Drift

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Démonstration à Chicago
Une Nissan 350Z en action

Le drift (littéralement « glissade » en français) est un sport automobile dans lequel le pilote contrôle le véhicule pendant qu'il glisse d'un côté vers l'autre sur une piste de course. Il se déroule sur piste bitumée et est jugé selon la vitesse, l'angle d'attaque, la méthode et le style plutôt que sur la rapidité.

Les voitures de drift sont généralement des propulsions compactes et coupé sports de moyen gabarit. Le but est d'envoyer le plus de puissance possible aux roues arrière pour réduire leur adhérence à la piste et ainsi glisser en faisant accélérer la voiture. Le drift doit être maintenu tout le long du virage en utilisant presque toute la puissance du véhicule, un freinage bien calibré et un survirage très précis.

Comment est jugé le drift ?[modifier | modifier le code]

Puisque les événements de drift sont jugés par l'exécution et le style, les juges doivent évidemment avoir l'habitude des limites de la voiture et des différentes techniques avancées utilisées par les pilotes. Les juges du Grand Prix D1, par exemple, sont des professionnels de formation pour le drift ou la course. Ces experts jugent et évaluent la vitesse, l'angle d'attaque, la qualité du spectacle et le contrôle du véhicule. Ces derniers connaissent parfaitement les limites des véhicules des concurrents, et jugeront aussi l'exploitation de la voiture. Une voiture qui n'est pas complètement exploitée est donc synonyme d'élimination. Tous les pilotes doivent faire une séance seul pour ensuite aller faire les rounds d'élimination Top 16 en « battle ». Ils doivent ensuite se qualifier dans le « Best 8 » (les huit meilleurs) avant de pouvoir avancer au « Final Four » (quatre meilleurs ou demi-finale) qui précède la grande finale. Aussi excitant que le drift solo, ce type de spectacle allume incroyablement les spectateurs. Des facteurs comme ralentir au point de gêner l'adversaire, foncer dans un autre véhicule ou faire un tête-à-queue excluent immédiatement le pilote. Pour avancer au round suivant, le pilote doit user de tactiques telles que mettre de la pression à l'adversaire en ayant des angles de drift plus agressifs ou amorcer les virages très rapidement. Les juges connaissent réellement les capacités des voitures des concurrents et si le pilote n'atteint pas les limites de la voiture, il sera éliminé.

L'histoire du drift[modifier | modifier le code]

Le mouvement aurait débuté dans les années 1980 au Japon. Comme d'autres formes de courses professionnelles d'aujourd'hui, l'interprétation moderne du drift a évolué d'une forme de courses de rues illégales pratiquées dans les routes sinueuses de montagne appelée Touge (prononcer « to-gué »). Le Touge était pratiqué par les Zoku (prononcer « zo-kou ») qui voulaient tronquer de précieuses secondes de leur temps entre deux points. Par la suite, plusieurs de ces Zoku ont commencé à adopter des techniques de conduite pratiquées par les pilotes de rallye. Ces techniques consistaient à terminer un virage rapidement sans sacrifier trop d'élan. Au fur et à mesure que les pilotes de Touge adoptaient ces techniques, ils ont découvert que non seulement leurs performances de conduite et leurs temps en étaient améliorés mais la sensation était beaucoup plus intense. Du Touge, le drift était né. En d'autres termes, le drift permet d'aller plus vite dans les virages qu'en grip.

Les techniques de base pour le drift[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs techniques de drift. Les techniques les plus utilisées sont le « e-brake » ainsi que le « feint drift ».

E-brake et Long slide[modifier | modifier le code]

La technique e-brake (pour emergency brake, qui signifie « frein d'urgence », plus communément « frein-à-main »), encore appelée « side brake » (« frein de côté »), est la plus facile, elle consiste à activer brièvement le frein-à-main en le laissant déverrouillé, permettant à l'arrière du véhicule de perdre de la motricité, accompagné d'une légère survitesse à l'entrée du virage, puis d'accélérer et contre-braquer de manière dosée. C'est une technique peu avancée, qui fait perdre du temps, d'où son utilisation très restreinte, réduite aux épingles et fréquemment utilisée pour redresser un véhicule en sous-virage en courbe. Utilisé également pour les véhicules à traction avant (voir plus bas FF drift).

Une variante du « side brake », appelée « long slide » (« longue glisse »), est utilisée pour les virages de moyenne à haute vitesse. Cette technique est une utilisation plus précoce du frein à main souvent aux abords des virages précédés par une ligne droite, permettant d'initialiser la dérive plus tôt, la voiture étant freinée uniquement par son utilisation. Ce drift est réalisé en tirant le frein à main en abordant le virage et en le maintenant jusqu’à la fin du virage.

Power over[modifier | modifier le code]

Le « power over » (« sur-puissance ») est une technique simple qui consiste à aborder un virage à allure modérée, puis à accélérer violemment en entrée de virage tout en braquant plus ou moins fort suivant la puissance du véhicule ; une voiture puissante est nécessaire et un contre-braquage rapide est à prévoir.

Il faut continuer d’accélérer jusqu’à ce que les roues récupèrent de l’adhérence; freiner ou relâcher l’accélérateur parce que le véhicule est dans un état de survirage extrême fera perdre le contrôle au véhicule.

