Bafuliru

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Le peuple Bafuliru ou Bafulero est une des nombreuses tribus qui forment la République démocratique du Congo (RDC). Ce peuple est situé dans la contrée d’Uvira, à l’Est du pays. Ils cohabitent avec le peuple Bavira au Sud-Kivu.

Langues[modifier | modifier le code]

Leur langue est le fuliro, une langue bantoue dont le nombre de locuteurs était estimé à 300 000 en 1999[1]. Le swahili est également utilisé.

Origines[modifier | modifier le code]

On a souvent l'habitude de parler d'un peuple sans parler de ses origines, et dans le cas présent, on peut donc se poser la question suivante: Qui sont réellement des Bafuliru? Les Bafuliru n’est pas un peuple homogène. Il s’agit plutôt d’un regroupement des populations ayant diverses origines, une sorte d’un état multiculturel, ayant six origines distincts[2].

Les origines en question sont les suivantes :

  1. la descendance des Bacwezi (quoi leur existence est contestée par certains historiens), mais dont il faut dire tout simplement les Nilotiques (pour dire Tutsi) de l’ancien Ouganda, notamment les Bashimbi ;
  2. les Balizi (population Bantous) originaires de l’empire de Bunyoro, ce sont eux qui renferment principalement la souche originale des Bafuliru, si l’on doit considérer la langue Kifuliru comme étant la principale référence ;
  3. la descendance des Banyindu ;
  4. la descendance des Bahutu du Rwanda ;
  5. la descendance des Bahutu du Burundi et
  6. la descendance autochtone des Batwa, pour dire les pygmées.

Les souches des Barundi ou peuple du Burundi proviennent des chefs Mugabo, Ngura, Lutamiri; sans oublier les Bazige qu’on dit aujourd’hui des Bahungu. Ici aussi il s’agit plutôt des populations Burundaises qui se sont mêlées aux Bafuliru, la plupart par la force des colonisateurs dans les deux premières décennies du XXe siècle, toujours dans le cadre de contrôle des mouvements des populations, ainsi de suite.

Pour ce qui est de souches Batwa, ces derniers sont toujours là. On les retrouve principalement sur le mont Mulenge. Ce sont eux d’ailleurs qui sont des Banyamulenge. Et leur chef actuel répond au nom de Yawe Namulenge. Et c’est de leur nom que la montagne de là tire son appellation.

Chez les élites intellectuels des Bafuliru, on entend souvent les dire ceci : Faites attentions, il y a parmi nous des étrangers. Ceci sous entend les Barundi et les Banyarwanda qui se sont passés pour des véritables Bafuliru ou Bavira. On fait valoir par cette expression comme quoi les ennemis du peuple ne peuvent être que ces gens-là alors que dans toute société humaine, les ennemis surgissent souvent à des endroits insoupçonnés, par exemple, à l’intérieur même de sa propre famille par la trahison, question de survie ou question pécuniaire, voire d’orgueil, etc.

Justement à cette question d’ennemis comme quoi il doit s’agir uniquement des Barundi ou des Banyarwanda et d’autres étrangers, lorsqu’on entend, on s’étonne, car, il y a une bonne partie des Bafuliru qui sont des étrangers de part leurs origines ethniques.

Clans des Bafuliru[modifier | modifier le code]

Le peuple Bafuliru est formé de plus au moins 37 clans[2] qui sont:

