El Haqed

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Mouad Belghouat, le jour de sa libération

Mouad Belghouat (معاذ بلغوات ), mieux connu sous son nom artistique El Haqed ou Lhaqed (l'enragé), souvent orthographié L7a9d dans la graphie Web/SMS, est un rappeur marocain né en 1988 à Casablanca.

Artiste engagé, militant actif du Mouvement du 20 février, il devient célèbre après son arrestation, survenue le 10 septembre 2011, quand la justice marocaine l'accuse de coups et blessures suite à une altercation avec une personne se disant « monarchiste ». Le phénomène L7a9ed n'a d'équivalent dans l'histoire de la scène musicale marocaine que le groupe Nass El Ghiwane dans les années 1970 et 1980.

Mouad Belghouat clame son innocence[1], et reçoit alors l'appui de nombreux soutiens, qui dénoncent « un procès politique monté de toutes pièces »[2]. La campagne de solidarité a été menée par le Mouvement du 20 février et par une partie de la société civile, via des manifestations[3], une campagne sur internet[4] et plusieurs sit-in devant le siège du tribunal de première instance d'Aïn Sebaâ[5].

Son cas a été très médiatisé par la presse marocaine et internationale[6]. Plusieurs reportages lui ont été consacrés dans les chaînes télévisées européennes[7].

Le 15 janvier 2012, Mouad Belghouat est condamné à 4 mois de prison, peine correspondant à la durée qu'il a passée en détention. Il est relâché à l'issue du procès.

Accusé d’« outrage à un officier public dans le cadre de ses fonctions et à un corps constitué », Mouad Belghouat a été condamné, en mars 2012, à un an de prison ferme. Il a été, en réalité, poursuivi pour l’une de ses chansons, dans laquelle il dénonce la corruption de la police marocaine. Il est libéré le 29 mars 2013[8].

Engagement pour les droits de l'homme[modifier | modifier le code]

S'exprimant essentiellement en darija, Mouad Belghouat est issu d'un quartier populaire de Casablanca. Il a collaboré avec des artistes de la scène underground marocaine comme MB1, Spo-pow et Jihanne.

Militant des droits de l'homme au Maroc, Mouad Belghouat est souvent comparé au rappeur engagé tunisien El Général. Il a été décrit comme « le Gavroche de la révolution marocaine », « représentant de la voix des opprimés » et « troubadour des temps modernes ». Plusieurs de ses titres sont ainsi nés lors des protestations de 2011. Au moins l'un d'entre eux s'en prend à mots à peine couverts au roi Mohammed VI.

Il vise à attirer l'attention sur « les mauvaises conditions de vie de la jeunesse marocaine » et accuse le régime d'utiliser et d'encourager la corruption[9] et de ne pas agir contre les problèmes autrement qu'avec des méthodes dignes d’un État policier.

Emprisonnement et procès[modifier | modifier le code]

Détention et mobilisation[modifier | modifier le code]

Accusé par la justice marocaine pour coups et blessures suite à une altercation avec une personne se disant « monarchiste », il est arrêté par la police et emprisonné. Il est auditionné pendant cette affaire sur ses connexions avec les mouvements de contestation.

Par la suite, plusieurs réseaux se mobilisent pour sa libération. Peu avant son jugement, l'Association marocaine des droits de l'homme a souhaité qu'El Mostafa Ramid, ministre de la Justice et des Libertés désigné quelques jours avant le procès, se penche sur le cas de Mouad Belghouat[10].

Procès[modifier | modifier le code]

Pendant le procès, la défense pointe plusieurs incohérences dans la version des faits présentée par la présumée victime, qui affirme être tombée dans le coma au cours de la bagarre et qu'elle n'aurait repris conscience que le lendemain. Or, le procès-verbal de la Police atteste que l'homme a porté plainte le soir-même[11].

Couvert par de nombreux médias, les audiences ont de plus été commentées en direct sur internet par des blogueurs et son comité de soutien[12].

Jugement et libération[modifier | modifier le code]

Le 15 janvier 2012, El Haqed est jugé coupable de l'accusation de « coups et blessures », innocenté du facteur aggravant de la préméditation, et condamné à 4 mois d'emprisonnement. Ayant passé la durée de la condamnation à la prison d'Oukacha, à Casablanca, il a été libéré le jour même.

L'un des avocats, dénonçant un verdict injuste et clamant l'innocence d'El Haqed, a déclaré leur intention d'interjeter appel[13].

Nouvelle arrestation

Il est de nouveau arrêté et mis en détention, et cette fois la police accuse le rappeur d'avoir posté une chanson sur internet avec des photos portant atteinte au corps de la police[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]