Clutch kicking[modifier | modifier le code]

Le « clutch kicking » (en français « coup d'embrayage ») consiste à débrayer alors qu'on est en pleine accélération et à re-embrayer brusquement, donnant ainsi d'un coup plus de régime moteur et de couple aux roues, ayant pour effet la perte d'adhérence. Cette méthode est souvent utilisée pour prolonger une dérive qui semble se terminer prématurément lorsqu'un virage plus serré se rouvre par exemple. Les voitures les plus friandes de cette technique sont les Toyota Corolla (AE86) et Starlet (KE70), ou les BMW série 3 (E30) qui sont faibles en puissance et donc nécessitent sans cesse ce type d'utilisation, qui est à la fois un compromis entre conservation de vitesse et efficacité. A l’approche d’un virage ou durant un léger drift, appuyer soudainement sur l’embrayage, le cahot corrige la trajectoire en faisant chavirer l’arrière.

Feint drift[modifier | modifier le code]

Le « feint drift » (« feint » signifie une « feinte », on l'utilise entre autres pour surprendre la voiture qui suit) est tout simplement un transfert de masse. La technique consiste à se positionner à l'intérieur à l'abord d'un virage, puis à donner un coup de volant rapide vers l'extérieur pour ensuite entrer l'arrière du véhicule et le délester de son poids pour provoquer un survirage. Sur une piste très sinueuse, le « feint drift » peut être utilisé pour boucler tout le circuit en drift, en liant les virages les uns aux autres par des transferts de masse de ce type.

Braking[modifier | modifier le code]

Le « braking » (« freinage ») consiste à freiner continuellement avant le virage puis à son début tout en ayant une vitesse supérieure à la normale : le simple fait de relâcher le frein met la voiture en survirage. Cette performance est réalisée en freinant fortement dans un virage, ce qui entraîne une perte d’adhérence et ensuite en rééquilibrant le drift à travers les mouvements de la direction et de l’accélérateur. (Ce drift est essentiellement adapté pour les virages pris à vitesse moyenne ou faible).

Left foot braking[modifier | modifier le code]

Le « left foot braking » (« freinage du pied gauche ») est une technique souvent utilisée dans les courses de rallye. Cela consiste à donner beaucoup de révolution au moteur (traction) et appuyer fortement sur la pédale de frein avec son pied gauche pour ainsi bloquer les roues arrière sans bloquer les roues avant. C'est aussi une très bonne technique pour prendre des virages serrés sans perdre de la vitesse à la sortie. C'est une technique très difficile à manier.

Manji[modifier | modifier le code]

Le « manji » se pratique en ligne droite, c'est un enchaînement de « feint » de part et d'autre de la piste en employant toute la largeur de celle-ci. Également appelé « choku-dori » qui se traduit par « queue de poisson ».

Dirt drop drift[modifier | modifier le code]

Lors de ce drift, les pneus arrière passent de la route au bas-côté (dans la terre) pour maintenir ou gagner un angle de dérive sans perdre de puissance puis se stabilisent (technique adaptée pour les voitures de faible puissance).

Jump drift[modifier | modifier le code]

Dans cette technique, le pneu arrière rebondit au-dessus de la bordure du trottoir à l’intérieur du virage (ou au sommet) pour perdre de la traction résultant d’un braquage excessif.

Swaying brake[modifier | modifier le code]

C’est un drift caractérisé par un lent balancement de l’arrière vers l’avant de la voiture dans le virage.

FF drift[modifier | modifier le code]

Sur les véhicules à traction avant et moteur à l'avant (FF signifie « Front-engine, Front-wheel drive »), le frein d’urgence tout comme le volant et les techniques de freinage doivent être utilisés pour équilibrer la voiture dans le virage (le frein d’urgence, ou frein à main, est la principale technique pour équilibrer un tel drift).

Shift lock[modifier | modifier le code]

Ce drift est réalisé en laissant diminuer le nombre de tours par minute par un changement de rapport dans un virage, puis en lâchant l’embrayage pour exercer une tension sur la transmission et ralentir l’arrière de la voiture (c’est comme tirer le frein d’urgence dans un virage – Ceci doit être réalisé sur route humide afin de ne pas abîmer la transmission).

Appel / contre-appel[modifier | modifier le code]

Technique qui consiste à mettre la voiture en dérive pour passer un virage plus vite. Un premier appel (bref coup de volant dans le sens du virage) va mettre la voiture en survirage, ensuite un contre-braquage va permettre de remettre les roues dans l'axe de la route pour sortir du virage.

Race drift[modifier | modifier le code]

C’est une performance réalisée en course de vitesse, en entrant à grande vitesse dans le virage, le pilote lève le pied de l’accélérateur pour braquer un peu trop et ensuite équilibre le drift à travers les mouvements du volant et de l’accélérateur (la voiture utilisée pour ce type de drift doit être à l’équilibre, par conséquent le pilote pourra braquer à l’excès. Si la voiture avance péniblement dans un virage, cette technique ne fonctionnera pas).

Talon-pointe (ou pointe-pointe)[modifier | modifier le code]

Appelée « heel-and-toe » en anglais, cette technique vise à effectuer un double débrayage pendant un freinage en utilisant le pied droit à la fois sur la pédale de frein et la pédale d'accélérateur. Pour ce faire, le pilote place soit la pointe du pied sur le frein et le talon sur l'accélérateur, soit le côté gauche de la pointe sur le frein et le côté droit sur l'accélérateur.

Power slide[modifier | modifier le code]

Le « power slide » (« glisse sous accélération ») est une phase du drift, il débute généralement dans le virage à partir du moment où la glisse s'épuise et où l’accélération devient nécessaire pour la poursuivre. La voiture se gère à l’accélérateur à partir de ce moment jusque la fin de la courbe.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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