Sud-Kivu

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Sud-Kivu
Localisation du Sud-Kivu (en rouge) à l'intérieur de la République démocratique du Congo
Localisation du Sud-Kivu (en rouge) à l'intérieur de la République démocratique du Congo
Administration
Pays Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Chef-lieu Bukavu
Assemblée 33 sièges
Sénat 4 sièges
Gouverneur Marcellin Chishambo
ISO 3166-2 SK
Fuseau horaire UTC+2
Démographie
Population 4 944 662 hab. (2013)
Densité 76 hab./km2
Langue(s) Officielle : français
Nationale(s) : Kiswahili
Géographie
Coordonnées 3° 01′ S 28° 16′ E / -3.0166666666667, 28.266666666667 ()3° 01′ Sud 28° 16′ Est / -3.0166666666667, 28.266666666667 ()  
Superficie 65 070 km2
Liens
Site web www.sudkivu.cd
Sources
Communes et territoires - Villes - Provinces

Le Sud-Kivu est une province de la République démocratique du Congo. Elle voisine la province du Nord-Kivu au nord, le Maniema à l'ouest et le Katanga au sud. À l'est, elle voisine le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie. La province du Sud-Kivu compte trois villes : Bukavu, chef-lieu de la province, Baraka et Uvira.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant la période pré-coloniale, la province du Sud-Kivu était subdivisée en quelques royaumes dont les principaux furent le royaume du Bushi et celui du Buhavu. Le royaume du Bushi comprenait les territoires de Kabare nord, Walungu et une partie de Mwenga. Le royaume du Buhavu de s'étendait de Kalehe à Idjwi.

Lemera est le siège de la Collectivité Chefferie de Bafuliru connu au travers de l'Hôpital de Lemera qui fut construit et soutenu financièrement par les Missionnaires Pentecôtistes Suédois[1].

Politique[modifier | modifier le code]

Le gouverneur s'appelle Marcellin Chishambo. Il a succédé à Léonce Chirimwami Muderhwa le 12 juin 2010[2].

Le vice-gouverneur est Claude Kibala.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

La province du Sud-Kivu est découpée en huit territoires :

  • Fizi superficie : 15 788 km2, 487 935 habitants,
  • Idjwi superficie : 281 km2, 162 196 habitants,
  • Kabare superficie : 1 960 km2, 461 511 habitants,
  • Kalehe superficie : 5 126 km2, 462 465 habitants,
  • Mwenga superficie : 11 172 km2, 346 846 habitants,
  • Shabunda superficie : 25 116 km2, 653 907 habitants,
  • Uvira superficie : 3 148 km2, 396 585 habitants,
  • Walungu superficie : 1 800 km2, 368 857 habitants,
  • la ville de Bukavu qui compte 533 757 habitants.

L'ensemble représente une superficie totale de 64 851 km2 pour une population de 3 874 059 personnes[3].

Treize ethnies vivent dans cette partie du pays  : Babembe, Babuyu (famille du peuple Bajoba), Babwari (famille du peuple Bajoba), Bafuliru, Bahavu, Balega, Bamasanze (famille du peuple Bajoba), Bahavu, Balega, Banyindu, Barundi, Bashi, Batembo et Bavira (famille du peuple Bajoba).

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La province du Sud-Kivu a une superficie de 64 851 km2. Elle couvre 2 fois la Belgique, son ancienne métropole, 2,5 fois le Rwanda, 2,3 fois le Burundi.

Son relief comprend des montagnes, les chaînes des Mitumba, dont la montagne la plus importante est le sommet de Kahuzi-Biega, 3 340 m d’attitude.

Dans le territoire de Shabunda et Mwenga commence la Cuvette centrale. À l'est on observe une vaste plaine, la Plaine de Ruzizi dans le territoire de Walungu et Uvira, et les hauts-plateaux propices à l'élevage (plateaux dits d’Itombwe).

Le climat voit l'alternance de neuf mois de pluie et trois mois de saison sèche, il s’agit d’un climat tropical humide. La végétation est composée de forêts d’altitude, savanes herbeuses, bambous boisés et de forêts denses.

Le chef-lieu de la province est Bukavu. Le Sud-Kivu compte également deux autres villes : Baraka et Uvira.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Sud-Kivu compte deux lacs poissonneux et de grandes rivières, Elila et Ulindi notamment. Certains experts[Qui ?] en hydrologie pensent que, si les premières guerres du Congo visaient des ressources minières, la suivante sera pour l’eau.

