Duel des Mignons

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Jacques de Lévis.
Louis de Maugiron.

Le duel des Mignons est un affrontement opposant plusieurs mignons du roi Henri III : Jacques de Caylus, Louis de Maugiron et Guy d’Arces, seigneur de Livarot, contre François de Ribérac, Georges de Schomberg (frère de Gaspard de Schomberg, comte de Nanteuil) et Charles de Balzac, baron d’Entragues, surnommé « le bel Entraguet », qui eut lieu le dimanche 27 avril 1578.

Cet événement étonna les contemporains par sa violence et par le fait que plusieurs des favoris proches du roi y trouvèrent la mort. Maugiron et Schomberg succombèrent pendant le combat. Ribérac mourut de ses blessures le lendemain à midi et Caylus, blessé dix-neuf fois, agonisa pendant trente-trois jours avant d’expirer le 29 mai. Quant aux deux autres, Livarot fut hospitalisé six semaines pour une blessure à la tête et Entraguet n’eut à déplorer qu’une légère égratignure.

Le duel a longtemps été vu à tort comme un combat entre les partisans du roi et ceux du duc de Guise[1] (Ribérac, Schomberg et Entraguet faisaient également partie des favoris d’Henri III), ou entre les partisans du roi et ceux du duc d'Anjou[2].

Causes du duel et résumé des faits[modifier | modifier le code]

Dans le compte-rendu qu’il fait des évènements[3], Jean de La Taille rapporte que la cause première du duel serait une querelle ayant opposé Caylus, grand favori du roi Henri III, à Entraguet, alors quelque peu en défaveur à la Cour, la veille au soir du duel. Caylus, apercevant Entraguet sortir de la chambre d’une dame aux mœurs réputées légères, se serait moqué de lui et les deux hommes conviennent très vite de régler la querelle par un duel en présence de témoins le lendemain à l’aube.

Le 27 avril 1578, vers cinq heures du matin, les protagonistes se retrouvent au marché aux chevaux près de la Bastille (à l’emplacement actuel de la Place des Vosges). Il y a d’un côté Charles de Balzac, baron d’Entragues et ses deux témoins, François d’Aydie de Ribérac et Georges de Schomberg, et de l’autre Jacques de Lévis, comte de Caylus, accompagné de Louis de Maugiron et Guy d’Arces de Livarot. Voyant Caylus et Entraguet sur le point d’en découdre, Ribérac, toujours d’après le récit de La Taille, aurait tenté une conciliation mais se heurta au désir de se battre de Maugiron. Voyant cela, Livarot et Schomberg décidèrent alors également de croiser le fer.

Les duels furent marqués par leur brièveté, les combattants ne portant aucune protection, et leur violence. Ribérac porta à Maugiron un coup d’estoc à la poitrine qui le tua sur le coup mais, emporté par son élan, vint s’empaler sur l’épée de son adversaire. Schomberg porta un violent coup de taille à Livarot, le blessant gravement à la tête, mais ce dernier répliqua aussitôt par une estocade mortelle au cœur de son adversaire. Caylus avait, quant à lui, oublié sa dague chez lui et se trouvait donc gravement handicapé dans son combat contre Entraguet, qui disposait, lui, de son épée et de sa dague. Obligé de parer les coups avec le bras, Caylus se retrouva vite couvert de nombreuses blessures. Touché dix-neuf fois à divers endroits du corps, Caylus finit par abandonner le combat alors qu’Entraguet ne souffrait pour sa part que d’une estafilade au bras.

En plus de Maugiron et de Schomberg, morts sur le coup, le duel fit deux autres victimes. Ribérac succomba en effet le lendemain à sa grave blessure, et Caylus agonisa pendant trente-trois jours à l’hôtel de Boisy[4], rendant finalement le dernier souffle le 29 mai, à la grande détresse du roi Henri III, qui vint souvent le voir à son chevet. Livarot finit par se remettre après avoir été hospitalisé six semaines mais resta estropié. Craignant d’être puni pour son acte, Entraguet s’éloigna de la Cour et se plaça sous la protection du duc de Guise avant d’obtenir finalement le pardon royal. Les contemporains de l’évènement furent frappés par la violence du duel, et notamment le fait que les témoins se soient également battus alors que leur rôle devait se cantonner à veiller au bon déroulement de la rencontre. Montaigne et Brantôme, en particulier, condamnèrent vigoureusement ce duel.

Littérature politique[modifier | modifier le code]

  • L’Anti-Guisart, probablement dû à un protestant, 1587
  • Le Théâtre de France, 1578, parle de la journée des pourceaux
  • Discours des querelles et de l’honneur, Guillaume de Chevalier, Paris, Matthieu Guillemot, 1598

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Le Roux, « Le point d’honneur, la faveur et le sacrifice. Recherches sur le duel des mignons d’Henri III » in Histoire, économie et société, XVI-4, 1997, p. 579-595.
  • Nicolas Le Roux, La Faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589), Seyssel, Champ Vallon, collection « Époques », 2001.
  • Jacqueline Boucher, « Contribution à l’histoire du Duel des Mignons (1578) : une lettre de Henri III à Laurent de Maugiron » in Nouvelle revue du XVIe siècle, Vol. 18, no 2, 2000, p. 113-126.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Le Roux, La Faveur du roi, Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589), Seyssel, chez Champ Vallon, 2000, p. 395
  2. Alexandre Dumas, La Dame de Monsoreau.
  3. Jean de La Taille, Discours notable des duels, de leur origine en France, et du malheur qui en arrive tous les jours au grand interest du public. Ensemble des moyens qu’il y auroit d’y pourvoir., Claude Rigot, Paris, 1607.
  4. Nicolas Le Roux, Le roi, la cour, l'Etat, de la Renaissance à l'absolutisme, coll. Epoques, Champ Vallon, Seyssel, 2013, p. 52.