dans les chansons folkloriques que le premier enfant né du retour de l’exil est une fille baptisée « Gounédi » ce qui signifie l’enfant dans la brousse ou l’enfant de la brousse. Une année plus tard le village est passé de Khakhoubana Singa pour retrouver sa position actuelle. De Bemba à Demba plus d’une vingtaine de chefs de village tous des NIAKATE se sont succédé. Comme le veut la tradition la chefferie du village est pour les NIAKATE. Les GARY sont intérimaires seulement le temps que les Niakaté désignent un autre chef. Le Niakaté qui sera désigné par les siens où qu’il soit est obligé de revenir à Fataou pour assumer sa fonction de chef de village ou de quartier.

[1] Cissé Nagana fille de Yary Nagana ou de Yary le Berger du Peuple. Nagana en soninké = Berger

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Informations sur les élus », sur Ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales,‎ 12 août 2009 (consulté le 18 mars 2010)
  2. http://www.tremblay-en-france.fr/fr/ville-monde/relations-internationales/fatao/impression.pdf?no_cache=1&print=1