Liste des rivières par territoire :

  1. Territoire de Kabare : Chidodobo, Murhundu, Chifula, Langa, Lwiro, Nyabarongo, Bidagara, Mushuva, Mpungwe.
  2. Territoire de Mwenga : Elila, Ulindi, Zalya, Lubyala, Kyoka, Kikuzi, Kiliza, Zokwe, Lulumunyu, Bilaile, Bilinga, Itombwe, Rulimbohe, Chidubo, Kadubo, Lwa Lungwe, Mwana, Mukunguzi, Zombe, Kailamata, Munyendje.
  3. Territoire de Fizi : Kama, Magembe, Mutambala, Nemba, Kimbi, wemba, Sandja, Swema, Makobola, Lweba, Elila, Kamombo, Lwiko, Lwama.
  4. Territoire d’Uvira : Luvinvi(constituant la limite nord avec Walungu), Luvubu,Shange( à Sange), Runingu, Katobo, Kiliba, Kahwiji, Kavimvira, Rivière Mulongwe, Kalimabenge, Lushiji, Bijombo, Kanananga. Mushojo.
  5. Territoire de Walungu : Kadubo, Murhundu, Nyabarongo.
  6. Territoire de Shabunda : Zilindi, Elila, Nzovu, Nyakilego, Lwino, Nyalungu.

Les deux lacs du Sud Kivu sont le Lac Kivu, partagé avec le Rwanda et le Lac Tanganyika, partagé avec le Burundi et la Tanzanie et la Zambie.

Économie[modifier | modifier le code]

L'élevage, l'agriculture et le commerce sont les trois principales activités du Sud Kivu.

Énergie au Sud-Kivu[modifier | modifier le code]

Énergie hydraulique[modifier | modifier le code]

L'énergie hydraulique est exploitée à l’aide de centrales, micro-centrales, mini-centrales et pico-centrales.

Centrales électriques[modifier | modifier le code]

La province compte quatre centrales électriques : Ruzizi I & II, centrale de Kyimbi (Bendera) et Mungombe. Il existe une micro-centrale abandonnée, la centrale de Magembe à Fizi.

Micro–centrales en activité[modifier | modifier le code]
  • Territoire d’Uvira : Lemera, Kiringye
  • Territoire de Walungu : Gombo, Kaziba, Chibimbi
  • Territoire de Mwenga : Iwiwi
  • Territoire de Shabunda : Lulingu
  • Territoire de Kabare : Mugeri, Fomulac
  • Territoire de Kabare : Murhesa, Mulumemunene, Nyamunyunye
  • Territoire de Mwenga : Mwenga
  • Territoire d’Uvira : Luberizi
Micro-centrales non-exploitées[modifier | modifier le code]
  • Territoire de Mwenga : Lumelekelwa
  • Territoire de Fizi : Nundu (démontée et emportée pendant la guerre) et Malikya dans la ville de Baraka
  • Territoire de Shabunda : Kashungu (démontée) et Belanzovu (démontée) par les rwandais
Micro-centrales à l'étude[modifier | modifier le code]
  • Territoire de Walungu : Luvinvi, Shasha.

Gaz méthane[modifier | modifier le code]

Il existe dans les eaux profondes du Lac Kivu un gisement de gaz méthane dissous ; il est estimé à 45 milliards de m3. Le méthane du lac Kivu provient de la décomposition bactérienne et s’est formé à partir de l’hydrogène inorganique et des processus catalytiques. Un accident similaire à celui du lac Nyos[4] n’a aucune raison de se produire dans le lac Kivu qui n’a aucune structure éruptive dans son fond, les éruption de Nyamulagira et de Nyiragongo n'ayant pas d'impact significatif. Sous réserve de respect rigoureux de certaines précautions, on peut extraire en toute sécurité 1 milliard de m3 de méthane. Le lac possède un degré élevé de stabilité dû à des processus dynamiques internes associés à la stratification.

La réduction de la contamination de la biozone du lac permettrait à long terme une émergence d’une abondante vie animale, source de nourriture à l'instar du Lac Tanganyika.

Tourbe[modifier | modifier le code]

La tourbe est un sol combustible qui permet de produire du feu notamment pour la cuisson de la nourriture en petite quantité à l'aide de briquettes. Une briquette peut remplacer une grande quantité de bois et de braises pour le chauffage, la cuisson, etc.

