Demeure du Chaos

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45° 50′ 15.5″ N 4° 49′ 34″ E / 45.837639, 4.82611

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Photo panoramique

La Demeure du Chaos (parfois abrégé DDC) est un ancien relais de poste du XVIIe siècle, situé à Saint-Romain-au-Mont-d'Or, entièrement transformé et déstructuré sous l'impulsion de Thierry Ehrmann son actuel propriétaire.

La Demeure du Chaos est aussi devenu un musée d'art contemporain, sous le nom de Musée L'Organe[1], dont l'entrée est gratuite[2].

Histoire de la propriété[modifier | modifier le code]

La propriété, appelée Domaine de la Source, qui fut un temps utilisée comme relais de poste de Saint-Romain-au-Mont-d'Or au XVIIe siècle, était à l'origine le temple protestant de Saint-Romain-de-Couzon[3]. Plus tard, Saint-Romain-de-Couzon se scinde en deux villages distincts : Saint-Romain-au-Mont-d'Or et Couzon-au-Mont-d'Or. Saint-Romain-au-Mont-d'Or est aujourd'hui un village au vieux patrimoine où les modifications architecturales sont soumises à l'autorisation de l'Architecte des bâtiments de France. Suite aux interventions artistiques, l'aspect initial de la demeure a été profondément modifié : murs éventrés et calcinés, adjonction d'éléments architecturaux, façades peintes avec des teintes sombres, etc.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le World Trade Center en ruines :
motif apocalyptique d'inspiration pour la Demeure du Chaos
Graffiti de Nelson Mandela par Thierry Ehrmann.

S'étendant sur 12 000 m², et cernée de caméras de vidéo de surveillance, la Demeure du Chaos a l'apparence d'un vaste décor post-apocalyptique, sorte de no man's land militaire, où se côtoient de nombreuses installations : vestige de météorite, hélicoptère écrasé au sol, squelettes calcinés de voitures, inscriptions géantes peintes sur les murs, les sols et les toits, sculptures menaçantes de ferrailles rouillées, vestiges d'incendies, poutrelles et structures de béton de blockhaus, têtes de mort monumentales dans les arbres... Aujourd'hui, la DDC est un musée d'art contemporain. L'entrée est libre et gratuite, le visiteur peut repartir avec un poster gratuit ainsi que le livre Honte à Vous, et s'il le désire, il peut signer la pétition de soutien à la demeure du chaos.

Cette création collective figure notamment les scènes médiatisées de catastrophe, et des évènements d'actualité comme les attentats du 11 septembre 2001 et les émeutes dans les banlieues françaises.

Cette Demeure du Chaos, initiée dès 1999 par Thierry Ehrmann artiste plasticien et qui accueille l'exposition 30 ans de sculptures de Thierry Ehrmann [4] rassemble et intègre 4 509 œuvres d'art, réalisées par plus de 70 artistes[réf. nécessaire] [5], dans un concept de perpétuelle création comparé à celui de la Factory [6].

La Demeure du Chaos est également le siège de l'entreprise Groupe Serveur dont Thierry Ehrmann est président, et ses filiales, dont Artprice. La Demeure du Chaos est aussi le siège de la SARL le Musée L'Organe, société qui gère la demeure du chaos.

Bataille judiciaire[modifier | modifier le code]

Les médias ont fortement relayé cette affaire à ses débuts tant l'originalité de la démarche a heurté les riverains. Les immenses travaux ayant été réalisés sans autorisations préalables, la justice a condamné Thierry Ehrmann à une remise en état des murs extérieurs du bâtiment. Excédés par la gêne causée par la DDC et la lenteur de la Justice, des voisins se sont constitués en collectif des Saromagnots depuis le 15/01/2012 pour demander l'application de la décision de la cour d'appel de Grenoble[7].

Le non-respect des règles d'urbanisme, ainsi que le mécontentement d'habitants du village[réf. nécessaire], ont motivé le maire du village (Pierre Dumont) à porter plainte en 2004.

Le 16 février 2006, le tribunal a condamné Thierry Ehrmann à remettre sa demeure en état, sous peine d'une astreinte de 75 euros par jour.

Le 13 septembre 2006, la cour d'appel de Lyon a condamné Thierry Ehrmann à une amende de 200 000 euros pour « absence de déclaration préalable d'une œuvre supérieure à 40 m3 », sans obligation de restituer les façades dans leur état d'origine. Si cette décision de justice, souligne le non-respect des règles de l'urbanisme par Thierry Ehrmann, elle reconnaît également que « la Demeure du chaos est indiscutablement une œuvre d'art », en la protégeant, c'est-à-dire en n'imposant ni sa destruction, ni sa modification[8].

