Boulevard Pershing

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17e arrt
Boulevard Pershing
le futur Bd Pershing ( route de la révolte) coupé par les fortifs
le futur Bd Pershing ( route de la révolte) coupé par les fortifs
Situation
Arrondissement 17e
Quartier Ternes
Début 1 rue du Dobropol
Fin Place de Verdun et place de la Porte-Maillot
Morphologie
Longueur 450 m
Largeur 30 m
Historique
Dénomination 1931
Géocodification
Ville de Paris 7248
DGI 7298

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Boulevard Pershing

48° 52′ 49″ N 2° 17′ 00″ E / 48.880353, 2.283343

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Le boulevard Pershing est une voie publique situé dans le 17e arrondissement de Paris.

Le général Pershing
à son arrivée en France en 1917

Description[modifier | modifier le code]

Le boulevard Pershing débute au no 1 de la rue du Dobropol et no 51 boulevard Gouvion-Saint-Cyr) (dont il prolonge la partie Nord), traverse la place du Général-Koenig (précédemment, place de la Porte des Ternes et antérieurement rond-point de la Révolte) et se termine place de la Porte Maillot. C'est un tronçon de la Route de la Révolte (RD 11), créée vers 1750 sur l'emplacement d'un ancien chemin conduisant à Saint-Denis.

Le Boulevard Pershing en 2014

Il longe le Palais des congrès de Paris par l'Ouest (côté Paris) et le périphérique par l'Est (côté Neuilly).

Historique[modifier | modifier le code]

Le boulevard Pershing est le premier tronçon de l'ancienne Route de la Révolte , cet ancien chemin conduisant du Bois de Boulogne et de la Porte Maillot en ligne droite jusqu'à Saint-Denis.

La construction des fortifications de Thiers interrompt le chemin direct entre les bastions no 50 et no 48. Une voie militaire, le Boulevard de l’Éperon (RD 11) assure alors sa continuité en contournant les fortifications, par l’extérieur[1]. Ce nom provient d'une petite plaine faisant partie de la plaine des Sablons, appelée dans les terriers anciens, Réserve Royale de l'Éperon à cause de sa forme[2].

Le tronçon resté à l'intérieur de l'enceinte fortifiée devient le tronçon sud du boulevard Gouvion-Saint-Cyr, un élément de la rue militaire.

La partie interrompue a été rouverte par la Ville de Paris sur l'emplacement du bastion no 50. Cette ouverture nommée Porte de Sablonville, rejoindra alors la partie nord du boulevard Gouvion-Saint-Cyr selon le tracé actuel, reconstituant ainsi la ligne droite de l'ancienne Route de la Révolte.

accueil triomphal de Pershing à Paris en juin 1917.jpg
accueil triomphal de Pershing
à Paris en juin 1917

Le boulevard rouvert fut d'abord appelé boulevard de Verdun jusqu'en 1931[3]. Situé jusque là sur le territoire de Neuilly-sur-Seine, il fut annexé à Paris en 1929 et il y eut dès lors double emploi du nom avec l'Avenue de Verdun située dans le quartier de l'Hôpital Saint-Louis (10e arrondissement). Il fut rebaptisé du nom du « Marshall » John Pershing (1860-1948), maréchal des États-Unis, commandant des forces américaines en France pendant la guerre de 1914-1918.

Dans le quartier de la porte Maillot, il ne reste que la place de Verdun située au débouché des rues du Midi et de Dreux, à la limite du territoire de Neuilly-sur-Seine et du périphérique (elle ne comporte que deux immeubles qui ne font pas partie de Paris).

Les plaines des Sablons et de l'Éperon[modifier | modifier le code]

Plaine des sablons et réserves de chasse en 1744
Les réserves de Chasse Royales
et les sablons en 1744

Entre Neuilly et les Ternes, existait naguère une vaste plaine que son sol pierreux et calcaire a fait nommer des Sablons ; elle régnait le long du Bois de Boulogne, à partir de la Porte Maillot, et s'étendait jusque vers les terres de Clichy[4]. Ce ne furent longtemps que des terres pauvres à cultiver et des réserves de Chasses Royales[2].