  1. Badaka
  2. Badjoga
  3. Bagesera, ceux-ci sont ethnologiquement des Bavira, et sont les plus anciens habitants du Rwanda
  4. Bahamba
  5. Bahange
  6. Bahembwe
  7. Bahofwa
  8. Bahundja
  9. Bahungu, (ou Bazige) peuple Hutu, originaire du Burundi
  10. Baiga
  11. Bajojo
  12. Bakame
  13. Bakukulugu
  14. Bakuvi
  15. Bamulenge (Pygmées descendants du chef Mulenge et dont le nom est a été donné à toute sa contrée) que les Tutsi de la RD Congo ont escroqué leur identité culturelle en se proclamant comme étant des Banyamulenge
  16. Balemera, peuple Hutu, originaire du Burundi
  17. Balizi, peuple Bantous originaire de Bunyoro en Ouganda
  18. Bamioni
  19. Banakatanda
  20. Banakyoyo
  21. Banamubamba
  22. Banamuganga
  23. Basamba
  24. Bashagakibone
  25. Bashimbi, peuple peuple nilotique originaire du royaume des Bacwezi en Ouganda
  26. Bashale
  27. Bashamwa
  28. Bashashu
  29. Basigi
  30. Basira
  31. Basozo, peuple Hutu originaire de Bugarama au Rwanda; se sont mêlés au reste de la population si bien que ce clan a disparu, quoique existant encore!
  32. Bashago
  33. Batoke
  34. Batumba
  35. Bavunye
  36. Bavurati et
  37. Bazilangwe.

Pactes du sang[modifier | modifier le code]

Il existe une autre situation qui est source de confusion pour la population lorsqu’on prétend que les Bavira sont également les Bafuliru et vice versa.

Ce qu’il faut reconnaître clairement, ce qu’il y a parmi les Bavira, un certain nombre des clans qui sont alliés à certains clans Bafuliru par des pactes de sang très fort, donnant lieu pour certains et pour d’autres de s’identifier comme étant une population du même sang. Ce qui fausse les identités généalogiques réelles des peuples du Territoire d’Uvira.

La raison principale de ces pactes est la sorcellerie. La sorcellerie en effet a toujours été une pratique courante chez les Bavira, comme d'ailleurs chez tous les peuples d'Afrique. Mais, lors qu’un sorcier a été pris en flagrant délit ou alors reconnu comme tel après l’investigation officielle commandée par l’autorité coutumière, le sorcier était obligé de quitter le peuple. On lui donnait un temps raisonnable pour quitter le lieu. Et s’il était attrapé en cours de route, on devrait le massacrer. Chose curieuse, il se trouva que dans le Bufuliru, il y avait une terre de refuge. Cette terre était toute la contrée du Seigneur Mangwa, Protecteur des Seigneurs et Responsable de la pluviosité pour la fertilité des champs. Notons que lorsqu’on parle de Mangwa, il s’agit du patriarche des Bashimbi de la contrée de Bufuliru. Toute personne qui était frappée d’un décret quelconque de mort avait le droit incontestable de s’en fuir jusqu’à cette terre de refuge.

Alors, les personnes qui étaient frappées de cette mesure, comme elles ne pouvaient plus retourner dans le Buvira de leur vivant, elles se repentaient et s’engageaient de ne plus exercer les sciences de la sorcellerie. Alors, les sages de Mangwa par leur expertise de délivrance, ils détruisaient tous les pouvoirs de la sorcellerie que possédait l’individu. Une fois réhabilité, celui de la population de Bufuliru qui le trouvait convenable l’accueillait au sein de sa famille. Ainsi les pactes de sang d’appartenance familiale étaient scellés.

Plus tard, lorsque les chefs des clans puissants des Bafuliru avaient résolu d’affaiblir la force combative des Bavira, les pactes de sang serviront à créer des liens d’amitié très solides, très étanches entre chefs des familles, qui par la suite devaient influencer les autres membres de leurs clans pour se reconnaître mutuellement comme étant de la même famille. Ces pactes de sang étaient toujours suivis des beaucoup des cadeaux entre les pactisant. Il était possible de faire les enfants entre les pactisants pour sceller la fusion des familles et des clans assez profondément. Or, malgré la solidité de cette fusion, au moment des mariages ou des deuils, il y a beaucoup d’incompréhension et de confusion. Beaucoup des gens, jusqu’ici ignore cette situation faute de connaître l’histoire des généalogies des peuples et leurs immigrations jusque dans cette partie du monde.

Pour revenir aux clans qui sont unis par les pactes de sang et dont la confusion frappe terriblement les générations, on note 15 pour les Bavira et 11 pour les Bafuliru. La situation pour ces clans suit immédiatement après.

