Affaire Ullmo

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L'Affaire Ullmo est un scandale qui, entre l'affaire Dreyfus et la guerre de 1914, défraya la chronique dans la France entière et hors des frontières. Il aboutit en 1908 à la restriction du commerce de l'opium en France.

Parfois considérée à tort comme étant à mi-chemin entre l'affaire Dreyfus et celle de Mata Hari, elle perdit rapidement toute intensité dramatique nationale pour se réduire à un drame individuel inscrit dans les mœurs d’une époque.

[modifier] Intrigue

Jeune officier de marine de confession israélite, né à Lyon le 15 février 1882, Charles Benjamin Ullmo avait de gros besoins d'argent. D'une part opiomane et très dépendant, il entretenait par ailleurs, dans sa villa Gléglé à Toulon, une fort jolie femme, Marie Louise Welsch, dite « la belle Lison ». L'entretien de sa belle et son besoin de drogue étant très importants, Ullmo, le portefeuille vide, eut l'idée d'aller dérober dans le coffre-fort du contre-torpilleur la Carabine à Toulon d'importants documents : les codes confidentiels des signaux de la Marine, l'état de la flotte en Méditerranée et de la défense de Toulon.

Charles Benjamin Ullmo (à droite) devant ses juges au procès militaire du 22 février 1908

Il put mettre en pratique son idée lorsque son supérieur, le commandant de la Carabine, partit en permission en lui laissant le commandement. Ullmo photographia les documents, puis tenta de les revendre à un agent allemand lors d'une permission en Belgique. La transaction ayant échoué, Ullmo envoya au ministre de la Marine, Gaston Thomson, une lettre anonyme lui proposant la restitution de ces photos contre un paiement de 150 000 francs, sans quoi les pièces seraient livrées à des agents étrangers.

Arrêté et poursuivi pour tentative de trahison, il fonda sa défense sur l'altération de sa personnalité par la drogue. Il fut dégradé sur la place Saint-Roch à Toulon et condamné à la « déportation à vie ». Il passa par la suite les deux tiers de sa vie au bagne des îles du Salut, où il occupa la case de Dreyfus à l'île du Diable. Il se convertit à la religion catholique et devint mystique.

Après avoir été gracié par le président Albert Lebrun en 1933, il rentra en France, mais fut déçu de ce qu'il y trouva. Il repartit définitivement pour Cayenne, où il entra dans la Maison Tanon, établissement de commerce de Cayenne dont il devint quelques années plus tard fondé de pouvoir[1]. Il mourut en Guyane le 21 septembre 1957.

[modifier] Notes

  1. Paul Roussenq, L'Enfer du Bagne, Libertalia, 2009, p. 104.

[modifier] Références et liens externes

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