« Puis, on entreprit de faire de la plaine des Sablons un jardin public ; des plantations y furent faites, on y établit des jeux et des amusements ; mais la stérilité et l'aridité du terrain, et surtout le voisinage du Bois de Boulogne, rendirent inutiles les efforts que l'on tenta. La pensée d'en faire une ville fut plus heureuse ; on y a bâti de jolies maisons qui ont formé Sablonville »[4]

Événements et Lieux Historiques[modifier | modifier le code]

La culture des pommes de terre[modifier | modifier le code]

C'est en 1786 à Neuilly, sous Louis XVI, que l'apothicaire Antoine Parmentier ([1737-1813), réussira les premières cultures de la pomme de terre dans la plaine des Sablons. Il démontra que les pommes de terre poussent facilement, même dans le sable, qu'elles sont goûteuses et bonnes pour la santé, à condition de manger le tubercule sans les feuilles.

Grandes revues des Sablons[modifier | modifier le code]

 l'École de Mars en 1794
l'École de Mars en 1794

Louis XV et Louis XVI passaient la revue de leurs gardes françaises et de leurs gardes suisses dans la plaine des Sablons, qui longeait l'avenue de Neuilly (aujourd’hui avenue de la Grande-Armée) depuis le rond-point de l’Étoile jusque au-delà la Porte Maillot, il y avait une telle cohue de curieux accourus de Paris que les régiments manœuvraient presque au milieu de la foule[5].

École de Mars[modifier | modifier le code]

Le 1er juin 1794, la Convention crée par décret l'École de Mars qui a pour but de dispenser une éducation révolutionnaire et de former les futurs soldats de la République. Située dans la plaine des Sablons, elle accueille plus de 3 000 élèves, âgés de 16 à 17 ans, en juillet 1794, pour recevoir une éducation militaire assez rude. Après la chute de Robespierre, l'École de Mars est dissoute dès le 23 octobre 1794. Une rue de Neuilly en rappelle le souvenir depuis 1908[6].

coup d'État du 13 Vendémiaire[modifier | modifier le code]

Le jeune Murat, alors chef d'escadron, vint y chercher hâtivement les quarante canons des sections rassemblées au camp des Sablons. Sans ces canons placés aux extrémités de toutes les rues qui conduisent à la Convention et qui mitraillèrent les « sectionnaires » sur les marches de l'église Saint-Roch, le jeune Général Bonaparte n'aurait jamais pu réussir le coup d'État du 13 Vendémiaire de l'An IV (5 octobre 1795), qui le fera surnommer le « général Vendémiaire  ».

Revue des armées confédérées en 1814[modifier | modifier le code]

exercices militaires devant les fortifications plaine des sablons vers 1900
exercices militaires devant les fortifications plaine des sablons vers 1900

Le 30 mai 1814, après la victoire des coalisés et la première abdication de Napoléon Ier, une partie des armées confédérées fut passée en revue dans la plaine des Sablons par les empereurs de Russie, d'Autriche et le roi de Prusse.

Paris - église Notre-Dame-de-Compassion
Église Notre-Dame-de-Compassion

Église N-D-de-Compassion de Paris[modifier | modifier le code]

En bordure de l'Avenue on trouvait jusqu'en 1964 l'église Notre-Dame-de-Compassion, anciennement dénommée chapelle Saint-Ferdinand, qui avait été construite en 1843 à l'emplacement de la maison où mourut le prince Ferdinand-Philippe d'Orléans, fils du roi Louis-Philippe, à la suite d'un accident de voiture dans lequel il perdit la vie le 13 juillet 1842[7]. Cette chapelle se trouvait alors située dans la zone des terrains militaires, à quelques mètres du rempart, ce qui empêcha de lui donner une plus grande élévation ; un enclos l'entourait, un mur, percé de deux grilles pour le passage des voitures, la séparait de la route de la Révolte.

