Albert Ghiorso

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Albert Ghiorso

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Albert Ghiorso (1970)

Naissance 15 juillet 1915
Vallejo, Californie (États-Unis)
Décès 26 décembre 2010 (à 95 ans)
Berkeley, Californie (États-Unis)
Domicile Berkeley, Californie
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Champs Physique nucléaire
Institutions Lawrence Berkeley National Laboratory
Renommé pour Découverte d'éléments chimiques
Distinctions
  • 2004 Lifetime Achievement Award (Radiochemistry Society)
  • Médaille Potts (Franklin Institute)
  • G. D. Searle and Co. Award (American Chemical Society)
  • Docteur honoris causa (Gustavus Adolphus College)
  • Membre de l’American Academy of Arts and Sciences et
    de l’American Physical Society
  • Guiness Book des Records
    (Plus grand nombre d'éléments découverts)
Ghiorso (deuxième à partir de la gauche) lors de la découverte du Lawrencium (élément 103)

Albert Ghiorso (né le 15 juillet 1915 et mort le 26 décembre 2010[1]) est un physicien nucléaire américain codécouvreur de 12 éléments chimiques du tableau périodique. Sa carrière scientifique s'étale sur cinq décennies, du début des années 1940 à la fin des années 1990.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Albert Ghiorso, né à Vallejo en Californie, grandit à Alameda, également en Californie. Adolescent, il construit des circuits radio et gagne une réputation de radio-amateur surclassant les militaires dans les contacts radio à grande distance. Albert Einstein est son idole.

Il reçoit son baccalauréat en ingénierie électrique de l'université de Californie, à Berkeley en 1937. Après sa maîtrise, il travaille pour une société d'appareils de communication et invente le premier compteur Geiger commercial. La réputation de Ghiorso pour fabriquer ces détecteurs de radiations le met en contact avec les scientifiques nucléaires de l'université de Californie et plus particulièrement avec Glenn Seaborg.

Recherches[modifier | modifier le code]

Au début des années 1940, Seaborg déménage à Chicago pour travailler sur le projet Manhattan. Il invite alors Ghiorso à le rejoindre et, durant les quatre années suivantes, celui-ci développe des appareils pour détecter les radiations associées à la décroissance radioactive, y compris les fissions spontanées. L'une des percées de Ghiorso est un « 48-channel pulse height analyzer », qui lui permettait de mesurer l'énergie, et donc la source, des radiations. Durant cette période, ils découvrent deux nouveaux éléments (Americium, 95 et Curium, 96) dont la publication est reportée à l'après-guerre.

Après la guerre, Seaborg et Ghiorso rentrent à Berkeley où, avec leurs collègues, ils utilisent le « 60 Crocker cyclotron » pour produire des éléments de numéro atomique croissant en bombardant des cibles exotiques avec des ions hélium. Leurs expériences de 1949-1950 permettent de produire et d'identifier les éléments 97 (Berkelium) et 98 (Californium). En 1953, en collaboration avec Argonne Lab, Ghiorso et ses collaborateurs trouvent les éléments 99 (Einsteinium) et 100 (Fermium); identifiés par leurs radiations caractéristiques, dans les poussières collectées par avion lors de la première explosion thermonucléaire (Opération Ivy). En 1955, l'équipe utilise le cyclotron pour produire 17 atomes de l'élément 101 (Mendelevium), le premier nouvel élément à être découvert atome par atome.

Au milieu des années 1950, il devient clair que, pour continuer à étendre le tableau périodique, un nouvel accélérateur est nécessaire. Le Berkeley Heavy Ion Accelerator (HILAC) est alors construit sous la direction de Ghiorso. Il permet la découverte des éléments 102 à 106, parfois seulement à partir de quelques atomes.

Plus les numéros atomiques montent, plus les difficultés expérimentales pour produire et identifier ces nouveaux éléments augmentent. Durant les années 1970 et 1980, les ressources pour la recherche de nouveaux éléments à Berkeley diminuent et d'autres laboratoires (le GSI à Darmstadt en Allemagne et le JINR à Dubna en Russie) peuvent synthétiser les éléments 107 à 109. Au début des années 1990, une collaboration est lancée entre Berkeley et Darmstadt pour créer l'élément 110. Les expériences échouent à Berkeley mais réussissent au GSI.

En 1999, une équipe de Berkeley publie des preuves de la découverte de deux éléments superlourds (livermorium et élément 118). Le nom Ghiorsium fut proposé pour l'élément 118, mais les données expérimentales sont erronées et la proposition est retirée en 2002.

Durant ces dernières années, Albert Ghiorso continue ses recherches d'éléments super-lourds ainsi que sur l'énergie de fusion et de nouvelles sources d'électrons.

Il meurt le 26 décembre 2010 à l'âge de 95 ans[1].

Portée de ses recherches[modifier | modifier le code]

Albert Ghiorso a codécouvert les douze éléments suivants :

Ghiorso est légendaire pour son habileté au laboratoire. Il invente de nombreuses machines et met au point de nombreuses techniques pour identifier les éléments lourds, atome par atome. Il conçoit aussi la jonction entre l'HILAC et le Bevatron qu'il appelle le Bevalac, permettant de nouvelles recherches en physique et des traitements médicaux utilisant des ions lourds à haute énergie. Son concept d'un nouveau type d'accélérateur, l'Omnitron, est reconnu comme étant une brillante avancée bien qu'il ne fut jamais construit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Ira Serkes et Robert Schmieder, « Rest in Peace Albert Ghiorso, our neighbor and co-discoverer of 12 elements », sur berkeleyhomes.com, le 27 décembre 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]