Le parquet de Lyon et la mairie se sont pourvus en cassation[9].

Cette bataille judiciaire rappelle l'affaire Brancusi dans les années 1920, où la justice était confrontée à la question du statut d'œuvre d'art[10], notamment dans l'intervention du procureur général de Lyon : « L’attendu [de l’arrêt de la Cour d’appel] selon lequel il s’agit d’une œuvre d’art pose problème : est-ce que la justice est compétente pour décider de ce qu’est une œuvre d’art ? [9]».

L'arrêt est cassé et renvoyé devant la cour d'appel de Grenoble[11]. Ce procès s'est terminé le 18 novembre 2008 à 13 heures, et le jugement a été mis en délibéré au 16 décembre à 14 heures. Lors de cette audience, l'Avocat général représentant le Ministère public a demandé la remise en état de la Demeure. Le 16 décembre 2008, La cour d'appel de Grenoble a demandé la remise en état de la Demeure du Chaos dans un délai de 9 mois avec, passé ce délai une astreinte de 75 € par jour, ainsi qu'une amende de 30 000 €.

C'est cette fois-ci Thierry Ehrmann qui s'est pourvu en cassation. La cour a rejeté son pourvoi dans son arrêt du 15 décembre 2009[12].

Les recours français étant épuisés, Thierry Ehrmann confirme dans un communiqué de presse du 16 décembre 2009 sa volonté d'engager un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme[13].

Le 7 juin 2011, la cour européenne des droits de l'homme déclare l'irrecevabilité de la requête de M. Ehrmann[14].

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À ce jour, Thierry Ehrmann est condamné à une remise en état de son domaine. Mais, il ne se plie pas aux injonctions de justice. Une audience devant la Cour d'appel de Grenoble (cour qui avait condamné Thierry Ehrmann en décembre 2008 par jugement devenu définitif) a eu lieu le 18 mars 2013 afin d'examiner le relèvement des astreintes à 1500 euros par jour, conformément aux demandes de la commune et du ministère public. L'avocat de Thierry Ehrmann avait présenté trois questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) qui, après examen par les trois juges de la Cour, seront éventuellement transmises pour examen, mais cela semble peu probable, deux questions étant hors sujet et les trois QPC ayant été "démontées" par le procureur et en partie le président de la Cour lors des débats.

Dans un article du Wall Street Journal[15], du 22 mars 2013, la journaliste Noémie Bisserbe, a confirmé que Thierry Ehrmann a déposé un deuxième recours devant la Cour européenne des droits de l'homme qui est en cours d'étude. Information confirmée par l'échange de courrier entre Maitre Dumoulin et Maitre Benabent [16].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'Organe », sur societe.com (consulté le 7 avril 2012)
  2. « La Demeure du Chaos (Musée l'Organe) », sur lyonpoche.com (consulté le 20 février 2012)
  3. « Lyon : le temple de St Romain de Couzon », sur temples.free.fr (consulté le 20 février 2012)
  4. Lyon Poche
  5. La dernière publication du catalogue raisonné de la Demeure du Chaos (ISBN 2-914674-03-1) datant de mai 2006 recense 2 500 œuvres réalisées par 45 artistes. Les nouveaux chiffres tirés du site officiel de la Demeure du Chaos n'ont pas encore été publiés ni vérifiés.
  6. The neighbor from Hell
  7. Collectif des Saromagnots
  8. Isabelle Tallec, « Victoire du Chaos », sur lexpress.fr,‎ 14 septembre 2006 (consulté le 24 mai 2012)
  9. a et b « La Demeure du Chaos » en cassation - 20Minutes.fr, information en continu
  10. (en) « Terrorising the French countryside », sur smh.com.au,‎ 18 décembre 2006 (consulté le 24 mai 2012)
  11. Cour de Cassation, arrêt du 11 décembre 2007
  12. « France, Cour de cassation, Chambre criminelle, 15 décembre 2009, 09-80709 », sur juricaf.org,‎ 15 décembre 2009 (consulté le 24 mai 2012)
  13. « Pourquoi je saisis La Cour Européenne des Droits de l’Homme pour défendre la liberté d’expression en France », sur blog.ehrmann.org,‎ 25 décembre 2009 (consulté le 24 mai 2012)
  14. « Déclaration de l'irrecevabilité d'une requête par la CEDH : Protection du patrimoine culturel », sur mediaterre.org,‎ 12 août 2011 (consulté le 24 mai 2012)
  15. Wall street journal
  16. [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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