Affiche pour l'aérodrome de la porte Maillot vers 1890
Affiche pour l'aérodrome de la porte maillot vers 1890

Lors de la construction du palais des congrès de la porte Maillot en 1964[8], l'édifice a été déplacé d'une centaine de mètres et reconstruit pierre par pierre au no 25 du boulevard Pershing, sur la place du Général-Koenig (porte des Ternes).

Aérodrome de la porte Maillot[modifier | modifier le code]

Dans les années 1890, juste après l’enceinte militaire, devant la façade actuelle du Palais des Congrès un aérodrome s'établit à l’angle de la route de la Révolte[9] et de l'avenue de la Grande-Armée[10].

Cet aérodrome, comprenait un ballon captif, dont l'un d'eux fut l'aérostat Méditerranée, construit par le comte Henry de La Vaulx[11],[12],[13].

Cet aérostat eut un accident spectaculaire un dimanche de juillet 1904, avec neuf passagers à bord. Le câble ayant rompu sous la force du vent soufflant en tempête, ils sont montés à 4 000 mètres d’altitude, avant de redescendre bien vite, près de l'usine à gaz de la rue Pasteur à Clichy, sains et saufs[14].

Le Paris assiégé de 1870 les employait pour garder le contact avec la province. Ainsi Gambetta s’envola pour rejoindre la Délégation du Gouvernement Provisoire réfugiée à Tours. Un monument en bronze fut élevé à la gloire de ces aérostiers à la porte des Ternes, sculpté par Bartholdi en 1906.

A l'emplacement du ballon captif, a ensuite été créé un jeu de course, puis plus tard le fameux Lunapark de la Porte Maillot.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « cette chaussée est proprement ce que nos ancêtres nommaient boulevard, chemin qui longe les remparts ; du reste, la loi sévère sur les zones et servitudes militaires, empêchera pendant longtemps ce boulevard de présenter à l’œil autre chose que des jardins ou des ateliers. » historique sur les Ternes(Seine) et les environs,‎ 1849 (lire en ligne), p65.
  2. a et b Sur les cartes des Chasses Royales de 1774, figurent entre l’Étoile et la porte Maillot, deux réserves de chasse nommées « Grande Réserve de l’Éperon du Roi » et « petite réserve du Grand Éperon du Roi » prolongées par la réserve de la Sablière au-delà de Route de la Révolte et de la croix des Sablons
  3. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit,‎ 1972, 1985, 1991, 1997 , etc. (1re éd. 1960), 2 vol. , 1 476 p. [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117, présentation en ligne), p. 256
  4. a et b abbé Bellanger, Histoire de Neuilly près Paris (Seine) et de ses châteaux,‎ 1855 (lire en ligne), p89.
  5. Charles Leroux-Cesbron, Gens et choses d'autrefois, : J. Tallandier (Paris),‎ 1914, 310 p. (lire en ligne), p.23.
  6. Neuilly, journal indépendant, no 1171, p. 14.
  7. « 1842 Mort du Duc d’Orléans », sur jnmasselot (consulté le 4-11-2014).
  8. Revue Les Chantiers du Cardinal, no 93, mars 1986, p. 10
  9. Histoire du bois de Boulogne : le bois du roi et la promenade mondaine de Paris par Jean Michel Derex, page 197
  10. Emplacement selon les bouleversements de la porte Maillot
  11. Le ballon captif de la porte Maillot.
  12. Cartes postales de l'aérodrome de la porte Maillot
  13. Carte postale de l'ancien « Méditerranéen » qui servit au Comte Henry de la Vaulx pour ses expériences aéronautiques actuellement ballon captif a l'aérodrome de la porte Maillot.
  14. Lire l’article dans le journal La Liberté de Fribourg, daté du 27/7/1904 et voir diaporama de l'aérodrome et de son ballon captif sur « Ballons Captifs », sur mémoires d'Auteuil (consulté le 20 novembre 2014).