Bahalu : du verbe moins nombreux, « buli buhalu ». Ceux-ci furent influencés en 1959 par Nalwindi qui était venu tout droit de Kasika à leur rencontre à Makobola, sous les directives et les politiques des Bahamba qui faisaient partie de sa solide délégation. De ces assises, il y eut pacte de sang. Les autres clans qui firent contactés pour cette affaire refusèrent catégoriquement, n’ayant pas reconnu ni la morale, ni la notoriété, ni l’autorité et ni la sagesse de Nalwindi.

Parmi les Bavira les Bahalu ont plus des difficultés à se définir que d’autres clans ayant le même problème. D’un côté ils ne veulent pas se détacher de leur nouvelle appartenance au clan royale des Bafuliru qui les ont adoptés par ce pacte, les Bahamba; de l’autre côté ils veulent garder l’intégrité de leur généalogie ancestrale. Mais, puisque leur clan de Bahalu chez les Bavira ne semble pas être très vigoureux, alors, il vaut mieux être avec les plus fort, d’autant plus que les Bahamba ont prouvé qu’ils étaient les plus braves de tous dans le Territoire d’Uvira depuis les politiques d’assimilation des Bavira en 1925 par la princesse Naruhuvyo !

Balembwe: Ceux-ci ont également scellée un pacte de fraternité avec les Bahamba aussi ont lié des pactes avec les Balembwe qu’ils tachent d’avaler. Ainsi donc, les Bahamba, d’une certaine manière, ont avalé à la fois les Bahalu et les Balembwe. Du point de vue culturel, on peut donc dire que les Bahamba, les Bahalu et les Balembwe sont des frères. Cependant, quoi étant frères, les Bavira ne reconnaissent pas les Bahamba comme étant les leurs. Car, l’acquisition de cette « nationalité » s’est faite secrètement entre individus et non entre tous autres membres fondateurs de la tribu.

Balega ou BeneMalega: Ceux qui sont toujours joyeux. Ceux-ci firent le pacte avec les Banakatanda, l’un des clans puissant chez les Bafuliru. Et à cause de leur petitesse chez les Bavira, ils se sentirent ainsi heureux d’être renforcés.

Basigwe: L’Abbé Kalolero rapporte, dans son livre inédit repris dans d’autres chapitres, une histoire étonnante au sujet des Basigwe. L’auteur de la fusion de ce clan avec les Banakatanda est connu du nom Paulin Banyanga qu’il avait contracté en 1961. Comme il était travailleur au service de l’état, il sera muté dans d’autres parties du pays. Alors, son clan des Basigwe devint effectivement des Banakatada. Or, à son retour à Uvira aux environs de 1992, il revint avec des regrets et voulu que les siens reviennent à leur appartenance généalogique des Basigwe. Il ne fut pas écouté par les siens. Les accords étaient plus valables que les idées d’un vieux lâche non déterminé, qui prend des engagement, mais qui les abandonnent aussitôt!! qui déjà cité. Ainsi, les Banakatanda, ont réussit à avalé les à la fois les Balembwe et les Basigwe. Du point de vue culturel, on peut donc dire que les Banakatanda, les Balembwe et les Basigwe sont des frères. Cependant, quoi étant frères, les Bavira ne reconnaissent pas les Banakatanda comme étant les leurs. Car, l’acquisition de cette « nationalité » s’est faite secrètement entre individus et non entre tous autres membres fondateurs de la tribu.

Bangala ou Bahangala, Babone, Bajombo, Balila et Batende. Ces clans Bavira ont lié tous des pactes de sang avec les Banamuganga, des Bafuliru. Ainsi donc, les Banamuganga ont avalé ces cinq clans des Bavira. Or, du point de vue culturel, on peut donc dire que les Banamuganga, les Bangala, les Babone, les Bajombo, les Balila et les Batende sont des frères. Cependant, quoi étant frères, les Bavira ne reconnaissent pas les Banamuganda comme étant les leurs. Car, l’acquisition de cette « nationalité » s’est faite secrètement entre individus et non entre tous autres membres fondateurs de la tribu. De plus, il faut noter que les Banamuganga, généalogiquement sont des Banyindu.

