Duvet (plumage)

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Le terme duvet désigne de petites plumes légères dont les barbes ne sont pas enchevêtrées.

Pèlerine de duvet de canard. La surexploitation d'oiseaux sauvages pour la production de duvet a été l'une de leurs causes de régression ou localement de disparition
Pèlerine norvégienne de duvet de cormoran (Photo 1902)

C'est une matière première naturelle traditionnelle, sa production est indissociable aujourd'hui de la production des plumules qui servent aussi à fabriquer, entre autres les vêtements. Le plus réputé des duvets est le duvet de l'eider (qui est à l'origine du mot édredon). Le duvet est fortement concurrencé par les fibres synthétiques. En Europe, les élevages d'oies, notamment en Pologne, fournissent une grande partie du duvet naturel produit.

Selon la législation canadienne ce terme désigne plus particulièrement le plumage secondaire des oiseaux aquatiques, comme les oies, les canards et les cygnes, et consiste en des filaments légers et cotonneux (barbes) se ramifiant à partir du penne, mais n'ayant pas de rachis[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme duvet est une altération du normand et de l'ancien français dumet, deumet, diminutif de dum, dun, terme normand à l'origine issu de l'ancien scandinave dúnn (dun dans les langues scandinaves). On retrouve cette même racine germanique dans les termes : down en anglais, dons en néerlandais, daune en allemand.

Rôle[modifier | modifier le code]

Le duvet pousse plus particulièrement sur le poitrail des oiseaux pendant la saison de reproduction. Certaines espèces peuvent même volontairement arracher ces plumes pour constituer leurs nids, c'est le cas des Anatidae, dont les oies. L'homme a su tirer parti de cette particularité.

La production de duvet[modifier | modifier le code]

Le duvet était recherché chez les Romains, et les plumes de Germanie étaient les plus estimées[2]. Le coût était si important que les préfets militaires dépêchaient leurs soldats pour en récolter.

Aujourd'hui, la production est importante à cause des volumes de volailles produites en aviculture. Le duvet et les plumules peuvent être valorisées industriellement en étant incluses dans des articles textiles en usine. Les vêtements et produits à base de duvet sont perçus par la clientèle comme des produits de qualité.

Le recyclage d'artefacts en duvet est un usage fort ancien, les selliers-garnisseurs ou bourreliers récupéraient les vieux matelas, pour en produire des nouveaux.

La récolte continue dans les pays industriels d'être une source de revenus non négligeable. Elle est principalement pratiquée sur les canards ou les oies en Europe. Les revenus proviennent des animaux abattus et des mues naturelles à partir de l'âge de 9 à 10 semaines et toutes les six semaines pour produire 100g de plumes dont 10 % de duvet environ chez les oies[3].

Une fois l'oiseau abattu, les plumes peuvent être arrachées à sec mais il est plus facile et rapide d'échauder les oiseaux à environ 70°C pendant 1 à 3 minutes[3]. Les plumes dont les duvets sont arrachés manuellement, quelques fois avec l'aide d'une machine appelée plumeuse. Les plumes sont ensuite séchées dans des tambours pour qu'elles prennent du volume. Elles sont ensuite triées, industriellement par des machines à flux d'air[3]. Le plumage à sec n'implique pas de processus industriel et est plus rentable pour les éleveurs[3].

Les duvets blancs sont les plus recherchés.

Poudre[modifier | modifier le code]

La poudre est un type particulier de duvet. On la rencontre chez quelques genres d'oiseaux apparemment non apparentés et est donc probablement un exemple d'évolution convergente. Chez certaines espèces, les pointes des barbules de certaines plumes (appelées plumes à poudre) se désintégrent, formant de fines particules de kératine, qui apparaissent sous forme de poudre à la surface des plumes. Ces plumes poussent continuellement et ne muent pas[4]. Chez d'autres espèces, les grains de poudre proviennent de cellules qui entourent les barbules de plumes en période de croissance[5]. Ces plumes spécialisées sont généralement dispersées parmi les plumes ordinaires, mais chez certaines espèces, on les rencontre en groupes[6].

Tous les perroquets font de la poudre, certaines espèces (comme l'Amazone poudrée) en produisant de grandes quantités[7]. On le trouve aussi chez les tinamous et les hérons[6]. La poussière produite à partir de poudre de duvet est un allergène connu chez l'homme[8].

Les oiseaux avec de la poudre ont généralement une glande uropygienne réduite, mais tous les oiseaux avec une glande uropygienne vestigiale ou absente ne produisent pas forcément de poudre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Produits avec remplissages de plume : Glossaire », sur Bureau de la concurrence Canada
  2. Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle (X, 27)
  3. a, b, c et d « Production de plumes et de duvets (d'oies) », FAO
  4. (en) Home Study Course in Bird Biology, second edition, Cornell Laboratory of Ornithology,‎ 2003, p. 55 (Glossary)
  5. (en) Bruce Campbell; Elizabeth Lack (1985). A Dictionary of Birds. Carlton, England: T and A D Poyser. ISBN 0856610399
  6. a et b (en) Eduardo de Juana, Handbook of Birds of the World, Vol. 1: Ostrich to Ducks : Class Aves (Birds), Lynx Edicions, Josep del Hoyo, p. 39
  7. (en) Tony Juniper et Mike Parr, Parrots: A Guide to the Parrots of the World, London, Christopher Helm,‎ 2003 (ISBN 978-0-7136-6933-6), p. 17
  8. (en) Norman Klein, Sicklick, Marc J., « Bird Allergies - iVillage Your Total Health », iVilliage - Your Total Health,‎ 7 March 2007 (consulté en 22 décembre 2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]