On l’exploite artisanalement dans le Sud-Kivu à Kakonda, territoire de Kabare, à Nyangezi, Chiherano et Kachandja, territoire de Walungu.

Pétrole[modifier | modifier le code]

Il existe d'importants gisements de pétrole dans les roches situées à l'ouest du lac Kivu et d'autres au fond de ce lac. Il en existe aussi dans la plaine de la Ruzizi et dans le lac Lac Tanganyika. Des explorations sont menées à Katanga, à l'embouchure de la rivière Mutambala dans la ville de Baraka. D'autres recherches concernent Karamba à l’embouchure de la rivière Nemba, à 25 km de la ville de Baraka en territoire de Fizi ; on y a déjà ramassé du bitume, déchet des hydrocarbures, avec une concentration de 80 % de carbone.

Chaux[modifier | modifier le code]

Il existe des scories et des chaux à Ubwari, ville située à 4 km de de Baraka.

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

L’énergie éolienne provient du vent qui souffle du sud et qui entre dans le lac Tanganika à partir de la Zambie, remonte par la rivière Ruzizi au lac Kivu, pour se concentrer dans le parc de Kahuzi Byega et Nyangezi. À partir de ces deux sites, le vent peut être facilement transformé en électricité pour le Kivu[5].

Sites touristiques du Sud-Kivu[modifier | modifier le code]

La province du Sud-Kivu comporte plusieurs sites touristiques. Les plus importants sont :

  • Territoire d’Uvira :
    • Lac Tanganyika
    • Port de Kivovo
    • Port de Kalundu
    • Marché de Nyamutiri
    • Eaux thermales de Lubugaa, Kavimvira, Katogota, Masuza à Runingu, saline, sel marin, etc.
  • Territoire de Fizi :
  • Kabare :
    • Parc de Kahuzi-Biega : Singe, Gorilles des montagnes, antilopes, lièvres
    • Aéroport de Kavumu
    • Plage sur le Lac Kivu à 18 km de Bukavu
    • Eau thermale de Mahyuza à Luhihi
  • Territoire d’Idjwi :
    • Grotte
    • Fleur Maman Faforie
    • Maison de Reine Elisabeth.
  • Territoire de Kalehe :
    • Île d’Ishovu
    • Escarpement de Biraguragu

Situation humanitaire[modifier | modifier le code]

Malgré la fin officielle de la Deuxième guerre du Congo en 2002, la population du Sud-Kivu continue à subir les effets de bandes armées qui font la loi dans les villes et campagnes. Selon la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les violences faites aux femmes, Yakin Ertürk, les miliciens étrangers (Rwandais s'étant cachés au Congo après avoir été impliqués dans le génocide au Rwanda) seraient responsables de la majorité des crimes commis à l'encontre des femmes du Sud-Kivu, qui rappellent par leurs méthodes les actions des Interahamwe. Mais l'armée et la police de la République démocratique du Congo seraient auteurs de près de 20 % des exactions[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Amédé Kyubwa, « Uvira demeure une ville stratégique au Congo »
  2. « Bukavu : Marcellin Chisambo élu nouveau gouverneur du Sud-Kivu »,‎ 12 juin 2010
  3. Rapport de la division provinciale de l’intérieur, 2007.
  4. Le 21 août 1986, dans la soirée, le lac Nyos, au nord-ouest du Cameroun, a explosé et libéré environ un kilomètre cube de CO2.
  5. Wilondja Mukungilwa, Chef de Bureau Électricité, Division Provinciale d’Énergie au Sud-Kivu (28/04/2008)
  6. La plupart des cas de violence sexuelle au Sud Kivu, d’après nos informations, sont perpétrés par des groupes armés étrangers non-étatiques. Certains de leurs membres semblent avoir été impliqués dans le génocide rwandais et avoir fui ensuite vers la République démocratique du Congo. Opérant dans la forêt, ces groupes armés attaquent les communautés locales, pillent, violent, emmènent les femmes et les filles comme esclaves sexuelles et les soumettent au travail forcé.
    Les atrocités perpétrées par ces groupes armés sont d’une brutalité inimaginable, qui va bien au-delà du viol. Le viol et l’esclavage sexuel sont au cœur de ces atrocités qui visent la destruction physique et psychologique complète des femmes, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour l’ensemble de la société. À de nombreux égards, ces atrocités rappellent celles commises par l’Interahamwe pendant le génocide rwandais.
    - Extrait de la conférence de presse de Y. Erturk, 27.07.2007 à Kinshasa

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]