Batimbu: Ceux-ci se sont liés d’alliance avec les Batumba des Bufuliru. De ce fait, ils sont donc culturellement des Bafuliru et des Banyindu, car, les Batumba avant d’être des Bafuliru sont généalogiquement des Banyindu. Or, quoi étant frères, les Bavira ne reconnaissent pas les Batumba comme étant les leurs. Car, l’acquisition de cette « nationalité » s’est faite secrètement entre individus et non entre tous autres membres fondateurs de la tribu.

Bahangwe, se sont liés d’amitié profonde avec les Bavurati qui sont des Bafuliru. Mais, cette union est beaucoup plus récente. Car elle ne date que du débit des années 1980. Bakabaga, se sont liés d’amitié profonde avec les Banakyoyo qui sont des Bafuliru. Cette union aussi est beaucoup plus récente. Car elle ne date que de la fin des années 1970.

Bakanga, ont pactisé avec les Balizi qui sont des Bafuliru dès le débit des années 1960. Ainsi, du point de vue culturelle, on peut donc dire que les Bakanga sont des frères des Balizi. Or, quoi étant frères, les Bavira ne reconnaissent pas les Balizi comme étant les leurs. Car, l’acquisition de cette « nationalité » s’est faite secrètement entre individus et non entre tous autres membres fondateurs de la tribu. De plus, il faut noter que les Balizi avant d’être des Bafuliru, généalogiquement sont des Banyindu.

Bavumi, ces derniers sont liés d’amitié profonde à la fois avec deux clans des Bafuliru, notamment les Banamubamba et Bahembwe. D’où la grande confusion qu’on trouve souvent chez-eux. Les Bavumi ne savent pas se situer entre ces clans.

Bashambi, du verbe « kushamba ». L’ancêtre Kashambi reçu ce nom parce qu’il venait avec tous les siens s’approprier des choses des autres, et personne ne pouvait se rivaliser à cause de sa rapidité et de sa foule nombreuse. Le village ancestral en est Kalundu actuel. Le père fondateur Kashambi était le maître fabricant de « bimole » ou torche pour la pêche dans le lac Tanganyika.

Ceux-ci firent le pacte avec les Bafuliru du clan Bashimbi. Et l’affaire réussit à se vulgariser rapidement à cause de la ressemblance phonique des noms de leurs clans. Peu à peu, les Bashimbi plus rusés finirent par absorber, d’une certaine manière, les Bashambi !

En conclusion sur ce chapitre: Il faut noter que, si dans les faits, à une certaine époque de l’histoire, les membres de ces clans se sont reconnus mutuellement comme étant des frères réelles, aujourd’hui les nouvelles générations, qui ont remarqué la supercherie sociale ou politique, œuvrent activement pour retourner aux sources. Ce mouvement de retour aux sources est généralement observé chez les clans des Bavira.

Par ailleurs, dans le contexte moderne tous ces clans Bavira et Bafuliru, au nombre de 26 sont les seules à être justifiés à la notion de la « double citoyenneté » culturelles, si on peut dire cela. Or, la « nationalité culturelle » aussi glorieuse qu’elle soit, n’a aucune valeur dans toute société ancestrale. Seule la nationalité généalogique des individus est valable aux yeux de la tradition, dans la mesure où elle détermine la succession, l’appartenance clanique ainsi que l’appartenance tribale. Toute autre considération en dehors de celle-ci est une fraude généalogique, souvent popularisé par l’intellectualisme malhonnête.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  2. a et b Nabuvira Njangamwita Kibego, Livre d’Or des Bavira: Au centre de la gloire passée de l’Empire Baluba; L’Ethnohistoire revue et corrigée des peuples d’Upemba, d’Uvira et du Rwanda-urundi, (inédit), Ottawa, 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James Stuart Olson, « Furiiru », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 183 (ISBN 9780313279188)

Articles connexes[modifier | modifier le code]